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Mer 21 jan 2009 à 22h36 benchmark |
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| Le musée Nicéphore Niépce, l’un des plus intéressants musées au monde consacrés à la photographie, compte, outre les images anciennes, une collection contemporaine riche de plus de 5 000 photographies d’auteurs du monde entier. Il constitue en province l’un des fonds les plus exceptionnels. En tous cas, il s’impose comme le seul musée généraliste consacré à la photographie en France et à fortiori en Europe.
Le musée Nicéphore Niépce et le point de vue de son conservateur :
François Cheval est conservateur en chef du musée depuis mars 1996.
Le musée accueille depuis son origine des photogaphies des années 20-30, comme Brassaï, Marcel Bovis, Germaine Krull, André Steiner, Willy Ronis... et organise très régulièrement des expositions qui rendent compte de cette période. En quoi l’exposition d’aujourd’hui constitue-t-elle un événement ?
Bien évidemment par l’ampleur, 146 images, et par la qualité des images. De Brancusi à Man Ray, de Claude Cahun à Marcel Duchamp, le spectre de l’expérimentation photographique en France entre les deux-guerres est couvert par des pièces remarquables, fruits d’une politique exemplaire d’acquisition menée par Alain Sayag, au musée national d’Art moderne.
L’exposition est clairement un moment important dans la saison photographique française, car, bien entendu, le prêt de telles œuvres ne peut être renouvellé, pour des problèmes de conservation, aisément.
Comment l’association avec le centre Georges Pompidou et votre musée s’est-elle concrétisée pour la mise en place de l’exposition ?
Cela s’est réalisé dans le cadre de Beaubourg hors les murs. Et, logiquement, de par ses qualités (lieu aux normes muséographiques, personnel formé etc…), le musée Niépce était le seul à même, en Province, pour recevoir un tel ensemble.
Est-ce la première du genre ou s’inscrit-elle dans le cadre d’une collaboration déjà existante ?
C’est une première. Mais la qualité de la collaboration appelle d’autres développements.
Je ne saurais trop insister sur la qualité des échanges que nous avons eu avec nos interlocuteurs du Centre qui ont effectivement travaillé en partenariat et nous ont séduit par leur grand professionnalisme. L’accrochage d’Alain Sayag est une très belle démonstration de muséographie.
Quels sont vos liens avec d’autres musées à l’étranger ?
Le musée Nicéphore Niépce est une institution reconnue par les professionnels de la conservation. De Rochester au musée de l’Elysée à Lausanne, les échanges d’information et les prêts d’œuvres sont courantes. Les échanges d’information ne se cantonnent pas à la seule histoire de la photographie, mais aux enjeux actuels de la muséographie. Nous sommes tous actuellement très attentifs aux normes de la numérisation, aux problèmes des droits d’auteurs et à la commercialisation des images sur le Net.
Cette présence internationale ne se fait pas uniquement avec les musées consacrés à la photographie. Pour exemple, en Juin de cette année, nous serons présents au festival de la photographie de Skopelos, en Grèce.
Nous travaillons étroitement avec l’Association Française d’Action Artistique pour que le fonds exceptionnel qui a été rassemblé à Chalon-sur-Saône depuis 1974, et qui fait aujourd’hui l’objet d’une demande importante de la part de certains pays, soit présenté dans le cadre général de la politique culturelle française à l’étranger. Parmi les projets en cours nous pouvons citer la présentation de nos collections égyptiennes à Alexandrie et au Caire, des photographies du baron de Tyszkiewicz en Lituanie, des collections japonaises à Hiroshima etc…
Pouvez-vous définir votre politique d’acquisition des images. Quelles sont vos priorités ?
Il n’est pas inutile de rappeler que le musée Nicéphore Niépce est un musée généraliste consacré avant tout à la figure de l’inventeur et aux applications diverses de la photographie.
La politique d’acquisition est donc très vaste et ne se limite pas aux seules images. Heureux les musées qui peuvent circonscrire leurs choix à des sujets monomaniaques! Pour nous, il nous faut être présents de la photographie ancienne à la photographie contemporaine, mais il nous faut conforter aussi la très belle collection d’appareils, de fonds de studios anciens, notre bibliothèque historique (9 000 ouvrages) etc.
Parmi les choix qui s’imposent actuellement nous tentons, bien que les prix du marché nous y incitent guère, de consolider le fonds de photographies françaises des années 20 et 30. Plusieurs ensembles de Steiner, Laure Albin-Guillot et Tabard viennent de rejoindre la collection.
La création contemporaine est suivie attentivement, même si nous pensons que ce lieu n’est pas un musée d’art contemporain. Dans ce domaine nous essayons d’établir un équilibre entre la photographie « traditionnelle », la straigth photography, et les nouveaux développements de l’image.
Mais nous ne perdons pas de vue la mission première du musée en acquérant des ensembles ou des pièces des pionniers de la photographie. C’est ainsi que le musée s’est enrichi de lettres originales de Nicéphore Niépce, de daguerréotypes de Gaudin etc…
La politique d’acquisition est au service d’une idée simple, la présentation à un public large des causes et résultats d’une invention lourde de conséquences.
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