Exposition Zoospective : des chimères à la Citadelle

Jusqu’au 15 juillet 2018, la Citadelle de Besançon accueille l’exposition de Mauro Corda sur la sculpture animalière. Entre chimères fantasques et froides réalités, la soixantaine d’œuvres s’adresse aussi bien à des curieux avides d’animaux mythiques qu’à un public averti, ouvert aux problématiques de nos amis les bêtes…

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On appelle ces bêtes des "chimères", des croisements provoqués par la main de l'Homme. Girafe-cerf, ours-morse, gorille-taureau, hyène porc-épic… A la Citadelle, où les animaux sont pourtant exotiques, ceux de Corda sont loin de passer inaperçus. Comme cette autruche-girafe de trois mètres, ou ce gorille-taureau qui se prélasse dans l'enclos des émeus. Par le bronze, le fer ou le plâtre, le sculpteur fait découvrir à son public de fantastiques animaux, seuls fruits de l'imagination humaine.

Une amusante étrangeté

A travers ces œuvres, Maura Corda se projette dans un inconnu "étrange", entre le bizarre et le drôle. Tantôt loufoques, tantôt douces, tantôt féroces et tantôt sauvages, ces créatures provoquent la réaction. Certaines impressionnent, d'autres font sourires. Elles nous plongent dans une réalité différente de celle qu'on connaît. Une réalité qui n'a pas l'air si lointaine, pas si difficile à atteindre ; et pourtant, une réalité si bizarre, si étrange, qu'on a du mal à la concevoir. Elle oscille entre le réalisme et l'impossible, mêlant malaise et amusement innocent. 

Entre bioéthique et environnement

Et c'est par ce sentiment de malaise que Corda tente de transmettre un message d'alerte et de prudence. "Et si ces bêtes se mettaient à exister, par la main de l'Homme ?" se demande invariablement le visiteur. "Voilà", lui répond le sculpteur, "voit ce qui peut être". Corda ne porte pas de jugement, il laisse l'observateur se faire son idée ; mais il pose la question du "Jusqu'où faut-il aller?" Certes, une girafe avec des bois de cerf peut paraître amusante ; mais si la science peut transformer la nature, faut-il nécessairement qu'elle le fasse ?

Une problématique d'actualité

Un livret de l'exposition présente ainsi les "chimères" crées par l'Homme : comme la "poule pékin", à laquelle les chercheurs ont rajouté des plumes aux pattes ; la "carpe Koï" dont les couleurs et motifs chatoyants sont le fruit de l'intervention humaine ; ou encore le "canard parapluie", canard à la forme drôle et incapable de voler. D'autres chimères de ce type, et même plus modifiées encore, peuvent être créées ; mais faut-il qu'elles voient le jour ? 

Corda en profite également pour dénoncer dans l'un de ses œuvres les plus récentes, "les suricates mazoutés", l'impact de l'Homme sur l'environnement. Mais malgré ces thèmes lourds qu'il aborde, le sculpteur reste à la portée d'enfants ou d'amoureux d'animaux, qui se plairont à admirer simplement les œuvres.

Un brin de mythologie

Les amoureux de mythologie - d'où proviennent ces fameuses chimères (le sphinx, le minotaure, la licorne, l'hippogriffe…) – seront heureux d'apprendre la thématique proposée par le musée de la Citadelle : l'exposition est disposée en "labyrinthe" et suit un "fil d'Ariane" via son livret de jeux annexes, pour que l'on s'y sente tel Thésée face au minotaure. Les plus curieux pourront ainsi y découvrir quelques secrets de la mythologie...  Même si le jeu le plus amusant de l'exposition reste encore le fait de deviner quels animaux ont été mélangés pour donner telle ou telle sculpture !

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