Face à sa belle-mère, Jonathann Daval craque et avoue à nouveau le meurtre d’Alexia

Publié le 07/12/2018 - 16:18
Mis à jour le 07/12/2018 - 17:06

Coup de théâtre • Lors de la troisième confrontation de la journée, face à la mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, Jonathann Daval a craqué. Il s'est agenouillé et a imploré le pardon de sa belle-mère après avoir de nouveau avoué le meurtre de sa femme après une dispute conjugale. Au début de l'été, l'informaticien était revenu sur ses aveux. Il accusait du meurtre le beau-frère d'Alexia, Grégory Gay, couvert par un "pacte secret familial".

Jonathann Daval a de nouveau avoué être le meurtrier de sa femme Alexia, craquant lors d’une confrontation avec la mère de la victime vendredi au tribunal de grande instance de Besançon, a annoncé le procureur de la République Etienne Manteaux.  

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« Monsieur Daval s’est réfugié dans son déni pour, au bout d’une heure et quart, une heure vingt de confrontation, s’effondrer en sanglots et avouer finalement qu’il avait donné la mort à Alexia Daval« , a déclaré le procureur de Besançon devant la presse.

Soulagée

« Je suis soulagée« , a réagi Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia Daval, expliquant qu’elle avait « amené une photo d’Alexia et du chat Happy (le chat du couple, NDLR) ce qui a permis de déclencher la vérité« . « (J’ai) bien insisté sur le fait qu’on l’a aimé pendant dix ans et qu’il fallait qu’il se libère de ce carcan de déni dans lequel il était et ses accusations contre Grégory et Stéphanie tellement odieuses« , a-t-elle ajouté.

« Un accident »

Selon le procureur, après ses aveux, Jonathan Daval « s’est mis à genoux devant sa belle-mère, manifestement pour solliciter son pardon« . « Sa version reste assez voisine de celle qu’il avait livrée lors de sa garde à vue, puis en mars 2018 devant le magistrat instructeur », a-t-il poursuivi. « Il continue à dire qu’il n’a jamais eu l’intention de donner la mort à Alexia Daval » et « parle toujours d’un accident« , affirmant « que sa femme a fait une crise (et) qu’il n’a absolument pas prémédité son geste« .

Toujours selon le procureur, l’informaticien de 34 ans a assuré que « tout s’est passé très vite » au retour « d’un repas passé chez ses beaux-parents, qu’elle lui fait des reproches, qu’ils se disputent, que des coups sont échangés« .

La confrontation avec la mère d’Alexia avait été précédée dans la matinée de deux autres confrontations au cours desquelles il avait maintenu ses accusations à l’égard de sa belle famille.

Après avoir avoué une première fois le meurtre commis fin octobre 2017, Jonathann Daval était revenu sur ses aveux en juin pour accuser son beau-frère Grégory Gay d’en être l’auteur et sa belle-famille d’avoir conclu un « pacte secret » pour lui faire porter le chapeau. Il a encore maintenu cette version face à Grégory Gay lors de la première confrontation vendredi en début de matinée, tout comme lors la deuxième avec Stéphanie Gay, soeur d’Alexia, en fin de matinée avant donc de craquer face à la mère de son épouse.

Du fait de ses aveux, la dernière confrontation qui était prévue entre Jonathann Daval et son beau-père, Jean-Pierre Fouillot, a été annulée.

Pour la première fois depuis ses aveux fin janvier, l’informaticien de 34 ans a croisé le regard des parents d’Alexia, Isabelle et Jean-Pierre, de sa sœur et de son beau-frère, Stéphanie et Grégory. Quatre confrontations successives qui débuteront à 9h, dans le cabinet du juge d’instruction au tribunal de Besançon. Jonathann Daval rencontrera,  dans l’ordre Grégory Gay, le beau frère d’Alexia, puis Stéphanie, la femme de Grégory Gay. Deux autres confrontations sont ensuite programmées en début d’après-midi  avec les parents d’Alexia, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot.

Ils ont pleuré ensemble quand Alexia, 29 ans, a été retrouvée morte étranglée avant qu’il n’avoue le crime puis se rétracte et les accuse : Jonathann , le mari d’Alexia, est confronté vendredi, à sa belle-famille, un moment de vérité.

Jonathann Daval, principal suspect du meurtre de sa femme Alexia, a maintenu sa version lors des deux premières confrontations avec sa belle-famille, organisées vendredi matin au tribunal de grande instance de Besançon, a indiqué son avocat, Me Randall Schwerdorffer. « Il n’en est strictement rien ressorti (…). Il n’y a eu, en l’état, aucun changement de version de part et d’autre. Tout le monde a maintenu ses déclarations. Donc pour l’instant, il n’y a rien qui a évolué dans le dossier », déclaré l’avocat devant la presse à la mi-journée lors d’une courte pause.

L’informaticien de 34 ans a été confronté dans la matinée à son beau-frère Grégory Gay puis à la soeur d’Alexia, Stéphanie Gay, dans le cabinet du juge d’instruction Rodolphe Uguen-Laithier. Jonathann Daval, qui avait avoué le meurtre de sa femme lors de sa garde à vue en janvier, s’était rétracté en juin pour accuser son beau-frère d’en être l’auteur et sa belle-famille d’avoir conclu un « pacte secret » pour lui faire endosser ce crime.

« On n’a pas beaucoup avancé, c’est le moins qu’on puisse dire », a abondé Me Gilles-Jean Portejoie, conseil des époux Gay. Ceux-ci, tout comme les parents d’Alexia qui doivent être confrontés à leur tour à Jonathann Daval en début d’après-midi ont vigoureusement rejeté ces assertions.

Tous quatre parties civiles, ils n’ont été aucunement inquiétés par la justice depuis que l’informaticien les accuse et avaient eux-mêmes demandé à être confrontés avec lui. Selon Me Schwerdorffer, les premières confrontations se sont déroulées « tout à fait courtoisement »« Tout le monde était très tendu, très angoissé, mais chacun était très correct et s’est exprimé sans s’agresser, sans animosité particulière », a-t-il enchaîné.

Maintien du « complot familial »

Incarcéré à la maison d’arrêt de Dijon, depuis sa mise en examen pour « meurtre sur conjoint », Jonathann Daval est arrivé à l’abri des regards  à 9h au palais de justice de Besançon dans une voiture banalisée. De nombreux journalistes étaient présents. La belle famille du mari d’Alexia est arrivée à 9h25. La mère de Jonathann, Martine Henry, était également sur place pour être son fils « par la pensée« .

 

Les quatre confrontations successives se déroulent dans le bureau du juge d’instruction au tribunal de Besançon. Elles interviennent huit jours après un interrogatoire qui a vu Jonathann D. maintenir sa version d’un « complot familial » ourdi selon lui par sa belle-famille, pour couvrir un meurtre dont il accuse désormais Grégory Gay d’être l’auteur. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un face-à-face, puisque les protagonistes de l’affaire seront côte à côte devant le juge d’instruction qui posera les questions, avec leurs avocats respectifs entre eux.

« Dans un sens ou un autre, ce sera un tournant décisif. Sans doute la dernière occasion de connaître la vérité », a déclaré Me Jean-Marc Florand, l’avocat des parents d’Alexia, à L’Est Républicain.

Du côté de la défense, Me Randall Schwerdorffer s’attendait à « un moment extrêmement tendu, lourd en tensions émotionnelles ». « Le moment où ils seront mis en présence va être à mon sens un moment clé de ce dossier et nous n’excluons rien au moment des confrontations ».

Selon la dernière version de l’informaticien, qui avait d’abord affirmé que sa femme avait disparu lors d’un jogging avant d’avouer une dispute à l’issue dramatique, l’altercation aurait eu lieu non dans la maison du couple à Gray-la-Ville (Haute-Saône), mais chez ses beaux-parents. Toute la famille aurait ensuite conclu un « pacte secret » pour taire les faits.

Depuis ces accusations formulées fin juin et renouvelées la semaine passée, les quatre membres de la famille d’Alexia n’ont été aucunement inquiétés, conservant leur statut de parties civiles.

Ce sont eux qui ont réclamé de se retrouver face à celui qui a pleuré la disparition de sa femme pendant des mois sur leurs épaules avant d’être arrêté.

« De deux choses l’une : ou un coup de théâtre survient et Jonathann consent à nous dire ce qui s’est réellement passé, ou rien ne se passe et c’est l’enlisement quasi assuré du dossier », considère Me Florand, dans L’Est Républicain.

Médicaments puissants

Selon une source judiciaire ayant eu accès au dossier d’instruction, « l’ensemble des investigations diligentées convergent toutes vers Jonathann D. », quoi qu’il en dise.

Mais il reste les déclarations de l’informaticien et des inconnues dans le meurtre de la jeune employée de banque, sur ses relations avec son mari, la personnalité de celui-ci ou encore les circonstances dans lesquelles son corps en partie brûlé a été déposé dans un bois. Si une reconstitution des faits est exclue, un déplacement du suspect sur ces lieux est envisagé.

Placée sous le feu des projecteurs dès la disparition d’Alexia, survenue en pleine affaire Weinstein et débat sur les violences faites aux femmes – l’an dernier, 130 femmes sont mortes en France sous les coups de leur compagnon, leur petit ami ou leur ex-conjoint, soit une tous les trois jours- , « l’affaire D. » est alimentée depuis par moult rebondissements et fuites dans la presse.

Dernière en date : des analyses toxicologiques révélant qu’Alexia D. avait absorbé un somnifère et un antalgique opiacé, des médicaments ne cadrant pas avec ses efforts pour avoir un enfant. Aurait-elle été droguée ? Les avocats des parties civiles le laissent entendre, au grand dam de ceux de la défense.

(AFP)

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