Info traffic à Besançon

Newsletter

Tenez-vous au courant de nos dernières actualités !

Mon compte

CINEMA À l'aveugle, de Xavier Palud

Jacques Gamblin et Lambert Wilson - DR - cliquez sur l'image pour agrandir
*** à voir

Un thriller original qui confronte un commissaire de police à un tueur en série aveugle.

Publicité

Faire un thriller où le coupable se dessine très rapidement est un exercice périlleux. Il est aisé de tuer ainsi toute forme de suspense. Si en plus, le tueur est un aveugle, le risque que le film soit bancal et caricatural augmente d’autant plus. Pourtant À l’aveugle, sans être une merveille du genre, réussit son pari et se révèle agréable. 

Un tueur aveugle exécute des personnes apparemment sans liens entre elles et avec un mode opératoire toujours différent. D’emblée, le coupable est très vite désigné. L’intrigue se concentre essentiellement sur les raisons qui le poussent à commettre de tels actes. Le complot politique entre alors en jeu : le militaire (Lambert Wilson, impeccable), croit venger des camarades tués au combat mais se révèle être utilisé par une hiérarchie peu scrupuleuse. Ce choix de s’intéresser aux cause plutôt qu’aux conséquences est appréciable, même si on sent poindre derrière ce choix narratif une simplicité coupable dans le scénario.

Une histoire aussi rudimentaire aurait pu donner un film plat. À bien y regarder, il ne s’agit que d’une banale histoire de meurtres en série. Le duo d’acteur prend alors toute son importance. C’est de la dualité entre les deux personnages que le film tire son énergie. Cette opposition entre un flic et son suspect échappe à la médiocrité précisément grâce au petit plus qu’introduit la cécité du meurtrier. Les deux personnages, fantômes rongés par leurs démons et engagés dans une lutte à mort, jouent au chat et à la souris. Une confiance mutuelle – et perturbante – s’installe entre eux. Un paradoxe qui donne une autre dimension au film.

Dans une sorte de « triangle désamoureux », Raphaëlle Agogué évite à son personnage d’être lambda. Jeune énergique amoureuse de son patron, elle tient sa place et permet de ne pas s’enfermer dans une joute verbale interminable entre les deux autres. 

Plutôt habitué au genre horrifique, Palud avait approché l’épouvante dans l’éprouvant Ils. Avec ce nouveau film, il aborde la peur d'une façon plus soft mais suffisamment convaincante pour que Lambert Wilson puisse faire frissonner.

 Quentin Buchberger

 

Date de sortie : 7 mars 2012

Réalisation : Xavier Palud

Scénario : Eric Besnard

Avec : Jacques Gamblin, Lambert Wilson, Raphaëlle Agogué

Genre : Thriller

Durée : 1h34

Photographie : Michel Amathieu

Musique : Laurent Couson

Distributeur : EuropaCorp Distribution

Du même réalisateur : Ils (2006), The Eye (2008), XIII : la série (2011)

Prochaine rubrique le 25 mars 2012.

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter

QuentinBuchberger