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Les raisons de la grogne à France 3 Franche-Comté

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Lundi, la moitié des journalistes de la chaîne régionale était en grève. Frédéric Dotte, journaliste-rédacteur et délégué du Syndicat National des Journalistes à Franche 3 Franche Comté nous explique les raisons de ce mouvement.

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1. Qu'est-ce que la suppression de la publicité après 20 h a changé pour le téléspectateur de France 3 Franche-Comté

-Supprimer la pub ? Pourquoi pas ? Ce peut être une belle idée, permettant de libérer la grille d'antenne de ses contraintes d'audience : certains programmes sont bons sans forcément viser le plus grand auditoire. Sans annonceur, les journalistes sont également mieux préservés des pressions du monde économique et industriel.

-Alors où est le problème ? D'abord, les ressources de la pub assuraient un tiers du budget de France3 (à côté de la redevance). Mal compensé par des taxes non pérennes, le manque à percevoir aboutira très vite à moins d'investissement dans les programmes, et des suppressions d'emplois.
 
-Mais surtout la tranche régionale d'avant 20 heures, appelée Acces Prime Time, est désormais vécue par les dirigeants de France 3 comme un aspirateur à pub. Tranche complètement remaniée depuis le 5 janvier, pour faire de la place à de nouveaux « tunnels de pub ». Dans certaines régions, des émissions d'info, des journaux locaux sont réduits ou supprimés. Et partout, le JT du soir est allongé de 20 à 26 minutes, sans moyens supplémentaires évidemment. Avec comme conséquence pour les journalistes et les techniciens qui concourent à la tranche, de passer leur énergie à produire des programmes de comblements (annonces, rediffusions, duplex parfois sans justification, recherche d'invités parfois "bouche-trou "...) au détriment de leur vraie activité.
 
2. Que réclamez-vous précisément et qu'attendez-vous de cette grève ?

Les professionnels de l’information veulent pouvoir continuer d'exercer leur vrai métier : la recherche, la mise en forme et la diffusion d'informations vérifiées et pertinentes... C'est d'ailleurs tout ce qu'attendent les téléspectateurs du service public ! Ce mouvement de grève dans les stations régionales de France 3 est un signal de détresse lancé à notre direction, afin qu'elle revoie la copie de cette grille, et écoute nos propositions permettant de remplir nos missions. Si la nouvelle tranche de 26 min n'exige pas forcément le recours à des ressources supplémentaires, elle doit être mise en place avec plus de respect des téléspectateurs et des collaborateurs.
 
3. Quelles seront les suites du mouvement ?

Au-delà du mécontentement exprimé par un arrêt de travail, nous voulons désormais parier sur le bon sens des responsables de la chaîne. Les journalistes, les techniciens, les rédacteurs en chef chacun à leur manière font actuellement remonter les grandes difficultés dans lesquelles la nouvelle grille nous plonge collectivement. Mais ce sont peut-être les téléspectateurs qui auront finalement le dernier mot. Confrontés à des journaux régionaux fourre-tout, où les comblements remplacent les images d'information, où le rythme artificiel interdit la réflexion, resteront-ils encore longtemps fidèles ?

Damien

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