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CINEMA La Piel que Habito de Pedro Almodovar

©dr - cliquez sur l'image pour agrandir
**** à voir absolument

Aux confins de la folie, Almodovar nous plonge au cœur de la quête inhumaine d’amour d’un chirurgien mégalomane.

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Entre Banderas et Almodovar, il y a une alchimie presque animale. Si le premier semble vouloir se surpasser pour son mentor, le second transcende avec sa caméra la performance de son protégé avec une ferveur sans pareil. Pour cette sixième cohabitation entre les deux espagnols, leur union fait des miracles. La Piel que Habito (La peau que j’habite en français) est une merveille.

Jonglant avec divers moments clés de l'oeuvre de son antihéros, sorte de Dr Frankenstein de la transgénèse, Almodovar déconstruit le récit à sa guise pour une plus grande clarté. Les sauts dans le temps s’attardent sur de nouveaux éléments, toujours pertinents, toujours opportuns.

Contrairement au réalisateur, son chirurgien mégalomane construit. Banderas, brillant de fureur, sorte de Dieu créateur ennivré par son propre pouvoir, façonne à l’image de son épouse défunte un cobaye humain, lui faisant notamment changer de sexe. Cette quête d’amour monstrueuse d’un homme dégénéré par sa douleur a un côté esthétique troublant. La perfection naît de la noirceur. Une perfection féminine effrayante de fragilité. Une beauté contre nature glaciale et émouvante.

Almodovar ne s’arrête pas là. Cette pièce macabre au parfum de syndrome de Stockholm déroute et prend des directions inattendues. Des personnages grotesques se prêtent au jeu, comme autant danseurs itinérants et malsains dans un bal de fous. De la gouvernante complice qui souhaite la mort de ses fils au repris de justice en fuite obscène et écœurant, c’est le lieu aux allures de havre de paix qui semble déteindre sur ses occupants, prison luxueuse qui cache en son sein laboratoire et salle d’opération.

Pour le cinéma, le savant fou reste un fantasme, exploité avec plus ou moins de réussite par de nombreux réalisateurs. Certes, Banderas n’a pas le regard d’illuminé du Dr Mabuse de Fritz Lang. Mais c’est en ça que Almodovar touche juste. L’enfer, selon lui, a un visage humain.

Quentin Buchberger

 

 Réalisation : Pedro Almodovar

Scénario : Pedro Almodovar & Agustin Almodovar

D’après l’œuvre de Thierry Jonquet

Avec : Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet, Roberto Alamo

Durée : 1h57

Genre : Thriller

Photographie : José Luis Alcaine

Musique : Alberto Iglesias

Année de production : 2011

Distributeur : Pathé Distribution

Date de sortie : 17 août 2011

À voir du même réalisateur : Le Labyrinthe des passions (1982), Matador (1985), la Loi du désir (1986), Femmes au bord de la crise de nerfs (1988), Talons aiguilles (1991), Tout sur ma mère (1999), Parle avec elle (2002), La Mauvaise éducation (2004), Volver (2006)

 

Prochaine rubrique cinéma le samedi 27 août 2011

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter

QuentinBuchberger