“C’est la concrétisation d’un rêve”, a
déclaré Jeppe Hein. Cet artiste danois est l’auteur, avec
l’architecte-designer bourguignon et professeur à l’école des
Beaux-Arts de Besançon Olivier Vadrot, de l’intervention artistique
dénommée “Monsieur Canal” (en hommage au nom d’origine de cette voie d’eau baptisée en 1784 “Canal Monsieur”) et destinée à mettre en valeur le tunnel fluvial de Thoraise dans le cadre d’une commande publique. “Nous
avons voulu fabriquer quelque chose autour d’une oeuvre d’art, faire un
geste généreux, proposer une intervention pour que le passant à pied ou
en bateau soit accompagné et participe de cette oeuvre”, a-t-il précisé. “L’idée
pour nous était de faire une oeuvre sociale en interaction avec les
visiteurs du site qui sont les habitants de Thoraise, les usagers des
bateaux ou les cyclistes qui viennent depuis Besançon”, a ajouté Olivier Vadrot.
Une oeuvre cinétique et lumineuse
Deux années d’études, ponctuées de nombreuses visites sur le site, ont
abouti à une oeuvre en deux volets. Le premier, concernant le tunnel
lui même, est présenté comme “une expérience sensorielle, esthétique et visuelle liée à la traversée du paysage”.
Transformé en un espace clos par la présence d’une chute d’eau à
chacune de ses extrémités, le tunnel est mis en mouvement et en lumière
par deux faisceaux lumineux. Partant de deux points opposés, ceux-ci
sont “amenés à se croiser au milieu du parcours, et changent de côté
pour marquer le volume du tunnel - volume annulé en son centre par la
mise en abîme opérée par deux miroirs parallèles, ayant pour effet de
fabriquer un motif dynamique, celui d’une vague géante, reprenant d’une
manière abstraite la thématique de la chute d’eau”.
Second volet, cette oeuvre d’art cinétique et lumineuse sera complétée, d’ici à la
fin de l’année, de 80 éléments de mobilier (bancs, tables,
panneaux d’information, luminaires, poubelles, terrain de boule)
déclinant des combinaisons de cubes évidés et colorés “qui forment un motif, sorte de pixellisation du paysage”. Invitation aux visiteurs de passer quelques heures sur le site et de l’investir.
Un coût de 995 000 euros
Cette réalisation d’un montant flirtant avec le million d’euros
(financée par VNF, l’Etat et la Région) s’inscrit dans le cadre du
programme ATSR (Avenir du Territoire entre Saône et Rhin 2000/2006) mis
en place après l’abandon du projet de canal à grand gabarit “Rhin-Rhône”
en 1997 et la décision de tourner la vocation du canal du Rhône au Rhin
vers la navigation de plaisance et le tourisme fluvial.
Fin 2002, VNF et le ministère de la Culture et de la Communication se
sont engagés dans une réflexion de réhabilitation pilote conjuguant
démarche d’aménagement et démarche artistique de qualité à destination
des usagers. De là est née cette commande publique concernant, outre le
site de Thoraise, celui de Saint-Symphorien, point d’entrée du canal
du Rhône au Rhin depuis la Saône. Y sont prévus nouvelle cabine
d’écluse, aménagement paysager, réflexion sur la cale de radoub,
équipements divers (éclairage, signalétique, etc.). Conduit par une
autre équipe constituée d’un artiste/architecte et de paysagistes, ce
projet devrait coûter sensiblement la même somme que celui de Thoraise.
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