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CINEMA Tu seras mon fils de Gilles Legrand

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** pourquoi pas

Sur fond de grand domaine viticole, un conflit entre un père et son fils. Comme on parlerait d’un vin, belle robe mais peu de saveur en bouche.

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Quoi de pire qu’un père qui vous sous-estime, qui vous prend pour un bon à rien et vous rabaisse en permanence ? Martin (Lorànt Deutsch, coupable de n’être que lui même face à un très bon Arestrup) en fait la douloureuse expérience auprès de son père Marcel, vigneron de renom et œnologue exigeant.

Les relations père fils, c’est un peu du pain béni pour les cinéastes. Un filon inépuisable, déclinable sous toutes ses formes. Ici d’emblée, l’affaire est claire : la fracture est profonde et douloureuse, ces deux là se haïssent sans vouloir vraiment en prendre conscience. Si l’un s’accroche à la figure paternelle plus qu’au père médiocre lui-même, l’autre va jusqu’à se chercher un autre fils quitte à voler celui d’un de ses plus vieux amis qui se meurt.

Pourtant, très rapidement, cette relation père/fils aux allures de guerre de tranchées devient superficielle. Arestrup joue divinement le père méprisant, qui punit son fils pour ne pas avoir à se punir lui même. Une sorte d’Hermès, dieu élégant et majestueux mais prétentieux (le personnage achète d’ailleurs des chaussures à 2 900 euros dans une boutique Hermès à Paris).

Le fils est peu crédible dans la mesure où son bégaiement passé et son introversion le condamnent par avance. Autant mettre David sans sa fronde face à Goliath et lui dire de se battre à mains nues.

Le personnage de Marcel est en revanche une vraie réussite. Mégalomane, méprisant et acide, cet archétype d’une génération bourgeoise imbue de sa réussite et honteuse de ceux qui sortent de « sa » normalité est détestable mais saisissant de vérité.

Cette inégalité entre les deux personnages principaux ne pouvait fondamentalement pas donner de millésime. Un comble pour un film où le vin coule à flot.

Quentin Buchberger

Réalisation : Gilles Legrand

Scénario : Gilles Legrand & Delphine de Vigan

Avec : Niels Arestrup, Lorànt Deutsch, Patrick Cheney, Anne Marivin, Nicolas Bridet

Durée : 1h42

Genre : Drame

Photographie : Yves Angelo

Musique : Armand Amar

Année de production : 2010

Distributeur : Universal Picture International

Date de sortie : 24 août 2011

À voir du même réalisateur : Malabar Princess (2004), La Jeune fille et les loups (2007)

 

Prochaine rubrique cinéma le samedi 3 septembre 2011

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter

QuentinBuchberger