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"La crise engendre un déficit de 200 logements neufs tous les ans à Besançon"

Fabrice Jeannot, président de la fédération des promoteurs immobiliers de Franche-Comté ©damien - cliquez sur l'image pour agrandir

Le gouvernement a dévoilé fin août de nouvelles mesures en faveur du logement. Comment sont-elles accueillies en Franche-Comté ? Quelle est la situation notamment sur Besançon en matière de construction dans le secteur privé ? Pour Fabrice Jeannot, président de la fédération des promoteurs immobiliers de Franche-Comté (FPI) et président de SMCI éditeur immobilier, il était urgent de réagir.

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Avec 132 logements neufs réservés à la vente au second trimestre 2014 dont une soixantaine dans l'aire urbaine de Besançon, la baisse de l'activité s'est accentuée dans la région Franche-Comté selon les chiffres dévoilés la semaine dernière par la Dreal. En un an le repli atteint 27 %. "La promotion immobilière est en panne dans le Territoire de Belfort alors que les réservations à la vente, qui résistaient encore sur l'unité urbaine de Besançon semble se tasser" explique la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Franche-Comté.

Activité globale 2006-2013 du Grand Besançon (Observatoire CecimObs) 

maCommune.info : Quelle est la situation actuelle de la construction de logements neufs en Franche-Comté ?

Fabrice Jeannot : Au niveau national tout d’abord, il faut comprendre que la production de logement neuf collectif dans le secteur privé est passée de près de 110.000 unités d’habitation en 2007 à 79 000 en 2013, soit une chute de près de 28 %. Au regard des résultats du 1er semestre, la production 2014 devrait être inférieure à celle de 2013. Au niveau de Besançon, nous connaissons la même tendance avec une baisse plus forte sur le premier semestre 2014 par rapport au premier semestre 2013. Ce qui est inquiétant également pour l'avenir, c'est la baisse des mises en vente sur le marché des appartements.

Que vous inspirent ces chiffres ?

Ils sont préoccupants. Sur le plan économique, ils impactent l’ensemble de la chaîne de production, prestataires et entreprises du bâtiment dont les carnets de commandes se sont considérablement réduits. N’oublions pas que la production d’un logement équivaut à la création d'1.9 emploi !

Par ailleurs, la baisse de la production et la baisse des mises en vente accélèrent le déficit de logements. Ce déficit va inexorablement se creuser dans les prochaines années en raison de l’inertie liée à la production. Il faut entre trois et quatre ans entre le lancement d’un programme immobilier et sa livraison. Cette baisse sur plusieurs années risque d'affaiblir notre outil de production, des entreprises du bâtiment. En effet, si nombre d'entre elles n'existe plus, il sera difficile de construire des immeubles dans des conditions normales. Le risque est de revivre les années où les prix de construction ont considérablement augmenté, mais avec une baisse de la qualité. 

Comment accueillez-vous les mesures du gouvernement pour relancer la construction ?

Il était important de réagir tout d'abord pour sauver les emplois et nos entreprises du bâtiment. Il s’agit d’emplois locaux non délocalisables qui émanent pour la très large majorité de petites entreprises régionales.

Il est important également de ne pas laisser se creuser le déficit de logements. On pense souvent que les besoins de logement d’une ville sont liés à la seule évolution de sa population. Or, les nouveaux modes de vie (décohabitation, familles monoparentales, etc.), mais aussi le besoin de vivre dans des logements plus confortables, plus économes, plus performants nécessitent une production de nouveaux logements. Au niveau de Besançon, nous estimons que cette crise engendre un déficit de près de 200 logements neufs chaque année. Il faudra bien rattraper ce retard si on l’on veut satisfaire la demande de logements…à la condition évidemment que notre outil de production, c’est-à-dire les acteurs du bâtiment (entreprises, prestataires) soient opérationnels pour réagir à la reprise. Dans ces conditions, vous comprendrez qu’il était en urgent de réagir. 

Est-ce le moment d'investir ?

Que ce soit dans le cadre de sa résidence principale ou dans le cadre d’un investissement locatif, l’immobilier reste la valeur refuge par excellence. Devenir propriétaire de sa résidence principale, c’est déjà réaliser un projet de vie, mais c’est aussi prévoir l’avenir, mettre les siens à l’abri. Investir dans l’immobilier locatif, c’est préparer sa retraite, c’est construire et sécuriser son patrimoine.

Nous vivons une crise de confiance qui freine les projets. Paradoxalement, les conditions actuelles n’ont jamais été aussi favorables, avec de nouveaux dispositifs fiscaux, des aides pour les primoaccédants, et surtout des taux d’intérêt historiquement bas. Nous espérons que ces nouvelles mesures auront un effet positif sur la relance de notre secteur.

Justement, quelles sont les mesures pour relancer la primo accession ? 

L'accession a la propriété notamment pour les primo accédants est une préoccupation pour tous les acteurs du logement. Pour mémoire, les prix de vente et de coût à la construction ont plus que doublé en dix ans, ce qui a fortement désolvabilisé les accédants.


À notre niveau, c'est en développant des programmes adaptes, avec des prix accessibles, en phase avec les modes de vie d'aujourd'hui que nous favoriserons l'accession à la propriété au plus grand nombre.

Les dernières mesures annoncées par le Premier ministre vont dans le bon sens (voir article ci-dessous)
- il y a tout d'abord les conditions de financement améliorées (notamment l'allongement du prêt à taux 0%).


Il y a aussi la mise en place d'un nouveau dispositif d'investissement (loi Pinel). Cela peut surprendre, mais en relançant le marché de l'immobilier locatif, on relance le marché du logement dans son ensemble !
Un programme immobilier c'est un juste équilibre -50/50 habituellement en terme de surface - entre des logements vendus en locatif et des logements vendus en accession.


Les premiers logements sont traditionnellement vendus à des investisseurs, ils sont nécessaires pour débuter les travaux et lancer une opération, les accédants s'engagent plutôt dans un second temps, quand les travaux sont en cours et quand ils peuvent visiter et se projeter.
Sans les premiers, impossible de lancer un programme, et donc de créer une offre pour les accédants.

Damien

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