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Tempête boursière en Suisse : les inquiétudes de l'horlogerie

© Kecko CC Flickr - cliquez sur l'image pour agrandir
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Une décision de la Banque Nationale suisse a provoqué une véritable onde de choc et une tempête boursière dans le pays. La BNS, qui supervise la politique monétaire du pays, a décidé d'abandonner une décision de 2011 de ne pas descendre le taux plancher du franc suisse en dessous d'1,20 €. Hier matin, le franc suisse s'échangeait à 0,85 CHF pour 1 €. Si mathématiquement, les revenus des frontaliers ont bondi de 25 à 30 %, les actions de grandes sociétés suisses ont plongé. Au-delà, cette décision fait craindre un risque de déflation...

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La décision surprise de la Suisse jeudi de ne plus intervenir sur les marchés a provoqué un séisme sur les marchés boursiers et des devises. La Bourse suisse a aussitôt plongé. Beaucoup d'entreprises suisses fortement exportatrices ont été mises en difficulté pour écouler leurs produits à l'étranger. L’industrie horlogère suisse exporte en effet près de 95 % de sa production vers les zones euro et dollars.

 La bourse suisse perd 9 %, puis 3 %

Les plus fortes baisses ont concerné les valeurs du luxe, telles que Swatch (Breguet, Longines, Tissot) ou Richemont (Cartier, Van Cleef....), qui ont vu leurs actions reculer respectivement de -16,35% (à 382,30 francs suisses) et -15,50% (à 74,95 francs suisses) . Du fait de la hausse du franc suisse, leurs produits sont devenus plus chers de 20 à 30% pour les étrangers. En clôture la Bourse suisse perdait 9% jeudi et ce vendredi matin, elle chutait à nouveau de plus de 3%...

Surprise et inquiétude de l'industrie horlogère

Ce revirement de la BNS sans mise en garde préalable a surpris les marchés financiers. Il y a quelques jours encore, elle réaffirmait qu'elle n'abandonnerait pas le taux plancher. "Nous sommes surpris de cette décision et très inquiets quant à ses conséquences sur notre industrie", a déclaré Jean-Daniel Pasche, le président de la fédération de l’horlogerie suisse. "Même si les cours peuvent encore évoluer ces prochains jours, il est fort à craindre que le franc va rester fort et pénaliser notre branche (…) Nos principaux marchés européens comme l’Allemagne et la France accusent déjà de fortes baisses…"

Bonne opération pour les frontaliers ?

Les dizaines de milliers de frontaliers français, italiens ou allemands, qui traversent chaque jour la frontière pour travailler en Suisse, sont les grands gagnants de l'opération. En un instant, leur revenu mensuel a progressé de 30%. "Pourvu que ce taux de change tienne jusqu'à la fin du mois, quand je serai payée", déclarait une française frontalière travaillant à Genève. Reste que si l'industrie dévisse, les travailleurs frontaliers seront certainement les premiers touchés en cas de baisse de l'activité. 

Certains analystes estiment que décision protectrice de la BNS est liée à la décision de la BCE (banque centrale européenne) de lancer une vague de rachat des dettes souveraines la semaine prochaine (le 22 janvier ?) et donc en injectant de nouvelles liquidités dans le système monétaire. C'est ce qu'on appelle concrètement faire marcher la planche à billets. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'euro baisse depuis plusieurs mois maintenant. Mais c'est le risque de déflation qui plane désormais sur la zone euro.  Monnaie forte ou reprise économique, il faut choisir… 

Damien

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