Attentats en Catalogne : de Barcelone à Zurich

Près de 2.000 personnes se sont recueillies dimanche à la Sagrada Familia, la basilique emblématique de Barcelone, pour un hommage aux victimes des attentats sanglants en Catalogne. Dans le même temps, la police continue à  traquer un suspect, multipliant les barrages jusqu’à la frontière française. Par ailleurs, selon le journal « El Pais », un membre de la police fédérale suisse aurait indiqué que l’un des membres de la cellule terroriste était passé par Zurich à la fin de l’année 2016.

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Ces journées ont été des jours de larmes, de beaucoup de larmes, mais surtout de grande humanité", a dit l'évêque, Sebastià Taltavull, l'un des prélats qui officiait la cérémonie de plus d'une heure. Dans l'assistance, le roi d'Espagne Felipe VI et Letizia, installés au côté du président du Portugal, écoutaient gravement les religieux.

Toute la classe politique espagnole assistait à la cérémonie, à commencer par le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, assis, protocole oblige, à côté du président de la Catalogne Carles Puigdemont avec qui les différends se multiplient depuis des mois autour de ses projets indépendantistes.

A l'extérieur la cérémonie avait aussi attiré plusieurs centaines de personnes, sous le regard des tireurs d'élite postés sur les toits environnants. 

Tous avaient le visage fermé, tandis que dans l'assistance, des badauds prenaient des photos avec leur téléphone, peu sensibles à la douleur de proches qui plongaient le visage dans leur mains.

Pendant ce temps, la police poursuivait l'enquête, recherchant toujours un Marocain de 22 ans, Younès Abouyaaqoub, qui pourrait avoir conduit la camionnette qui a fauché des dizaines de passants jeudi à Barcelone, faisait 13 morts et plus de cent blessés.

L'organisation jihadiste Etat islamique a revendiqué l'attentat de même que celui qui a suivi quelques heures plus tard quand une voiture a foncé dans la foule à Cambrils, à 120 km au sud de Barcelone, faisant un mort. Ses cinq occupants ont été abattus par la police. Les contrôles routiers s'intensifiaient dimanche dans la province de Gérone, frontalière avec la France, selon la police régionale.

Abdelbaki As Satty, un imam de la petite ville de Ripoll, au pied des Pyrénées dans cette même province de Gérone, apparaît de plus en plus comme l'un des protagonistes de la macabre fuite en avant qui a tué 14 personnes.

Agé d'une quarantaine d'années, il aurait pu radicaliser la douzaine de jeunes qui auraient intégré avec lui la cellule ayant organisé les attentats. La police a perquisitionné son domicile à Ripoll samedi matin, a indiqué à l'AFP son colocataire qui ne donne que son prénom, Nourddem. D'après les médias espagnols qui citent des sources policières, les enquêteurs cherchaient ainsi à prélever ses traces d'ADN et les comparer à celles des restes retrouvés dans une maison détruite par une explosion dans la ville catalane d'Alcanar, où les terroristes présumés cherchaient à fabriquer des bombes. 

La police tenterait d'identifier les restes de trois personnes, et non deux comme indiqué jusqu'à présent. Les enquêteurs croient que les conjurés préparaient un attentat d'envergure mais que l'explosion accidentelle les a conduit à se lancer dans des opérations plus rudimentaires.

Toujours d'après les médias, Abdelbaki As Satty avait déjà fait de la prison pour des délits mineurs. Selon El Pais et El Mundo, citant des sources de la lutte antiterroriste, il aurait rencontré en prison, dont il est sorti en janvier 2012, des détenus en lien avec les attentats islamistes de mars 2004 qui avaient causé la mort de 191 personnes dans des trains de banlieue à Madrid.

L'enquête rejoindrait aussi la Suisse

Le joural El Pais dévoilait par ailleurs qu'au moins un des terroristes aurait bien  séjourné à Zurich fin 2016. La police fédérale (fedpol) a confirmé dimanche l'information. 

"Il n'est pas possible pour l'heure de dire si les auteurs ont un lien avec la Suisse et, le cas échéant, lequel", a précisé Cathy Maret, porte-parole de l'Office fédéral de la police (fedpol).

Selon le «Tages-Anzeiger», ce serait même deux suspects - deux jeunes Marocains - qui sont passés par la Suisse. L'un d'eux aurait été tué lors de l'attaque à la voiture-bélier dans la station balnéaire de Cambrils, au sud de Barcelone, dans la nuit de jeudi à vendredi. Quant à la menace terroriste, elle demeure élevée en Suisse, a indiqué encore Mme Maret. 

(Avec AFP) 

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