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CINEMA Drive de Nicolas Winding Refn

©dr - cliquez sur l'image pour agrandir
**** à voir absolument

Un jeune réalisateur au talent immense et un Ryan Gosling comme on aimerait le voir plus souvent. C’est sur, Drive est un vrai poids lourd. Prix de la mise en scène au festival de Cannes.

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Difficile d’aller contre les critiques plutôt unanimes : Drive est un excellent film. Récompensé d’un prestigieux prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes, Drive est un de ces thrillers qui ressuscitent le genre sans en avoir l’air. Ajoutez y un acteur (que nous avions laissé sur un très décevant Blue Valentine) dans le rôle du méthodique taciturne mais humain, ainsi que des seconds rôles très réussis et diablement interprétés et un scénario simple et efficace, vous obtenez alors un film tout ce qu’il y a de plus réussi.

Ce jeune homme inconnu, blond, dont le manteau frise le mauvais goût, est une énigme absolue. On sait juste qu’il est un conducteur né, un de ceux qui passent leur vie à rouler et qui connaissent les moindres recoins d’une ville qui les a vu naître et dont ils ne sont que rarement sortis. Ce personnage que joue Ryan Gosling a des petits airs de Robert De Niro, version Taxi Driver. Un anonyme perdu qui roule nuit et jour car sa voiture est le seul endroit où il se sent chez lui. Entraîné dans de sordides querelles d’argent par son amour secret pour sa jeune voisine (Carey Mulligan), il va mener une cabale sanguinaire contre ceux qui menacent de s’en prendre à elle.

La voiture roule et roule encore. Elle est le lien entre tout, l’endroit où tout part et où tout se termine. La caméra de Winding Refn s’y attarde et se laisse guider par cet abri mobile. Construisant son récit autour d’une romance étouffée, il bâtit son film méthodiquement. Pourtant il ne dit rien de ses personnages ou le moins possible. Ainsi son héros est cascadeur, garagiste, chauffeur pour des braquages la nuit, fou du volant taiseux qui va jusqu'à adopter le temps d'une nuit l’identité de la star qu’il double pour assouvir sa vengeance. Cette confusion sur la vie du héros est déstabilisante mais bienvenue. Cela correspond au personnage. Le spectateur croit en savoir beaucoup mais au final il ne sait rien. Winding Refn lui, sait tout, mais ne nous donnera jamais la réponse.

Même si il est injuste de citer d’éventuelles influences tant le film est bon, la scène où une flamboyante rousse braqueuse en herbe porte son sac plein de billets jusqu’à la voiture (avec talons aiguilles) et dont la démarche évoque celle de Jackie Brown, anti héroïne de Tarantino, fait sourire et empêche le film de corrompre sa vitalité avec des rôles trop « sérieux ».

Il y a un peu de James Dean et de sa folie des voitures dans Ryan Gosling, un peu de Pete Postletwhaite et de sa force tranquille dans Bryan Crannon (plus connu pour son rôle du père dans la série Malcolm). Il y a un peu de tout ce qui fait un excellent thriller. Nerveux, haletant, Drive est une vraie réussite. Et la fabuleuse BO du film, signée par Cliff Martinez, n’y est pas étrangère. Demandez donc à Sergio Leone comment auraient été ses westerns sans les musiques d’Ennio Morricone.

Quentin Buchberger

Réalisation : Nicolas Winding Refn

Scénario : Hossein Amini

D’après le roman de James Sallis

Avec : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston,

Durée : 1h40

Genre : Thriller

Photographie : Newton Thomas Sigel

Musique : Cliff Martinez

Année de production : 2011

Distributeur : Le Pacte

Date de sortie : 5 octobre 2011

A voir du même réalisateur : Pusher (1996), Pusher II (2004), Pusher III (2005), Bronson (2009), Le Guerrier Silencieux (Valhalla Rising, 2010)

 

Prochaine rubrique cinéma le samedi 15 octobre 2011

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter

QuentinBuchberger