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97e congrès des maires : pourquoi ils saturent…

Publié le 25/11/2014 - 18:07
Mis à jour le 26/11/2014 - 17:07

Jacques Pélissard,  le maire UMP de Lons-le-Saunier vient de passer la main non sans émotion à François Baroin après 10 ans à la tête de l'AMF (association des maires de France) à l'occasion du 97e congrès des maires qui s'est ouvert Porte de Versailles sur fond de morosité ambiante et d'une baisse des dotations de l'État...

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Jacques Pélissard passe la main à François Baroin après 10 ans à la tête de l'AMF © Arnaud Février / AMF
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12.000 participants, Plus de 7.000 maires et présidents d'intercommunalités présents, le 97e congrès des maire s'ouvre sur une nouvelle ère, avec l'élection à la présidence de l'Association des maires de France (AMF) de François Baroin, maire UMP de Troyes qui succède à Jacques Pélissard. Le maire de Lons-le-Saunier a reçu une véritable standing ovation à l'issue de son dernier discours après dix années de présence à la tête de l'AMF.

La dizaine de ministres dont le premier d'entre eux, Manuel Valls, qui interviendra lors de la clôture jeudi du congrès, vont devoir faire face à une salle de mauvaise humeur. "Il y a un sentiment de ras-le-bol de l'ensemble des élus. Il ne m'étonnerait pas que vous en entendiez parler au moment du congrès", a affirmé André Laignel (PS), numéro deux de l'AMF.

 Se serrer la ceinture … toujours plus

Du côté de l'État, on est passé progressivement depuis 2012 de la célébration du "pacte de confiance et de responsabilité" avec les collectivités territoriales à des appels toujours plus insistants à se serrer la ceinture. A Besançon, le maire, Jean-Louis Fousseret alertait le gouvernement dès le mois de juin et explique que la baisse des dotations de l'état pour la période 2014-2017 avoisine les 11,5 millions d'euros.

Il faut dire que le gouvernement n'y est pas allé de main morte: 12,5 milliards d'euros de dotations en moins d'ici 2017 (dont - 1,5 depuis le 1er janvier). L'AMF a eu beau faire voter par plus de 13.000 assemblées locales une motion dénonçant "la brutalité" de ces coupes, les députés les ont votées.

Cela passerait peut-être si le gouvernement ne continuait d'augmenter les charges des collectivités territoriales (+1,3 md EUR en 2013 selon la Cour des comptes): revalorisation salariale de la grande masse des fonctionnaires territoriaux (la catégorie C), hausse de la cotisation retraite des employeurs, réforme des rythmes scolaires.. 

C'est "l'effet ciseaux" (moins de recettes, plus de dépenses) constamment rappelé par M. Pélissard et ses pairs, qui s'inquiètent d'une chute des investissements et de ses conséquences (les collectivités assurent 70% de l'investissement public).

La reconduction, gagnée de haute lutte, du fonds d'aide à la mise en place d'activités périscolaires liée à la réforme des rythmes, est l'une des rares bonnes nouvelles pour les élus.

Ils se décernent volontiers un brevet de bonne administration. "Nous respectons la règle d'or: nous n'empruntons que pour investir", à la différence de l'Etat qui s'endette aussi pour payer ses dépenses courantes, rappelle M. Pélissard. Et puis, "nous sommes le dernier rempart contre le délitement social du pays", affirme Philippe Laurent (UDI), vice-président de l'AMF.

La colère après le rapport de la Cour des comptes

Mais c'est aussi le rapport de la Cour des comptes sur les finances locales, au mois d'octobre, qui  a mis les maires au comble de l'exaspération. Les magistrats leur reprochaient de n'avoir "pas apporté la contribution attendue à la réduction des déficits publics", à cause d'une progression trop rapide des frais de personnel (+3,1% en 2013). Depuis, la colère n'est pas retombée. "Nous n'avons pas de leçon à recevoir de qui que ce soit", a répliqué le président de l'AMF Jacques Pélissard (UMP), réputé pour sa modération et qui achève son troisième et dernier mandat. "Maintenant, ça suffit! On est des grands garçons, on sait ce qu'on a à faire", a renchéri André Rossinot, président (UDI) du Grand Nancy et secrétaire général de l'association.

Les Unes de la presse - hebdomadaire, surtout - sur "la gabegie" qui régnerait à l'échelon local n'ont cessé d'échauffer les esprits. Le rapport de la Cour des comptes a été perçu comme "une dérive vers un gouvernement des juges" (M. Rossinot). Au point que le député PS Olivier Dussopt, à la tête de l'association des petites villes, a écrit à Manuel Valls pour le prier de "contribuer à tarir les discours populistes fustigeant la gestion locale".

Dans ce contexte défavorable, l'AMF privilégie son unité, meilleure garantie de son influence. En vertu d'un "accord de gestion", il n'y avait qu'une seule liste, mais pluraliste. François Baroin est élu président pour trois ans, André Laignel demeure premier vice-président délégué.

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