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CINEMA La Dame de fer, de Phyllida Lloyd

Meryl Streep - DR - cliquez sur l'image pour agrandir
*** à voir

Ce biopic nous entraîne dans l'intimité de la rigide Margaret Thatcher, premier ministre britannique pendant onze années. Un peu décevant dans sa forme mais avec une Meryl Streep excellente.

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Le problème avec les biopic, c’est quand il y a trop de flash-backs. Le rythme est sans arrêt cassé, toujours en demi-mesure et le risque majeur est de faire perdre au récit sa consistance, en se contentant de raconter une série de souvenirs. Le gros bémol du film de Phyllida Lloyd, c’est précisément cela.

A l'écran, l'ex dirigeante a près de 80 ans, elle vit seule depuis la mort de son mari et n’a plus toute sa tête. On est bien loin de l’image de chef d’état dirigiste et charismatique mais l'angle est intéressant. C’est cette silhouette fragile que l’on va suivre une grande partie du temps, entre ses innombrables discussions avec son défunt mari (elle est sujette aux hallucinations) et sa nostalgie de sa vie de Premier Ministre. Avec cette femme âgée, le spectateur se plonge dans des souvenirs, des épisodes marquants de cette vie hors du commun.

Il ne fait aucun doute que Margareth Thatcher, née Roberts et fille d'épicier, a marqué de son empreinte la vie politique anglaise. Première femme d’Europe à accéder à un tel poste, cette conservatrice s’est rendue célèbre par son caractère en acier trempé et son intransigeance qui l’ont conduite notamment à laisser mourir de faim des prisonniers irlandais* et à réprimer férocement les manifestations ouvrières.

Le film inclut d’ailleurs force images archives qui montre la violence des heurts à cette époque. « The Iron Lady », comme l’appelait les américains, prend ici les traits de Meryl Streep qui livre une interprétation juste de ce personnage haut en couleur.

Au delà de la ressemblance physique, le mimétisme de l’actrice et de son modèle se retrouve jusque dans la gestuelle et les expressions du visage. Cette ressemblance troublante donne une force captivante à l’œuvre (ce qu’un film comme J.Edgar s’était malheureusement affranchi de faire). Mais il y a un hic.

Comme l’ont souligné si justement des confrères d'un grand quotidien national, cette Margaret Thatcher est plus Margaret que Thatcher. Bien sur, on la découvre dans son combat politique par exemple pendant la guerre des Malouines contre l’Argentine. Mais cet aspect est trop succin et empêche de relever toute la dimension du personnage. Une patriote, intransigeante et qui ne recule devant rien pour faire triompher des idées en lesquelles elle croit plus que tout. Il y avait chez Thatcher quelque chose d’impitoyable et d’effrayant qu’on ne retrouve pas dans La Dame de Fer.

Le combat politique cède alors peu à peu la place au combat intime d’une femme qui lutte pour ne pas perdre ses souvenirs.

* N'hésitez d'ailleurs pas à voir sur ce sujet l'excellent film de Steve McQueen (II), Hunger

Quentin Buchberger

 

Date de sortie : 15 février 2012

Réalisation : Phyllida Lloyd

Scénario : Abi Morgan

Avec : Meryl Streep, Jim Broadbent

Durée : 1h44

Genre : Biopic

Photographie : Elliot Davis

Musique : Thomas Newman

Budget : 13 000 000 $

Distributeur : Pathé Distribution

De la même réalisatrice : Mamma Mia ! (2008)

 

Prochaine rubrique cinéma le dimanche 26 février 2012

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter

QuentinBuchberger