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Anciens de Musiques de Rues : « M. Dahoui, vous devez démissionner ! »

Pascal Esseau (à gauche) et François-Xavier Ruan, les deux signataires de la lettre ouverte ©archives miss dom - cliquez sur l'image pour agrandir
Dans une longue lettre ouverte, que maCommune.info reproduit dans son intégralité, les anciens organisateurs de Musiques de Rues invitent l’adjoint à la culture de Besançon à démissionner et «à laisser sa place à plus averti» à la suite «d’un sentiment global d’échec» ressenti après Sonorama.

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Lettre ouverte à Yves-Michel Dahoui
 
« Monsieur l’Adjoint au maire,
 
Pourquoi vous devez maintenant démissionner. En 2008, fraîchement nommé adjoint au Maire chargé de la culture, du patrimoine et des harmonies municipales, vous avez décidé pour des raisons qui vous appartiennent de supprimer le festival Musiques de Rues pour le remplacer par un événement culturel, festif et participatif qui finira par s’appeler Sonorama.
 
Vous aviez justifié alors votre décision par le choix d’une grande ambition pour Besançon, une « meilleure intégration dans la ville », une réelle mise en valeur du patrimoine, en faisant appel à quatre directeurs artistiques renommés. Nous croyons aussi – mais vous ne l’avez pas exprimé ainsi – que vous n’appréciiez guère le côté populaire de notre public, sans doute pas assez connaisseur de l’art contemporain à vos yeux.
 
Les vraies raisons de votre choix étaient sans doute aussi politiques, voire politiciennes: s’imposer rapidement comme LE patron. En écartant rapidement les fortes têtes trop pleines de convictions. Comme vous êtes opiniâtre, habile et que vous saviez que le maire Jean-Louis Fousseret ne se risquerait pas à un conflit interne, vous avez gagné la partie de bras de fer. Exit donc Musiques de Rues. Nous avons vu. Nous avons donc suivi avec attention le déroulement de Sonorama sur ces quatre jours.
 
Les retours du public, des professionnels et des journalistes présents sont assez explicites et presque unanimes. Le bilan est « mitigé » et ce n’est qu’un euphémisme qui cache mal un sentiment global d’échec, malgré quelques réussites (la friche, par exemple, mais quelle originalité ?) qui ne sauvent pas le reste.
 
Le chiffre de 40 000 personnes n’est que la moitié de l’affluence estimée pour la première de Musiques de Rues, mais l’essentiel n’est pas là. Ces quarante mille personnes étaient-elles heureuses ? Permettez-nous d’en douter, tellement l’ambiance était sinistre et tellement, faute de choses à voir et à entendre, ce public errait comme une âme en peine dans les rues de la ville.
 
Souvenez-vous, en 2007, la Ville avait commandé une étude des publics à la très sérieuse université Diderot de Dijon qui donnait un taux de satisfaction de l’ordre de 90% ? L’avez-vous lu seulement ? Vous n’étiez même pas à son rendu en juin 2008 ! Nous vous mettons au défi de trouver un nombre significatif de personnes satisfaites de Sonorama.
 
Comparaison n’est pas raison mais permettez-nous de vous rappeler que nous accueillions environ 600 artistes, une soixantaine de groupes ou d’artistes, pour occuper 31 lieux. De son côté, Sonorama a programmé 300 artistes, 40 propositions et 20 lieux. Ils étaient où les artistes ?
 
L’an dernier, lors d’un second jury décisif, vous nous avez questionnés sur la place qu’on entendait donner à l’action culturelle dans notre projet 2009-2011. Autrement dit, quel travail « participatif » allions-nous faire avec la population, quels publics ciblions-nous, et dans quelles communes de l’agglomération ? Nous avons répondu, par exemple, par une résidence de Moleque de Rua à Planoise, par des interventions de la Touffe dans quelques communes de l’agglomération, par une commande d’écriture passée en 2007 à la Batterie-Fanfare de Saône, par un travail en 2006 de la Compagnie du Coin avec l’EMICA du canton d’Audeux, etc. Qu’avez-vous fait de ce travail de terrain, Yves-Michel Dahoui ? Rien. Strictement rien.
 
Comment expliquez-vous que le Maire de Besançon se fasse huer le samedi lors des nuits sonores de la Friche, pourtant estimées par tous comme une des seules réussites du festival ? Alors qu’il a pu baguenauder en 2006 comme en 2007 et recueillir, sentir ou éprouver la joie du public d’être ensemble.
 
Vous objecterez avec perspicacité qu’il faut laisser le temps à Sonorama de s’installer mais l’argument d’une première édition ne tient que d’un fil. Le Troisième Pôle et Orphaz se sont largement inspirés de notre travail logistique et ont employés une partie de nos équipes techniques, qui ont eu à gérer les mêmes lieux d’installation ou de spectacle qu’ils connaissaient donc bien. Les organisateurs étaient donc parfaitement informés des habitudes bisontines et des circulations des publics, ils partaient donc avec un certain « avantage » si l’on peut dire.
 
Vous avez choisi le projet du Troisième Pôle en parfaite connaissance de cause et vous avez eu le projet qu’ils avaient défendu. Vous pourrez regretter que les Bisontins n’étaient pas «prêts», qu’ils n’ont pas «compris», ou qu’il manque du «lien», vous serez toujours en décalage avec la réalité de la perception de la contemporanéité. Or, ce lien est consubstantiel avec la programmation, le rapport aux publics à travers une présence, des médiations et une communication mieux appropriée.
 
Vous avez, en affichant crânement votre posture d’élu qui prend-des-risques-et-qui-saura-prendre-ses-responsabilités, maintenant perdu toute crédibilité. Non seulement pour ce festival, mais aussi pour l’ensemble de la politique culturelle que vous entendez mener. Quoi que vous fassiez, vous serez l’homme du « bilan mitigé », le « tueur » de Musiques de Rues.
 
Dès lors, quelle que soit votre sincérité, votre foi et votre engagement en la démocratisation de l’art contemporain comme du spectacle vivant, vous avez perdu l’autorité d’un adjoint au maire en charge du projet culturel de Besançon. Ce qui veut dire que vous n’êtes plus en position de force pour les arbitrages budgétaires et que toute décision même pertinente que vous prendrez vous sera à présent contestée. La meilleure preuve est la querelle sur le coût de Sonorama: qu’en est-il exactement, pour deux fois moins d’artistes ?
 
Qu’on nous comprenne bien. Il ne s’agit pas d’un courrier revanchard, on ne refait ni le film ni l’histoire. Ailleurs nous avons su rebondir et repartir sur d’autres projets, nous ne sommes malheureusement pas les premiers à quitter Besançon sur un sentiment d’inachevé et de gâchis. C’est aussi une propension locale qui commence tout de même à catégoriser la ville, dans le domaine culturel.
 
Réglons aussi une ambiguïté: nous souhaitons à Sonorama la pérennisation que nous n’avons pas eue et qui nous semble nécessaire au développement culturel de cette ville.
 
A condition que le Troisième Pôle trouve la formule idoine et que la Ville de Besançon définisse enfin ce qu’elle attend de son « grand » événement, événement populaire et vraiment original, et non pas une pâle copie patchwork de ce qui marche ailleurs, et, qui pourrait enfin la distinguer des autres villes.
 
Et c’est là que vous, Yves-Michel Dahoui, avez un rôle à jouer. Un rôle d’homme responsable et droit. Un homme qui fait ce qu’il dit et qui «prend ses responsabilités».
 
Vous devez démissionner. Quittez la scène de la culture et laissez à quelqu’un d’autre le soin de «reprendre» Sonorama et par là même relancer le développement culturel de Besançon. C’est parce que nous aimons Besançon et ses habitants, dont nous avons été citoyens, qu’il nous semble important pour l’avenir de cette ville de vous suggérer de laisser votre place à plus averti. Nous vous prions de croire, Yves-Michel Dahoui, en nos sentiments les plus sincères ».
 
Pascal Esseau et François-Xavier Ruan.
 
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