Info traffic à Besançon

Newsletter

Tenez-vous au courant de nos dernières actualités !

Mon compte

Pierre, Haut-Saônois parti faire le Jihad : un "ange" devenu un monstre…

L'Etat islamique a annoncé la mort d'"Abu Talha al Faransi" dans une opération kamikaze en Irak (province Salahudin) ©dr - cliquez sur l'image pour agrandir
©dr - cliquez sur l'image pour agrandir
témoignage

La mère de Pierre Choulet, alias "Abou-Talha al-Faransi" ("le Français"), ne comprend toujours pas comment son fils a pu basculer au point de mourir en kamikaze dans un attentat suicide en Irak. "De mon garçon, un ange, ils ont fait un monstre" témoigne cette mère de famille de Haute-Saône qui a vu son enfant s'auto-radicaliser. Le 22 octobre 2013, il avait simplement écrit à ses parents pour expliquer son départ : "je suis parti aider les Syriens et les Syriennes, mais ne vous inquiétez pas..."

Publicité

Pierre Choulet, 19 ans, était "un gamin comme la plupart des autres" qui n'avait jamais eu de problèmes, témoignent es parents, Gérard et Marie-Agnès, dignes dans la douleur. Gentil et plutôt réservé, ce garçon sportif adepte de vélo cross et de ballon rond a grandi avec deux demi-frères dans la maison familiale de Port-sur-Saône en Franche-Comté. Un pavillon parmi d'autres à la périphérie de cette commune paisible de 3.000 habitants située à une dizaine de kilomètres de Vesoul en Haute-Saône. 

Il voulait être éducateur spécialisé, mais le 22 octobre 2013, à tout juste 18 ans et après quelques mois passés à la faculté de sport de Besançon, il est parti pour la Syrie, laissant ce mot dactylographié à ses parents : "Papa, maman, je suis parti aider les Syriens et les Syriennes, mais ne vous inquiétez pas, je vous donnerai des nouvelles dès que possible. Je vous aime". "Au début, on pensait qu'il était allé rejoindre une association humanitaire, c'était l'époque où la population syrienne était contre Bachar Al-Assad", le président syrien, raconte son père, 52 ans, ouvrier chez Eurosérum.

"Il nous envoyait des mails, mais il ne nous a jamais parlé de combats. Il disait qu'il s'occupait d'enfants syriens, qu'il leur apprenait à jouer au foot", se souviennent ses parents. Mais ils avaient fini par comprendre que leur fils avait probablement rejoint un groupe jihadiste. Et se demandaient si un jour, ils ne le découvriraient pas "les armes à la main sur internet". Ce fut pire.

"J'ai tout de suite reconnu mon fils, ça a été un choc"

Vendredi, le groupe Etat islamique (EI) a annoncé que "Abou-Talha al-Faransi", passé en Irak, était décédé dans une attaque menée à l'aide d'un camion piégé contre une caserne de miliciens chiites près de la base militaire de Speicher, dans la province de Salaheddine (centre), à 160 km de Bagdad.

Sur internet "j'ai tout de suite reconnu mon fils, ça a été un choc", confie Marie-Agnès, une aide-soignante aux cheveux bruns et bouclés, âgée de 54 ans."De mon garçon, un ange, ils ont fait un monstre", lâche-t-elle.

"On ne sais pas comment il a été endoctriné"

Son fils a commencé à changer lorsqu'il était en 1ère, au lycée Édouard Belin de Vesoul. Les notes de Pierre, qui avait jusqu'alors toujours été bon élève, ont baissé. Il s'est laissé pousser le bouc et a commencé à changer de tenue vestimentaire. C'est à cette époque aussi que, catholique par baptême, il a dû se convertir à l'islam, bien qu'il ait peu abordé le sujet avec ses parents. A son père qui cherche à le mettre en garde, il répond: "Ne t'inquiètes pas, tu as une mauvaise image de l'islam".

"On ne sait pas comment il a été endoctriné. Il avait 17 ans, on pensait qu'il faisait juste sa crise d'adolescence, qu'il avait besoin de se démarquer de nous et que ça lui passerait", dit le père de famille, les yeux tristes.

"À l'époque, on ne parlait pas encore des départs pour le jihad et l'ampleur médiatique n'était pas la même qu'aujourd'hui", souligne Gérard Choulet, qui aurait aimé avoir un "numéro Vert à appeler" pour faire face à la radicalisation de son garçon.

"Il a sûrement fait une mauvaise rencontre à Vesoul, au mauvais moment... Ces gens sont très doués pour chambouler un esprit", note son père qui se dit "démuni" mais "sans haine" face à l'acte "horrible" perpétré par Pierre Choulet: "C'est un geste incompréhensible, déjà quand c'est un inconnu qui le fait, alors quand c'est votre propre fils…"

(Avec AFP)

Regardez le reportage de  LCI avec le témoignage des parents de Pierre

Info + 

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait fait état en janvier de la mort de 73 Français "sur le théâtre d'opérations terroristes" en Syrie et en Irak.  La guerre en Syrie attire des combattants étrangers à un rythme "sans précédent", estime l'administration américaine, qui chiffre à 20 000 le nombre de ces combattants. Leur profil est très variable, mais "nous estimons qu'au moins 3400 de ces combattants étrangers viennent de pays occidentaux, dont 150 Américains", selon Nicolas Rasmussen, le directeur du Centre national anti-terroriste (NCTC) américain. (AFP)

Damien

Votre météo avec

Evénements de port-sur-saone