Législative partielle : l’UMP toujours divisé sur son attitude face au FN

Au lendemain de la victoire du socialiste Frédéric Barbier à la législative partielle de la quatrième circonscription du Doubs, l’UMP affiche des points de vue différents sur l’attitude à avoir face à la monté du FN.

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E. Philippe (UMP), proche de Juppé: le "ni-ni ne peut pas gagner"

Le ni FN-ni PS, prôné par l'UMP, "ne peut pas gagner", a lancé lundi le député UMP Edouard Philippe, proche d'Alain Juppé.

Le député-maire du Havre a critiqué sur RMC et BFM TV la position de l'UMP, qui avait appelé au vote blanc ou à l'abstention après son élimination au premier tour.
"Le ni-ni ne peut pas gagner. Ni-ni, c'est très bien, mais le dimanche soir à la fin de l'élection, il y a bien un élu". "Je crois qu'il faut faire barrage au Front National qui est un parti dangereux pour la France. Je le dis, j'assume et j'espère convaincre" même si cette position est "minoritaire au sein du bureau politique de l'UMP". "Dans notre pays, la droite ne gagne jamais sans le centre. Jamais" (...)

Le Maire: l'UMP doit "combattre" le FN "avec beaucoup plus de force"

L'UMP doit "combattre le Front National avec beaucoup plus de force" pour contrer la progression du parti de Marine Le Pen "qui semble inexorable", a déclaré le député UMP Bruno Le Maire lundi après la courte défaite du FN dans le Doubs.
"Il y a une progression qui semble inexorable du FN. Elle nous a fait perdre la présidentielle en 2012, elle nous fait perdre cette élection législative, elle nous menace pour les élections départementales et régionales et elle peut nous menacer encore plus aux élections nationales", a réagi Bruno Le Maire sur RTL.

Réaffirmant, comme au lendemain du premier tour, que ce scrutin devait servir "d'électrochoc à l'UMP", le député de l'Eure a prôné de "combattre le Front National avec beaucoup plus de force que nous ne l'avons fait jusqu'à présent".
 "Combattre le Front National, c'est d'abord reconnaître devant les électeurs que depuis trente ou quarante ans, nous n'avons pas fait le travail qu'attendaient les Français, nous n'avons pas résolu les problèmes, nous avons dégradé la parole politique à force de renoncements, de contradictions, d'approximations, de grandes déclarations jamais suivies d'effet pour combattre le chômage, aider les jeunes à trouver un emploi", a développé M. Le Maire.
"Il faut que la parole politique retrouve sa crédibilité, c'est la première manière de combattre le Front National. La deuxième façon, c'est aussi de dénoncer le comportement, les solutions du Front National", a insisté l'ancien  ministre de l'Agriculture.
"La sortie de l'euro" prônée par le FN, "ça vaut dire la ruine de tous les épargnants français", et la sortie de la politique agricole commune verrait les agriculteurs français "entraînés dans la chute du pays qui est le seul projet de Marine Le Pen", a assuré M. Le Maire.

Hortefeux (UMP): "le PS fait monter le FN et le FN fait gagner le PS"

"Le PS fait monter le Front National et le Front National fait gagner le PS. C'est ce que l'on appelle de l'entre-soi", a déclaré Brice Hortefeux, ancien ministre UMP proche de Nicolas Sarkozy sur LCI et Radio Classique.
 "L'UMP prend acte de l'élection d'un député socialiste", Frédéric Barbier, qui a battu la candidate FN d'une courte tête dimanche au second tour de l'élection législative partielle dans le Doubs. Le candidat UMP a été éliminé au premier tour. Mais "ce résultat est un résultat en trompe-l'oeil pour le PS: au premier tour, le candidat PS a reculé de 12%, c'est en réalité une Berezina". Et au second tour, le candidat PS "fait 4.000 voix de moins que Pierre Moscovici alors qu'il était en triangulaire" en 2012, a observé l'ancien ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy.
"En même temps, le FN fait un score important. Je rappelle que ceux qui étaient pour le front républicain, ça ne pèse pas énormément" alors que "le vote blanc a été multiplié par trois", a poursuivi M. Hortefeux. Après son élimination au premier tour, l'UMP s'est divisée sur l'attitude à adopter devant ce duel FN-PS entre ceux ayant opté pour un vote PS (Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet) finalement mis en minorité par les tenants du vote blanc ou de l'abstention.

Le Conseil national de l'UMP qui s'est tenu samedi a été "une démonstration de force, d'unité et de rassemblement", a assuré M. Hortefeux.

(Source AFP)

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