Barbara Romagnan redore "les 35 heures"

Publié le 10/12/2014 - 10:36
Mis à jour le 23/04/2019 - 17:14

Alors que le fringant ministre de l'Économie Emmanuel Macron plaiderait bien pour plus de souplesse du temps de travail, la députée PS frondeuse du Doubs estime au contraire dans un rapport que les 35 heures ont été "efficaces" contre le chômage et "moins coûteuses" que les autres politiques de l'emploi. Sans aller jusqu'à défendre les 32h, Barbara Romagnan plaide toutefois pour de nouvelles mesures de réduction du temps de travail.

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« les 35h ont été efficaces »

Son rapport, qui sera rendu public la semaine prochaine, a conclut ce mardi 9 décembre 2014 les travaux de la commission d'enquête sur "l'impact de la réduction progressive du temps de travail", a été approuvé à la mi-journée par 12 voix contre 4.

"Au regard des chiffres du chômage que la France connaît actuellement, le rapport remis aujourd’hui se veut une analyse apaisée des opportunités en matière d’emploi que présente la politique de réduction du temps de travail" explique Barbara Romagnan sur son site internet.

"Moins cher que les exonérations de cotisations sociales sans condition..."

Selon Barbara Romagnan, les 35 heures ont été la "moins coûteuse" des politiques en faveur de l'emploi: "2,5 milliards d'euros pour l'administration et 2 milliards d'euros pour les entreprises, soit 12.800 euros par emploi créé". "Moins cher que les exonérations de cotisations sociales sans condition", souligne la députée PS  frondeuse. 

Par ailleurs, la mesure a également "favorisé l'égalité homme femme", estime-t-elle, "en permettant aux pères de jeunes enfants de leur consacrer plus de temps" et "en freinant la progression du temps partiel, qui touche surtout les femmes".

"Certains salariés n'ont pas bénéficié des 35 heures"

La députée concède toutefois que "certains salariés n'ont pas bénéficié des 35 heures". Parmi les "oubliés" des 35 heures: les "salariés des entreprises de moins de 20 salariés", les "cadres au forfait jours", ou encore les "employés des hôpitaux". Parmi eux, beaucoup ont vu leurs conditions de travail "s'intensifier". "Les femmes à temps partiel et les femmes peu qualifiées sans d'enfants ont été les plus touchées", déplore-t-elle. Mais "fondamentalement, les 35 heures n'ont fait qu'accentuer des travers qui existaient préalablement dans des secteurs où le temps de travail était déjà très partiel et flexible", affirme-t-elle.

La réduction du temps de travail :  "une solution"

"Entre 1997 et 2002, on a connu la période pendant laquelle le chômage a le plus baissé", de 10,8% à 7,8%, souligne la députée. "Pendant ces cinq années, il y a eu 2 millions de créations d'emploi. C'est la période où le nombre d'emplois par point de croissance est la plus forte de toute l'histoire (…) Ces bons chiffres coïncidaient avec une période de croissance que la France n'a plus connue depuis. Mais on ne peut pas attribuer ces bons chiffres à la seule croissance", estime Mme Romagnan, qui cite un chiffrage de l'Insee évaluant à 350.000 les créations d'emploi liées aux 35 heures. La durée légale du travail est passée de 39 à 35 heures après les lois Aubry de 1998 et 2000. Sujet récurrent, elle a refait polémique récemment, quand le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a plaidé pour plus de souplesse. 

Pour la députée, la réduction du temps de travail reste "une solution" face à la crise actuelle. Mais selon elle, il ne faut plus penser ce type de mesures sur une base quotidienne ou hebdomadaire, comme pour les 35 heures. "Je ne défends pas les 32 heures, assure-t-elle. Je défends plutôt une espèce de compte épargne temps dans lequel on puisse mettre des jours pour les utiliser à d'autres moments de sa vie."

(avec AFP)

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