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Les pantoufles de Lichtenberg

Marcel Mariën, L'Introuvable, 1937 © Adagp - cliquez sur l'image pour agrandir

Date

Mercredi 19 Février 2014 20h00

Lieu

Frac Franche-comté
Besançon
allez-y en BUS

Site internet

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Conférence / Signature  - Emmanuel Guigon autour du livre Sur l’objet surréaliste /Emmanuel Guigon & Georges Sebbag, édition Presses du réel, 2013. 

« Il avait donné des noms à ses deux pantoufles ». Cet aphorisme de Georg Christoph Lichtenberg  (1742-1799) souligne l’attachement à certains objets que l’on regarde comme des personnes ou des animaux de compagnie. Les objets surréalistes, y compris les objets trouvés, sont agrémentés d’un titre qui les singularise.

En 1936, par exemple, Meret Oppenheim invite à prendre le thé ou le café dans un service recouvert de fourrure. À ceux qui ont apprécié Le Déjeuner en fourrure, elle recommande Ma gouvernante, deux escarpins ligotés comme un gigot, les talons mis en l’air. Plusieurs questions se posent. Ayant acquis son indépendance, l’objet surréaliste n’a-t-il pas coupé les ponts avec son créateur ? N’échappe-t-il pas aux classifications conventionnelles ?

N’appartient-il pas plutôt à une famille d’objets hétérodoxes, tels les boules de neige ou les mannequins, les objets à fonctionnement symbolique, les poèmes-objets, etc. ? Ne faut-il pas le considérer comme un hiéroglyphe dont on n’a pas la clé ? A-t-il une âme et possède-t-il la parole ? Peut-il être à la fois sujet et objet ? N’est-ce pas par son œuvre, par ses objets, qu’on juge un artiste ? Un objet surréaliste est-il une créature vivante, une marchandise, une signature, un brevet déposé ? Lichtenberg, sans l’appui de ses deux pantoufles, aurait-il jamais imaginé le lit mobile pour pouvoir parcourir la chambre dans la nuit, le corbillard pour douze cadavres,  le carrosse muni d’un rétroviseur et d’un ressort permettant d’éjecter un passager indésirable, le couteau sans lame et sans manche, l’instrument pour se trépaner facilement soi-même, le livre de cantiques pour bègues, la potence avec paratonnerre ?

Ce dernier objet  -qui doit permettre d’éviter au condamné à mort d’être électrocuté en montant vers l’échafaud- a été réalisé grandeur nature par Wolfgang Paalen, en 1938, dans le cadre de l’Exposition internationale du surréalisme. Pour les surréalistes, les objets seraient de parfaits paratonnerres, des conducteurs de foudre par temps calamiteux. 

Emmanuel Guigon est le directeur du musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon.

Entrée libre

frac.
manifestation, concert, exposition, conférénce, etc.

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