Un septuagénaire tué, une sexagénaire violée: perpétuité pour un Bulgare

La Cour d’assises d’appel de la Côte d’Or a confirmé jeudi 28 janvier 2021 la condamnation d’un Bulgare à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un septuagénaire, en 2013 à Autun (Saône-et-Loire), et pour tentative de meurtre et viol de son épouse sexagénaire.

Il suit également les réquisitions du ministère public qui avait souligné la "dangerosité criminologique" d'Oleg Chikov. "Rien ne l'arrête", avait fustigé dans ses réquisitions l'avocat général Philippe Chassaigne, voyant un risque de récidive majeur dans "l'existence ponctuée par les violences et les pulsions sexuelles" de l'accusé.

Le Bulgare, un bucheron travailleur saisonnier qui avait séjourné trois mois dans le Morvan lors des faits, a plusieurs fois été condamné dans son pays pour des faits similaires. Il purge actuellement une peine pour agression sexuelle sur une mineure dans une prison bulgare dont il a été extrait pour le procès à Dijon.

Il a été reconnu coupable de s'être introduit, dans la nuit du 4 au 5 octobre 2013, au domicile d'un retraité de 74 ans puis de l'avoir tué d'un coup violent à la tête dans son sommeil. "Il y avait tant de sang qu'il a traversé le plancher et s'est écoulé dans la salle à manger au rez-de-chaussée", a dénoncé M. Chassaigne, évoquant des "faits effroyables".

L'accusé a également violé et assommé la compagne du septuagénaire, âgée de 63 ans. Les experts ont émis leurs "réserves" quant aux chances de succès d'une thérapie psychiatrique, a souligné l'accusation pour justifier une "peine lourde".

La défense a en revanche réclamé la relaxe, dénonçant un "dossier vide" de preuves: "aucune trace ADN" ni aucune empreinte du Bulgare n'ont été retrouvées au domicile des victimes, l'élément incriminant Oleg Chikov étant un mouchoir et une lingette portant son profil génétique mais découvert à quelques centaines de mètres du lieu du meurtre.

En revanche, une trace ADN et une empreinte inconnues ont été découvertes dans la maison des victimes, a souligné Me Julien Duquennoy, mettant en garde les jurés contre "le risque" d'erreur judiciaire. "Que fait-on si, dans plusieurs années, on découvre des concordances" avec cette empreinte génétique?, a demandé l'avocat du Bulgare.

"Je n'ai rien à voir avec cette affaire", a simplement murmuré Oleg Chikov, peu disert lors du procès.

(AFP)

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