Le Belvédère

Publié le 04/01/2015 - 20:23
Mis à jour le 04/01/2015 - 20:24

Victoire du Belvédère en Itazle, dans les Abruzzez. Histoire du 4è Régiment de Tirailleurs Tunisiens, dont le 2è Btaillon fut décimé lors de l'attaque du Belvédère sommet qui culmine à 862 mètres.

Ce fut la première victoire sur le continent européen arrachée après d'âpres combats.

BENMOSBAH Mosbah

4 B rue CHOPIN

25000 Besançon

courriel : benmosmos@yahoo,fr

 

Besançon, le 05 janvier 2014

 

 

 

 

Madame, Monsieur,

 

 

A l'approche de l'anniversaire de la première VERITABLE victoire française sur le continent européen contre les Nazis dans la deuxième quinzaine du mois de janvier janvier 1944 en Italie, dans les sommets des Abruzzes, lors de la seconde guerre mondiale, je vous adresse cet écrit relatant une partie infime de ce que fut cette victoire et quel prix elle fut acquise.

Cette victoire sur des terres « lointaines » permit à la France de reconquérir sa place de nation puissante, place qu'elle avait perdue lors de la débâcle de 1940.

 

Mon objectif est de rétablir l'histoire qui a été tue, oubliée et délaissée pour d'autres versions plus « cocorico ».

Tout ce qui est avancé dans ce récit est vérifié et vérifiable.

 

 

« L’emploi des potentiels métropolitains, leur mobilisation et surtout leur caractère opérationnel ne sont pas considérés comme une éventualité sérieuse, si ce n’est dans le long terme, au titre de l’amalgame et de la conscription…

Bien que reconstituée et dotée de matériels modernes, cette armée (la première armée française) haute en couleurs reste empreinte de traditions. Il n’en demeure pas moins que, pour les Allemands, l’armée d’Afrique incarne bien la véritable armée française aux régiments d’élite que sont les zouaves, les tirailleurs nord-africains, la Légion, les fusiliers marins, les bataillons de choc, les goumiers, les tabors et l’infanterie coloniale »

Jean-luc Susini professeur université Monpellier3

(institut d’études germaniques)

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                                                                    LE BELVEDERE

Avant propos :

 

On peut taire l’Histoire, mais on ne peut pas l’enterrer.

Quand l’oubli est voulu, décrété et mis en œuvre, on ne peut que parler d’ingratitude doublé de mépris pour ceux qui l’ont écrite avec leur sang pour redonner à la France sa place parmi les Puissances…qui on signé la capitulation nazie.

Les Tirailleurs nord-africains qui ont constitué la majeure partie de l’Armée d’Afrique ou la première Armée Française, qui se sont battus avec bravoure, abnégation et loyauté, alors qu’on savait l’état intérieur délabré de la France, n’ont pas été payés en retour pour leurs sacrifices et leurs souffrances; bien au contraire ils furent « clochardisés » à la fin de la guerre.

 

L’oubli était délibéré.

 

« Nous constatons tous les deux ( De Montsabert et De Lattre) que la consigne est donnée aux journaux de ne parler que de l’armée nouvelle F.F.I. et des alliés, rien ou si peu de l’armée française ».

« Le soir, visite -tardive- de De Lattre. Conversation au sujet du mot d’ordre de ne pas parler de l’armée française dans les journaux, à la radio, et ailleurs. Mot d’ordre officiel à coup sûr. Nous aurait-on trompée en Italie ? L’âme ne s’y tromperait pas longtemps ».

De Montsaber : Notes de guerre.

 

 

« Je ne sache pas, en effet, qu’il y ait dans les anales de l’armée française, au cours de toute son histoire, de fait d’armes plus éclatant, ni de plus sillonné d’éclairs d’héroïsme que celui accompli par le 4è tunisien au Belvédère. Le nom est aujourd’hui inscrit en lettres d’or sur son glorieux drapeau et il est passé dans la légende »

Maréchal JUIN

(Mémoires)

 

L’Histoire de ceux qui ont défendu l’honneur de la France :

 

« Fissa…Fissa…zidou el goudam…Andek le trou… »

« Vite…Vite…En avant…Attention au trou… ».

Ce sont les commandements en arabe répétés dans la colonne des soldats montant à l’assaut du piton du Belvédère, dans les Abruzzes en Italie.

C’était dans la nuit du 24 au 25 janvier 1944.

 

 

Ainsi commence le récit de ce qui deviendra la première véritable victoire sur les Nazis en Europe, relatée par René CHAMBE, général français, aviateur et écrivain, dans son livre « Le Bataillon du Belvédère ».

 

Les troupes américaines et anglaises étaient déjà à pied d’oeuvre à la base de la chaine montageneuse des Abruzzes qui leur barrait la route vers Rome, et où les Allemands avaient fortifié leurs positions, attendant « tranquillement » sur les sommets d’où ils dominaient les plaines et surveillaient les mouvements des troupes alliées.

Les Américains et les Anglais qui étaient pourtant bien équipés, trop équipés diront certains, piétinaient au pied des ces montagnes et s’embourbaient dans la boue qu’un hiver pluvieux avait rendue collante. Les vagues humaines que le Général américain Clark envoyait à l’assaut se faisaient massacrer et décimer par l’ennemi bien établi dans ses bunkers et profitant de sa position stratégique.

Les Allemands n’ont pas manqué de railler et caricaturer ces échecs successifs des troupes ennemies, faisant publier une caricature représentant un escargot avançant sur l’Europe avec sur ces antennes les drapeaux américain et anglais, et en commentaire « les Alliés libèrent l’Europe ».

Churchil, lui-même, railla les échecs répétés de ses troupes en s’exclamant: « Je croyais avoir de bons soldats, je m’aperçois que j’ai de bon chauffeurs », faisant référence à leur suréquipement, puisqu’il y avait un moyen de transport pour chaque groupe de trois soldats.

C’est dans ces conditions qu’arrive le C.E.F. (Le Corps Expéditionnaire Français) et son commandant, le Général Juin. Ce dernier arriva dans l’indifférence totale; aucun honneur, aucun représentant miltaire ne vint à sa rencontre; « la France ne comptait pas ».

Le CEF qui était constitué jusqu’à 80% de « musulmans » nord-africains, terme qu’on attribuait aux indigènes à l’époque, fut reçu avec une « condescendance aimable ». Il était constitué au départ de deux divisions: La 2ème division d’infanterie marocaine et la 3ème division d’infanterie algérienne, dont faisait partie le 4è Régiment de Tirailleurs Tunisiens dont le 2ème bataillon montera à l’assaut du Belvédère.

Bien que reconstituée et dotée de matériels modernes, cette armée (la première armée française) haute en couleurs reste empreinte de traditions. Il n’en demeure pas moins que, pour les Allemands, l’armée d’Afrique incarne bien la véritable armée française aux régiments d’élite que sont les zouaves, les tirailleurs nord-africains, la Légion, les fusiliers marins, les bataillons de choc, les goumiers, les tabors et l’infanterie coloniale »

Jean-luc Susini professeur université Monpellier3

(institut d’études germaniques)

Le Général Clark, malgré les réserves et les « critiques » du Général Juin, s’entêtait à attaquer l’ennemi de front, jetant des masses contre les flancs de les Abruzzes, perdant des divisions complètes, comme celle « Mexicaine ».

 

Le Français devait se plier aux décisions inappropriés de l’Américain et Juin lui déclara : 

« Les troupes françaises exécuteront loyalement vos ordres, tous vos ordres, comme elles l’ont toujours fait. Ce que vous leur demanderez aujourd’hui est d’une exceptionnelle difficulté , mais elles iront partout où vous leur direz d’aller…Elles attaqueront avec tout leur cœur, tout leur élan ! Elles ne ménageront ni leur peine, ni leur sang !

Vou pouvez compter sur elles ! ».

A quelle prix !?

L’ordre américain imposait aux Français d’attaquer les sommets du Belvédère à 862 mètres de hauteur !

800 mètres à escalader , en s’aidant des pieds, des mains avec toutes les armes et tout le chargement qu’un combattant montant au front emporte !!!

  • Monter là-haut, mon vieux c’est formidable !

  • Quand j’te dis qu’y nous prennent pour des z’oiseaux !

  • L’honneur du 4è Régiment de Tirailleurs Tunisiens (RTT) est engagé !

  • L’honneur de la France est en cause !

  • Considérez que l’honneur de votre bataillon (2è) est engagé !

Et des prodiges s’accompliront.

 

Cette nuit-là du 24 au 25 janvier 1944, les troupes qui montaient au front ployaient sous le poids de leurs chargements d’armes lourdes, de mitraillettes, de grenades, de munitions…Les courroies de cuir leur coupaient l’épaule, mais stoïques, personne ne se plaignait.

Il fallait descendre sur plusieurs mètres de dénivelé, tarversaer à gué une rivière glaciale avec l’eau jusqu’à la poitrine pour en sortir « gelés », les chaussures pleines d’eau, claquant des dents et entamer la partie la plus difficile, suivre un chemin de chèvre où la chute dans les ravins les guettait à chaque instant.

Arrivés à leur position d’attaque, face au Belvédère qui culminait à plus de 800 mètres, les hommes s’écroulèrent et dormirent dans la boue en attendant l’heure H, heure à laquelle l’Artillerie lourde commandée par le Colonel Radiguet, se trouvant dans la cuvette, ouvrira le feu, dès que le Général de Montsabert l’aura ordonné.

A 5h30, l’heure convenue, l’artillerie cracha son feu qui illumina le ciel.

Aux cris de La ilaha illa allah et Allah akbar, mélopée de guerre des Tirailleurs d’abord lente et grave puis précipitée puis furieuse, le 2ème bataillon se rua à l’attaque, jetant grenades et tirant sur les positions allemandes; ces derniers répondant par un tir nourri et en jetant leurs grenades à manches. Depuis le Cifalco un tir de flanc tomba sur les tirailleurs commandés par le capitaine Denée qui avait donné des instructions draconiennes, à savoir avancer sans s’occuper des blessés.

La montagne s’embrasa et à la levée du jour les combats faisaient rage, les tirailleurs perdant nombre d’entre eux.

Escalader la montagne n’est pas chose aisée, mais la monter en combattant et en subissant le feu de l’ennemi devient chose quasi impossible; mais pour ces hommes d’honneur, il ne fallait pas hésiter encore moins échouer.

Le capitaine Denée menait sa troupe quand il fut touché et grièvement blessé. Sans hésiter un instant, il passa le flambeau à El Hédi Ben Kacem Ben Battab, « A toi El Hédi » ce tunisien originaire de Kairouan. Conformément aux ordres de départ du blessé lui-même, on laissa le blessé là et El Hédi s’empara du revolver qu’il brandit et cria « A moi la 9ème… » et répétant l’ordre en arabe, il fonça vers la cote 470 qu’il fallait prendre coûte que coûte. El Hédi emmenait ses tirailleurs comme une locomotive qui tire son attelage de wagons.

Il pleuvait. « Tout est imprégné d’eau ».

Les tirailleurs étaient comme anesthésiés; plus de place à la peur par l’excès de danger. Tuer ou être tué.

Soudain un cri: « Les voilà…Les voilà…Chargez... »

On voit l’ennemi…enfin.

Des grenades volent, des claquements de mitraillettes, les baïonnettes sont mises en prévision des corps à corps, des hurlements sauvage et l’assaut féroce est lancé.

El Hédi fonçait à la tête de sa troupe le revolver haut. Une explosion! El Hédi continua ne se rendant pas compte qu’il venait de perdre son revolver en perdant la main par un éclat.

Le lieutenant Barelli le supplia de s’arrêter pour « aveugler » l’hémorragie.

« Le lieutenant El Hédi n’a cure de ces détails. Qu’importe son bras, on arrive, on va culbuter l’ennemi ! Il se jette au cœur de la mêlée ».

Le corps à corps était sans merci.

Dans la troupe allemande ainsi que dans celle des Tirailleurs, la fureur touche à la frénésie.

Le lieutenant El Hédi, maculé de sang, devient le drapeau vivant qui traine sa troupe et sème la terreur chez l’ennemi.

La cote 470 est prise de haute main. El Hédi demanda à Barelli d’envoyer la fusée pour informer la base de la prise de la cote.

Mais la dernière décharge ennemie a été meurtrière.

El Hédi s’écroule face au sol.

Il est 10H30.

Je cite les témoins:

« Alors, dans un effort qui frappe d’effroi tous les témoins de cette scène, le lieutenant El Hédi Ben Kacem Ben Battab, sentant monter jusqu’à son cœur le grand froid annonciateur, réussit à se redresser tout debout, et, faisant face à l’ennemi, il lance de toute sa voix un dernier cri :

-Vive la France !

Puis il s’écroule pour ne plus se relever.

C’est l’aspirant Koeltz qui le remplaça et avec ses tirailleurs repoussa à la baïonnette une contre-attaque allemande.

Tenir la cote à tout prix, cependant que les Allemands faisaient pleuvoir un déluge de feu sur cette position tenue par les maigres restes des tirailleurs. Là-haut le mètre carré vaut cher et demande des sacrifices de plus en plus importants. L’Allemand ne s’avoue pas vaincu.

La situation était critique et l’ennemi qu’on croyait battu et anéanti revient en force. Il fallait résister, s’accrocher à ce sol aride et pierreux, payer chaque centimètre avec des tonnes de souffrances.

Leur position devint désespéré. Les munitions manquaient, on lance des pierres…

Pour tous ceux qui restent baïonnettes aux canons.

Soudain, une clameur sourde semble monter à quelques mètres d’eux. Une clameur qui s’amplifiait glaçait le sang de l’ennemi.

Ce des tirailleurs menés par Bouakkaz qui venaient à la rescousse et qui criaient leur mélopée.

Dans cette bataille où se jouait et l’honneur et l’avenir de l’armée française méprisée par les Alliés pour sa défaite de 1940, les faits d’héroïsme et les exploits sont très nombreux et exaltants, mais l’espace de ce récit ne peut tout contenir. Néanmoins je voudrais citer le cas de BOUAKKAZ, ami d’El Hédi.

Apprenant sa mort, il pointa son doigt vers le sommet, objectif de l’attaque, et jura qu’il y sera le premier. Mais, il fut tué avant d’y arriver. Les tirailleurs, conscients de l’importance du serment en Islam, désignèrent deux des leurs qui le portèrent « assis » sur un fusil tenu de chaque bout par l’un d’eux.

Ainsi, il fut porté jusqu’à la cote 862, et avait atteint le « Belvédère ».

Inutile de préciser que le 2è bataillon du 4è Régiment de Tirailleurs Tunisiens, fut décimé.

Reconstitué, ce bataillon eut l’honneur d’avoir un de ses soldats qui a traversé le Rhin en premier.

Le CEF, après avoir conquis Rome et Sienne, débarqua ensuite en Provence, poursuivit l’ennemi jusqu’en Autriche en passant par le Rhône, la Franche-Comté, y libérant de nombreuses villes dont Belfort, se battit en Alsace; et, quand les Américains, ayant eu bruit d’une contre-attaque massive des Allemands, renoncèrent à défendre la ville de Strasbourg récemment libérée, c’est à la 3è division d’infanterie algérienne dont faisait partie le 4è Régiment de Tirailleurs Tunisiens, qu’on confia cette mission de défense.

Les Tirailleurs partirent nombreux et peu échappèrent à la mort. Cela permit à De Gaulle de ne pas accepter le dictat américain qui voulait faire de la France un pays vassal, comme ils l’ont fait depuis peu avec l’Irak mis sous tutelle américaine.

 

Malgré ces sacrifices, ils furent traités comme des « moins que rien », démobilisés et habillés avec de vieux uniformes allemands récupérés dans des dépôts,parqués telles des bêtes à Selestat et à Sainte-Marie.

Ce que fit dire à de Lattre de Tassigny qui les a commandés: « Au lieu de les renvoyer chez eux comme des héros, on les a envoyés déguisés en clochard ».

Mais ça ! C’est une autre Histoire !!!

 

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