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"J’ai foi en la justice. J’espère que l’affaire aboutira rapidement"

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L'anesthésiste de Besançon soupçonné d'empoisonnement reste libre sous contrôle judiciaire. Visiblement éprouvé, le médecin de 45 ans a adressé une rapide déclaration à la presse pour clamer son innoncence. Il espère désormais que l'enquête avance vite...

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Après sa mise en examen le 6 mars 2017 pour "empoisonnements avec préméditation", l'anesthésiste avait déjà été laissé libre sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention. Le parquet avait décidé de faire appel de cette décision, estimant que son incarcération était nécessaire pour "permettre à l’enquête de se poursuivre sans pression et avec sérénité".

Le visage fermé, Frédéric Péchier, 45 ans, s’est donc présenté ce mercredi 29 mars 2017 vers 9h30 devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon, accompagné de son épouse et de sa famille. De nombreux journalistes étaient présents pour couvrir cette affaire hors-norme. L’audience s’est finalement tenue à publicité restreinte. "On est comme les victimes, on veut la vérité. On voulait que notre avocat puisse expliquer pourquoi mon mari est innocent" publiquement, a déclaré son épouse en regrettant la non-publicité des débats. 

Sans surprise, l’avocate générale a requis le placement en détention provisoire de l’anesthésiste. A la mi-journée, les juges ont décidé, comme en première instance, de laisser le médecin libre sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer et interdiction d'approcher des membres de la clinique. La caution qu’il doit verser est passée de 60.000 à 100.000 euros.

Un décision "juste" pour l'avocat de l'anesthésiste

"C’est un moment terrible pour moi. Je suis innocent de toutes les accusations à mon encontre", a déclaré le Dr Péchier à l’issue de l’audience qui a semblé éprouvante pour le médecin. "J’ai foi en la justice et j’espère que l’affaire va vite avancer et qu’elle aboutira rapidement", a-t-il ajouté, hagard, la voix hésitante. Pour Randall Schwerdorffer, son avocat, il s'agit d'une décision "juste" de "magistrats qui ont fait preuve d’une grande prudence" en respectant la "présomption d’innocence".

 Me Schwerdorffer  : Des gens "malveillants ont pollué l'enquête"

"S’il y a eu empoisonnement, c’est quelqu’un d’autre, mais nous ne savons pas qui ça peut être", a ajouté Me Schwerdorffer, argumentant que "des gens relativement malveillants avec le Dr Péchier" ont pu "influencer les enquêteurs (…) Je suis révolté quand je vois la faible épaisseur de ce dossier concernant les "indices graves et concordants", je ne les vois pas." L'avocat parle en outre d'un problème conséquent avec la clinique. "il n'y a pas de règle spécifiques, ni concernant la pharmacie, ni concernant l'accès au bloc opératoire. Près de 200 personnes y ont accès régulièrement et quotidiennement. Ça fait beaucoup de suspects… "

Où est la vérité ?

Plusieurs victimes étaient venues assister à l’audience, accompagnée de leurs avocats. "On est très, très attaché à la présomption d’innocence. Les victimes ne souhaitent pas qu’on prenne le risque de mettre en détention provisoire quelqu’un qui potentiellement est innocent", a déclaré Me Frédéric Berna, avocat de plusieurs victimes. "Nous, on ne cherche pas un coupable absolument, on cherche la vérité. La seule inquiétude que l'on a, c'est qu'il n'y ait pas d'interaction au bon déroulement de l'enquête.  On veut qu'elle poursuive sereinement", a-t-il ajouté, "déçu que le docteur Péchier ne souhaite pas y collaborer" avec un "système de défense visant à changer de position à chaque fois qu’on pose une question.. On accuse à peu près tout le monde, les enquêteurs, les collègues. Aujourd'hui, ça part dans tous les sens et ce n'est absolument pas satisfaisant pour les victimes"

Info +

Le Dr Péchier est un praticien réputé et apprécié du milieu médical bisontin. Il est suspecté par les enquêteurs de la police judiciaire de l’empoisonnement volontaire et prémédité de sept patients âgés de 37 à 53 ans, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques privées de Besançon. Il encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité s’il est déclaré coupable.

Selon l’enquête, des "doses létales de potassium et d’anesthésique" ont été volontairement administrées à quatre patients de la clinique Saint-Vincent - dont deux sont morts - et à trois patients de la polyclinique de Franche-Comté lors d’opérations sans difficulté particulière.  Frédéric Péchier n’était pas en charge de ces patients, mais il était parfois appelé pour les réanimer. 

Une quarantaine d’autres incidents similaires enregistrés à Besançon sur une vingtaine d’années, dont une vingtaine ont été mortels, sont à l’étude pour vérifier s’ils sont d’origine criminelle.

Damien

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