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Soins: de la maltraitance à la bientraitance, il y a encore plusieurs pas...

Véronique Ghadi a dressé un tableau très réaliste de la maltraitance au quotidien dans les établissements de santé ©carvy - cliquez sur l'image pour agrandir
Beaucoup de monde ce vendredi à Besançon-Micropolis pour participer aux états généraux de la bientraitance en Franche-Comté. Fil conducteur de la journée : « cultiver le prendre soin » dans les établissements de santé.

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On ne dit plus mobilisation contre la maltraitance, mais mobilisation pour la bientraitance… il faut positiver. La journée de travail organisée par le Réseau qualité des établissements de santé de Franche-Comté (REQUA) a toutefois été l’occasion de mettre à plat devant quelque 500 professionnels de la santé ce que peut recouvrir  au quotidien « la maltraitance ordinaire » dans les établissements de santé.

La sociologue Véronique Ghadi, chef de projet développement de la certification à la Haute autorité de la santé, a travaillé sur le sujet avec comme objectif de « renforcer la question des droits des patients ». « La maltraitance ordinaire, c’est celle que l’on ne retrouve pas devant les tribunaux », a précisé l’intervenante qui a établi son constat à partir de témoignages de patients, de proches, mais aussi de professionnels.

Sentiment de soumission du malade

Un constat qui sépare la maltraitance du fait des professionnels de santé et celle qui incombe aux hôpitaux. Le respect de la dignité des malades, la prise en charge de la douleur sont des thèmes qui reviennent souvent dans un contexte d’attentes fort au niveau disponibilité du personnel et au niveau de la personnalisation de la prise en charge. Véronique Ghadi a par exemple évoqué « les discussions d’ordre privées entre professionnels devant le patient » ou « les professionnels qui n’entendent pas ce que disent les malades sur les effets des traitements ». « Tout cela renforce le sentiment de soumission du malade ».

La sociologue a également décrit la culpabilisation que les professionnels de santé font parfois peser sur les proches en terme de responsabilité, certains allant jusqu’à des représailles par des interdictions de visite d’une mère à son fils pendant une semaine.

Autre aspect de la maltraitance, « le rythme de l’hôpital qui s’impose au malade ». « C’est Versailles à 4h du matin. Plein feux, on réveille tout le monde en claquant des talons». Qui n’a pas vécu cette situation lors d’une hospitalisation ? Ou les attentes aux urgences ? « Vous avez de la chance vous n’avez attendu qu’une heure… ». Et que dire des changements de programmation des examens médicaux sans prévenir les proches qui s’étaient organisés en fonction du planning initial…

« La question économique est également très présente, notamment au niveau de la sortie décidée parfois sur des arguments économiques », a poursuivi Véronique Ghadi pointant aussi la tardicité du rendu des examens, l’absence de réponse au courrier, voire des réponses inadaptées ».

La qualité de vie au travail des soignants

Le fait d’évoquer cette maltraitance ordinaire sans tabous est plutôt rassurant. On n’est plus dans le déni et malades et proches, qui sont des « acteurs incontournables », le valent bien.

Sylvie Mansion, directrice de l’Agence régionale de santé (ARS), a salué « l’engagement de la Franche-Comté pour la qualité ». « Nous devons travailler à la prévenance, c’est un engagement qui nous honore ». La question qui se pose est simple a estimé de son côté le professeur Régis Aubry : « Comment dans un contexte économiquement contraint on peut maintenir la qualité des soins ? ». Une préoccupation qui en recoupe une autre, celle de la qualité de vie au travail pour les soignants eux-mêmes. Mieux ils seront traités, mieux ils pourront traiter.

redaction

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