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CINEMA Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau

Mohamed Fellag est Monsieur Lazhar - DR - cliquez sur l'image pour agrandir
*** à voir

Étonnant Monsieur Lazhar qui parvient à être juste avec beaucoup de tact. Un film à priori anecdotique mais qui gagne à être vu.

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Le peu connu Philippe Falardeau, réalisateur québécois passé jusqu’alors relativement inaperçu, tente un coup d’éclat avec le sobre Monsieur Lazhar. Sobre tant dans son titre que dans sa mise en scène. Coup d’éclat il n’y aura pas puisque son film ne révolutionne pas son monde mais il n’en demeure pas moins un authentique et agréable moment de comédie dramatique.

Falardeau y mêle deux histoires. L’une, volontiers tire larme, d’une classe de jeunes enfants traumatisés par le suicide de leur institutrice et l’autre, plus réfléchie et intimiste, d’un enseignant algérien contraint de fuir son pays en proie à la guerre. De ces deux histoires qu’il lie, le réalisateur en tire un récit dense et touchant, témoignage d’une relation qui se noue entre un professeur et ses élèves. Une réciprocité s’instaure, répondant à un automatisme – certes un peu cliché – qui voudrait que chaque « personnage » sauve l’autre. Le prof redonnent le goût de vivre aux enfants et les enfant rendent le sourire à l’être isolé marqué par les épreuves de la vie. Fort heureusement, Monsieur Lazhar évite le pathos. Au prix parfois de quelques cabrioles.

Dans le rôle titre, Mohamed Fellag fait des merveilles. Toujours candide, le timide professeur va peu à peu s’ouvrir au monde. C’est aussi cela Monsieur Lazhar, l’histoire d’un homme qui s’est perdu en chemin et qui cherche à se retrouver. Condamné par le regard des autres à n’être qu’un étranger de passage, Fellag devient devant la caméra une force de la nature, dont la bravoure n’a d’égale que sa discrétion presque maladive. Une discrétion qu’il dissimule au demeurant sous un ton autoritaire, avant de lâcher du lest au fil du temps.

Il a l’air sympathique ce Monsieur Lazhar, avec son sourire figé et son costume fripé. Il ferait presque un peu pitié Monsieur Lazhar, avec sa silhouette voutée qui quitte l’école quand tout est gris. Une chose est sure, sa leçon est pleine d’humanité.

Quentin Buchberger

Date de sortie : 5 septembre 2012

Réalisation : Philippe Falardeau

Scénario : Philippe Falardeau

D’après l’œuvre d’Évelyne de la Chenelière

Avec : Mohamed Fellag, Sophie Nélisse

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h35

Photographie : Ronald Plante

Musique : Martin Léon

Distribution : UGC Distribution

Du même réalisateur : Congorama (2006), C’est pas moi je le jure ! (2008)

Prochaine rubrique le 14 septembre 2012

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter

QuentinBuchberger