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Les sages-femmes fixées sur leur sort vendredi ...

Le collectif de sages-femmes à l'origine d'une grève illimitée depuis deux mois a refusé lundi les propositions du ministère de la Santé sur la revalorisation de leur statut à l'hôpital, après avoir rallié de 2.000 à 4.500 manifestants à Paris. A l'inverse, le collectif sages-femmes de la CGT a qualifié les propositions de "très bonnes pour" lui

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2.000 manifestants selon la police, 4.500 selon les organisateurs, ont défilé lundi à la mi-journée en direction du ministère de la Santé pour peser sur la concertation en cours. Leur précédente "marche" avait rassemblé le 7 novembre 4.000 manifestants selon la police, 6.000 selon les organisateurs. A l'avant du cortège, quatre manifestantes portaient un cercueil noir sur lequel était écrit : "Mépriser les sages-femmes nuit gravement à la santé des femmes.”

Parmi les autres slogans, on pouvait lire ou encore "Sage-femme recherche statut médical désespérément”. Les sages-femmes veulent être reconnues comme professionnelles de premier recours, c'est-à-dire comme le praticien vers lequel les femmes peuvent être orientées en premier pour leur suivi gynécologique, qu'elles soient enceintes ou non.

Elles veulent également pouvoir sortir de la fonction publique et accéder au statut de praticien hospitalier, comme les médecins, afin d'être plus autonomes. Les syndicats représentatifs refusent de sortir de la fonction publique.

Deux scénarios : décision vendredi

Un groupe de travail sur ce sujet s'est réuni dans l'après-midi, réunissant le magistrat honoraire de la Cour des comptes Edouard Couty (qui mène la concertation pour le ministère), le collectif à l'origine du mouvement et les syndicats représentatifs. M. Couty a formulé plusieurs propositions. La première est pour lui "fondamentale", "un grand pas, un grand progrès par rapport à la situation actuelle". Il s'agit de "reconnaître le caractère médical de leur profession dans l'organisation de l'hôpital" en leur donnant une "autonomie de décision, de prescription", mais aussi la possibilité de créer des unités gérées par les sages-femmes pour les accouchements qui ne présentent pas de difficultés. Il a également proposé de "prévoir dès le début de l'année des vraies négociations pour une revalorisation salariale

Il a aussi mis sur la table "deux scénarios". D'un côté, la création d'une filière médicale sages-femmes dans la fonction publique hospitalière "qui permet de conserver les avantages et attributs de la fonction publique". De l'autre, la création d'un statut de praticien en maïeutique qui donne "plus de flexibilité" aux sages-femmes en leur permettant par exemple de travailler à la fois à l'hôpital et en libéral. Les salaires seraient identiques quel que soit le statut. La ministre de la Santé Marisol Touraine doit arbitrer entre ces deux scénarios et annoncer son choix vendredi.

Le collectif, qui demande le statut de praticien hospitalier, a claqué la porte du groupe de travail. "Notre revendication est totalement flouée", a réagi Adrien Gantois, du Collège national des sages-femmes, en déplorant que le ministère considère les sages-femmes comme une "sous-filière médicale”.

En fin d'après-midi, entre 200 et 300 manifestants se sont dirigés vers l'Assemblée nationale où ils ont fait face aux forces de l'ordre. A l'inverse, le collectif sages-femmes de la CGT a qualifié les propositions de "très bonnes pour" lui, a réagi Annie-Claude Ottan, sa responsable. "Tout ce qu'on a demandé depuis le début, il (M. Couty) le prévoit dans un socle commun quel que soit le statut choisi", a-t-elle dit. "On pense qu'à contenu et salaire égal, il vaut mieux rester dans la fonction publique", a-t-elle ajouté. "Si Mme Touraine donne l'aval, on ne peut pas espérer mieux", a-t-elle relevé.

Damien

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