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La dirigeante d'une association pro-euthanasie a "dû s'exiler en Suisse pour mourir dans la dignité"

Nicole Boucheton, vice présidente de l'ADMD(Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) et atteinte d'un cancer en phase terminale, a "dû s'exiler en Suisse pour mourir dans la dignité" le jeudi 7 août, a annoncé vendredi l'association pro-euthanasie. D'après les chiffres de Dignitas, une des principales associations suisses d'assistance au suicide, 1701 personnes ont été "accompagnées" entre 1998 et 2013 , parmi lesquelles 159 Français (10,63%). 

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Dans un texte posthume, Nicole Boucheton explique les raisons de son exil et regrette que François Hollande n'ait "toujours pas tenu sa promesse 21" sur "l'assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". 

"Je suis atteinte d'un cancer du rectum. Lors du diagnostic, le seul traitement curatif était chimio, tomo-thérapie puis chirurgie : colostomie. J'ai refusé la chirurgie car trop mutilante : l'anus artificiel qui me condamnait à une vie dans des conditions que je juge, pour moi-même, dégradées et inacceptables", écrit-elle. 

"Alors j'ai pris contact avec une association suisse afin d'y pouvoir faire un autre choix, celui d'un départ rapide puisque ma seule issue était la mort", poursuit Nicole Boucheton. 

"J'aurais aimé ne pas avoir à m'exiler en Suisse"

"Cela demande beaucoup d'argent : la prise en charge elle-même, le voyage, l'hébergement sur place lorsque l'on vient de loin (...) L'engagement 21 du président Hollande, non tenu, qui s'enlise dans sa mise en place de missions et rapports successifs verra-t-il le jour ? J'aurais aimé en profiter et ne pas avoir à m'exiler en Suisse", conclut-elle. 

"En souhaitant rendre publiques les conditions de sa mort par suicide assisté en Suisse", Nicole Boucheton a "démontré que son combat individuel pour l'euthanasie rejoint son combat collectif", a estimé le président de l'ADMD, Jean-Luc Romero. 

La loi Leonetti, adoptée en 2005, encadre les conditions de fin de vie et interdit l'acharnement dans la poursuite des soins, le plus souvent pour des personnes en fin de vie ou souffrant de maladies graves et incurables. Mais elle ne permet ni l'euthanasie - qui désigne l'acte d'un tiers pour donner la mort - ni le suicide assisté. 

L'acquittement en juin à Pau de l'urgentiste Nicolas Bonnemaison, jugé pour avoir abrégé la vie de sept patients, avait relancé le débat brûlant sur la fin de vie. Il sera jugé en appel devant la Cour d'assises à Angers à une date qui reste à fixer. 

Pour l'ADMD qui milite pour l'adoption d'une nouvelle loi, le procès du Dr Bonnemaison est "le constat d'échec de la législation française sur la fin de vie et l'évidence de la nécessité d'une loi qui mette au coeur de toute décision médicale le patient, et lui seul, dans le cadre d'une véritable démocratie sanitaire". 

(source AFP)

Damien

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