Le militaire agressé vendredi matin à Paris appartient au 19e RG de Besançon

Ce vendredi 15 septembre 2017, un militaire d’une vingtaine d’années a été agressé au couteau vers 6h30 à la station de métro Châtelet à Paris. Le militaire appartient au 19e RG de Besançon. Il n’a pas été blessé.

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L'attaque, qui a eu lieu à la station Châtelet, en plein cœur de Paris, s'est déroulée vers 06H30, a précisé la Préfecture de police, et au lendemain de l'annonce par le gouvernement d'une "évolution" de Sentinelle.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'assaillant, un Français de 39 ans qui a été rapidement maîtrisé, aurait fait référence à Allah, a précisé une source policière. "Au regard du mode opératoire et de la cible (...) visée", la section antiterroriste s'est saisie d'une enquête notamment pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique, en relation avec une entreprise terroriste", a annoncé le parquet de Paris. L'assaillant, placé en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle de la police judiciaire à la mi-journée, est inconnu des fichiers de police, selon une source policière.

Les familles du militaire agressé et des 80 autres hommes du 19e RG présents sur place depuis un mois à Paris ont été alertées et immédiatement rassurées. 

L'opération Sentinelle est jugée rassurante pour la population, mais critiquée, car elle fait notamment des militaires des cibles privilégiées pour des attaques islamistes. C'est la septième agression recensée contre des militaires de la force Sentinelle, mise en place dans le cadre du plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015. La dernière en date a fait six blessés parmi un groupe de six militaires du 35 régiment d'infanterie de Belfort percutés le 9 août par une voiture à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Cette année encore, le 3 février, un Egyptien de 29 ans armé de machettes s'était précipité sur quatre militaires au Carrousel du Louvre en criant "Allah Akbar". Le 18 mars, à l'aéroport d'Orly-Sud, un homme de 39 ans avait attaqué avec un revolver à grenaille une patrouille militaire en se disant "là pour mourir par Allah", avant d'être abattu.

Rendre Sentinelle "plus imprévisible" - 

Depuis Berlin où il était en visite, le Premier ministre Edouard Philippe a adressé ses "pensées aux blessés de l'attentat de Londres ce matin et aussi au militaire cible d'une attaque dans le métro parisien". "Ces deux évènements montrent combien nous sommes, collectivement, en France, en Angleterre, mais aussi en Allemagne, soumis à un niveau de menace très élevé, auquel nous devons apporter des réponses", a-t-il ajouté.

Vendredi matin, 22 personnes ont été blessées à Londres dans l'explosion d'un engin explosif artisanal dans une station de métro, un acte qualifié de "terroriste" par Scotland Yard, le cinquième attentat en six mois dans la capitale britannique.

À Paris, la ministre des Armées Florence Parly a affirmé que le fait que l'homme ait été "maîtrisé" était "la preuve du professionnalisme et de l'efficacité des soldats de Sentinelle dans cette mission de protection". "Cette nouvelle attaque légitime pleinement ce que nous voulons faire, c'est-à-dire rendre ce dispositif encore plus imprévisible, encore plus indécelable pour les agresseurs potentiels", a-t-elle estimé sur Europe 1.  

L'exécutif va "faire évoluer le dispositif Sentinelle" qui mobilise actuellement 7.000 militaires et 10.000 en cas de crise, mais "il ne s'agit évidemment pas de (le) réduire", avait assuré jeudi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb."Nous voulons le redéployer pour faire mieux face à la menace que nous rencontrons aujourd'hui", changer son mode d'organisation afin de gagner en mobilité, a expliqué Gérard Collomb jeudi. 

Concrètement, l'opération comprendra désormais trois niveaux : un "dispositif permanent" pour la sécurisation de sites sensibles (écoles, lieux de culte...), touristiques, aéroports ou gares ; un "échelon de renforcement planifié" pour la protection d'événements occasionnels, sportifs par exemple, ou saisonniers (Noël, festivals..) et une "réserve stratégique" de 3.000 hommes.

Le gouvernement s'est refusé à toute projection chiffrée sur les déploiements au quotidien, laissant seulement entendre que les effectifs fluctueraient en fonction de la menace.

(Avec AFP)

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