Loi immigration : une conférence de presse au musée de la Résistance qui ne passe pas…

Le 21 décembre 2023, Anne Vignot, maire de Besançon, entourée de plusieurs représentants des partis politiques de la majorité municipale, s’est exprimée devant la presse sur le vote de la loi immigration à l’Assemblée nationale. Et le lieu choisi pour cette conférence de presse, le musée de la Résistance et de la Déportation, fait bondir Ludovic Fagaut, chef du groupe Besançon Maintenant et Jean-Philippe Allenbach, président du Mouvement Franche-Comté en tant que représentant d’une famille de résistants, ce vendredi 22 décembre.

Ludovic Fagaut et Jean-Philippe Allenbach (archives) ©

Communiqué de Ludovic Fagaut et Besançon Maintenant

L'offense aux héros de la Résistance par la majorité municipale 

Nous exprimons notre profonde indignation devant l'utilisation du Musée de la Résistance et de la Déportation par Madame le Maire et sa majorité à des fins politiques. Cette mise en scène autour de la loi immigration ne convient pas à la dignité attendue d'une personne occupant la fonction de Maire. 

Être Maire de Besançon implique, avant tout, d'incarner la proximité avec les citoyens. Cependant, nous regrettons l'instrumentalisation de notre patrimoine, que nous percevons comme une offense envers nos héros de la Résistance et la mémoire de nos déportés. Il s'agit là d'une faute extrêmement grave. Comment la municipalité peut-elle justifier l'utilisation de cet espace mémoriel à des fins politiques partisans ? Nous condamnons cette manipulation des symboles qui porte atteinte à l'intégrité de notre Histoire. 

L’instrumentalisation du Musée de la Résistance et de la Déportation est scandaleuse et relève d’une manipulation indigne. N’oublions pas que cette loi portera principalement sur des compétences gérées par les services de l'État, l’échelon communal ne devrait pas être impacté par ces mesures régaliennes perçues favorablement par plus de 70% des Français. 

Enfin, comment des élus de la République osent-ils prôner la désobéissance ? Nous sommes consternés par les déclarations de cet adjoint de la ville de Besançon qui déclare : « J'appelle les Françaises et les Français à refuser d’obéir à cette loi. » Cette approche ne correspond en aucun cas à notre conception de la démocratie. Mais personne n’est dupe, nous avons bien compris que cette majorité fonctionne à géométrie variable en adoptant une attitude sélective quant à l’application des lois, suivant si elles sont compatibles avec leur pensée unique, idéologique ou pas. 

Nous demandons à cette équipe municipale de se recentrer sur Besançon et s’excuser auprès des familles de déportés et de résistants pour cette manipulation d’affichage politique. 

Il est essentiel de préserver l'intégrité de notre patrimoine sans compromission politique. Les Bisontins méritent une représentation municipale respectueuse de leur Histoire et des lois de la République.”

Communiqué de Jean-Philippe Allenbach

”En tant que représentant d’une grande famille bisontine de résistants avec à son actif trois « Médailles des Justes » et un oncle maternel Adrien Saulnier qui était commandant des FFI sur Besançon au moment de la Libération, je suis particulièrement choqué de constater que Mme Vignot et son équipe municipale "écolo-socialo-wokiste" aient pu choisir le Musée de la Résistance et de la Déportation pour y faire la promotion de leur idéologie. 

En effet, cet endroit est un lieu de mémoire destiné à l'ensemble des habitants et aucune formation politique n'est donc en droit de pouvoir se l'approprier pour y défendre ses idées.

Mais pire encore, ce choix est particulièrement inapproprié et incongru. 

Inapproprié, parce que ce "lieu sacré" de la Ville a été sans vergogne utilisé par la municipalité pour y faire savoir, sous les projecteurs, qu'elle n'était pas  pas d'accord avec la loi sur l'immigration et pour aussi, comble de l'incivisme, appeler les citoyens à ne pas l’appliquer !

Incongru, parce que la Résistance était un mouvement patriotique dont l'objet était en fait de renvoyer chez lui un étranger, à savoir l'occupant allemand, afin de pouvoir rendre à la France son indépendance et sa propre identité.  Et aussi de rendre aux Français la liberté de pouvoir mener la vie qu'ils veulent, avec leurs propres valeurs et  traditions ainsi que la démocratie, ce dont l'obligation de devoir respecter la loi est un élément fondamental.  Toutes choses que le général de Gaulle n'a d'ailleurs eu cesse de défendre...

Le combat de Mme Vignot et de ses amis politiques est donc tout l'inverse de celui mené par "La Résistance". Mot sacré et inaliénable sur lequel elle se trompe lourdement et qu'elle a scandaleusement instrumentalisé à cette occasion.”

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