La Bourgogne-Franche-Comté s'oppose au projet régional de santé de l'ARS

Publié le 10/04/2018 - 18:03
Mis à jour le 12/04/2019 - 13:41

La Bourgogne-Franche-Comté s'est prononcée mardi 10 avril 2018 contre le projet définissant les grands axes de sa politique de santé pour 2018-2022, face à la situation "extrêmement préoccupante" de certains territoires ruraux, notamment en termes d'accès aux urgences.

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Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne Franche-Comté ©Alexane Alfaro
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L’avis du conseil régional, qui n’a qu’une valeur consultative, a été adopté à l’unanimité des élus, qui ont interpellé longuement le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS), Pierre Pribile, venu présenter le document. La présidente PS du conseil régional, Marie-Guite Dufay, a dénoncé les propositions « dramatiquement insuffisantes » de son projet régional de santé (PRS).

« Il ne faut pas fragiliser les services d’urgence, qui sont malheureusement les seuls lieux d’accès permanent aux soins connus par le public », a notamment plaidé Mme Dufay, indiquant qu’il faudrait « 240 médecins généralistes, 880 infirmiers et 1.000 médecins spécialistes supplémentaires pour revenir dans la moyenne nationale ».

Les conseils départementaux de Côte-d’Or, de l’Yonne ou encore de la Nièvre se sont déjà prononcés à l’unanimité contre le projet de l’ARS

Les conseillers régionaux se sont fait l’écho des inquiétudes sur les fermetures de services d’urgence, de maternités ou encore de services de chirurgie, qui agitent plusieurs départements de la région. Les conseils départementaux de Côte-d’Or, de l’Yonne ou encore de la Nièvre se sont déjà prononcés à l’unanimité contre le projet de l’ARS, après certains conseils municipaux, comme celui d’Autun (Saône-et-Loire), commune de 14.000 habitants inquiète pour le devenir de son hôpital.

Le directeur de l’ARS s’est dit prêt à travailler à un dialogue avec les collectivités

L’ARS, dont le directeur s’est dit prêt à travailler à un dialogue avec les collectivités, « étudiera l’ensemble des propositions formulées et en tiendra compte pour arrêter d’ici la fin du premier semestre une version finale du PRS », a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’agence. « L’enjeu n’est pas d’émettre un avis favorable ou défavorable mais de participer à la construction de ce document en émettant un avis circonstancié et en formulant des propositions d’amendement de ce document », a ajouté la même source.

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Parmi les sujets soulevés mardi au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté figuraient les inquiétudes sur le devenir des urgences de nuit à Clamecy, dans la Nièvre, qui avaient poussé plus de 70 élus, dont 35 maires, à remettre leur démission fin février au préfet. Préoccupations partagées par d’autres territoires, alors que l’ébauche du projet régional de santé recense six structures d’urgences dont l’activité est inférieure à 11.500 passages annuels: Clamecy, Decize (Nièvre), Gray (Haute-Saône), Tonnerre (Yonne), Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or) et Saint-Claude (Jura).

L’ARS a garanti début avril qu’aucun de ces services ne fermerait, mais que certains seraient réorganisés. Les urgences de nuit à Clamecy et à Tonnerre, notamment, devront fonctionner avec un seul médecin assurant « à la fois les sorties SMUR (service mobile d’urgence et de réanimation) et l’accueil des quelques patients ».

(Source : AFP)
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