Le jour le plus chaud : la Franche-Comté (et toute l’Europe) en vigilance canicule

Le thermomètre n’est pas descendu en dessous de 21,1°C ce jeudi 25 juillet 2019 à Besançon à 7h du matin. Et le mercure grimpe plus fort qu’hier. Déjà 35°C à Besançon à 13h, 35,5°C à Dijon et 36,2°C à Strasbourg. Et ce n’est pas fini ! En Franche-Comté le record de 41,5°C en  août 2003 à Arc-et-Senans va-t-il tomber ? A Besançon, le record de chaleur date du 28 juillet 1921 avec une maximale de  40,3°C.

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Les températures vont atteindre leur maximum ce jeudi 25 juillet dans le Nord et la région parisienne, avec de probables records à plus de 40°C, mais le rafraîchissement est promis à partir de vendredi. A noter que la moitié de la Suisse est en alerte orange canicule et le service météo national prévoit "un dégel important en haute montagne" où l'isotherme 0°C sera mercredi à une altitude inhabituellement élevée de 4.800 mètres, soit plus haut que le point culminant du pays.

Face aux risques, la SNCF a invité mercredi ses clients à reporter ou annuler leurs déplacements prévus jeudi, vers ou depuis les 20 départements placés en vigilance rouge. Les autorités recommandent d’éviter les grands trajets en train ou en voiture.

Cette alerte rouge, le plus haut niveau, qui implique une « alerte sanitaire » pour tous les citoyens, a été utilisée pour la première fois en juin dans quatre départements du sud. Mais « c’est la première fois que cela touche des départements du Nord de notre pays » avec des « populations qui ne sont pas habituées à des chaleurs de ce niveau-là », a commenté la ministre de la Santé Agnès Buzyn. « C’est la raison pour laquelle je demande qu’on redouble d’attention […]. Personne n’est sans risque face à de telles températures ».

Prévisions canicule

Paris pourrait battre son record (40,4°C), tout comme Lille, Rouen, Dijon ou Strasbourg. Mais le record absolu pour la France (46°C), qui date de juin, ne sera pas atteint.

La masse d'air extrêmement chaude en provenance d'Afrique du Nord a envahi l'ensemble des régions du nord-est. L'épisode caniculaire se poursuit sur ces régions et s'accentue depuis mercredi après-midi, avec une chaleur qui atteindra son paroxysme en journée de jeudi, en particulier sur la Bourgogne et la Champagne-Ardenne.

On notera que dans le centre des villes les températures peuvent être localement plus élevées que les valeurs mentionnées ci-dessus en raison du phénomène d'îlot de chaleur urbain. En association avec cette situation météorologique, le suivi d'un pic de pollution à l'ozone est effectué par Atmo Grand-Est et Atmo Bourgogne Franche-Comté.

Jeudi

La chaleur sera à son apogée, battant de nombreux records historiques aussi bien pour les températures minimales que maximales. Avec une nouvelle journée très ensoleillée, le thermomètre s'envole à nouveau en journée sur les régions du nord-est et ce de manière plus remarquable encore sur les départements placés en vigilance rouge : sur ces départements des pointes de 41 à 43 degrés sont possibles au plus chaud de l'après-midi. Sur le reste des départements en vigilance orange, les températures maximales seront souvent comprises entre 38 et 40 degrés et pourront même atteindre localement les 41 degrés.La suite ?

La nuit de jeudi à vendredi s'annonce la plus étouffante de l'épisode, avec des températures minimales souvent comprises entre 20 et 24 degrés voire jusqu'à 24 à 26 degrés dans certains centres-ville, en particulier ceux des départements placés en vigilance rouge.

Vendredi

Vendredi, une évolution orageuse viendra concerner l'ouest de la Bourgogne et de la Champagne-Ardenne, amorçant un fléchissement des températures. Il sera plus sensible en Bourgogne ou en Champagne-Ardenne avec des températures ne dépassant pas 33 à 36°C, qu'en Franche-Comté, Lorraine ou Alsace où on s'approchera encore des 36 à 40°C.

Samedi

Samedi, les températures poursuiveront leur baisse partout, ne dépassant guère les 30 degrés sur l'ensemble des régions, mettant ainsi fin à cet épisode caniculaire.

les records de chaleur tombent en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne

Des records de chaleur absolus ont été franchis mercredi en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, mais le le pire reste à venir jeudi dans une Europe occidentale qui suffoque.

"Nouveau record de température en Allemagne! A 40,5°C, le record précédent de 40,3°C (Kitzingen, 5 juillet 2015) pour toute l'Allemagne a été battu aujourd'hui à Geilenkirchen!", dans l'ouest du pays, a tweeté dans la soirée le service météorologique allemand (DWD).
Dans l'après-midi aux Pays-Bas, le mercure avait atteint 38,8 degrés Celsius à Gilze Rijen, dans le sud, puis 39,2 à Eindhoven. Le dernier record datait de 1944, avec 38,6°C, selon l'Institut royal météorologique néerlandais.

La chaleur est telle que le métal se dilate sur certains ponts, à Amsterdam et Haarlem, les rendant difficiles à manoeuvrer. Des employés municipaux les aspergent d'eau pour tenter de les refroidir. Dans le même but, la chaîne de télévision locale RTV Oost propose aux téléspectateurs une "télé-fraîcheur", qui diffuse en live stream des images d'archives de paysages enneigés.

Plusieurs centaines de cochons ont eu moins de chance: ils sont morts dans la nuit de mardi à mercredi dans une ferme à Middelharnis, dans l'ouest des Pays-Bas, à cause de la chaleur et d'une panne de ventilation, selon les médias locaux.

La Belgique, où le "code rouge" canicule a été déclenché pour la toute première fois, a elle aussi battu un record historique.
Une température de 39,9°C a été mesurée mercredi à la base militaire de Kleine-Brogel, dans le nord-est, a indiqué David Dehenauw, chef prévisionniste à l'Institut royal météorologique (IRM).

Il s'agit de "la température la plus élevée depuis le début des observations en 1833", a-t-il souligné.

Et le pire reste à venir, les prévisionnistes annonçant une nouvelle hausse des températures d'ici à vendredi. Ce devrait ainsi être au tour de Paris de battre jeudi son record de 1947 (40,4°C).

En France, le niveau d'alerte canicule, jusqu'alors "orange" sur la grande majorité du territoire, a été rehaussé à "rouge" sur la partie nord, incluant la capitale.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a appelé à "faire très attention aux personnes isolées".

Les températures devraient dépasser les 40°C sur un grand quart nord-est de la France, avec des pointes à 43°C localement.
La baisse des températures sera ensuite "spectaculaire" vendredi sur l'ouest de la France, mais il faudra attendre samedi pour voir la fin de cet épisode sur l'ensemble du pays.

Glace pour les coureurs

Sur le Tour de France cycliste, l'équipe Cofidis a mis en marche une glacière électrique supplémentaire pour transporter de la glace que les coureurs sont amenés à placer sur leur nuque. Chez Groupama-FDJ, six personnes, contre deux lorsque la météo est moins chaude, sont mobilisées pour des ravitaillements au fil de la course.

En Allemagne, l'ensemble du pays est en alerte canicule. Lacs et rivières étant particulièrement prisés, les noyades seraient à l'origine de la mort de trois personnes depuis mardi soir.

Les sols sont très secs partout, particulièrement dans le nord du pays, et les agriculteurs, comme l'an passé, s'attendent à des récoltes catastrophiques. Des températures encore plus importantes sont attendues jeudi où le mercure pourrait grimper à 41°C, dépassant le record de 2015 en Bavière de 40,3°C.

L'ONG environnementale BUND a tiré la sonnette d'alarme, évoquant la menace pesant sur les grandes forêts de monocultures d'épicéas et de pins, en particulier, qui s'effondreraient littéralement sous l'effet du stress hydrique, selon Hubert Weiger, directeur de BUND. "C'est une course contre la montre", a-t-il averti en appelant à des "décisions courageuses".

Le Royaume-Uni va, lui aussi, "probablement battre le record de chaleur de juillet, qui est de 36,7°C, et il existe même une possibilité de battre le record absolu de 38,5°C", indique la météo britannique (Met Office). A Londres, la police recherche trois personnes portées disparues après s'être baignées dans la Tamise.

Le Luxembourg a annoncé qu'il déclenchait lui aussi l'alerte rouge. L'Italie est également touchée et les autorités ont élevé l'alerte au niveau 3 ("bulletin rouge") dans cinq villes pour mercredi, Bolzano, Brescia, Florence, Pérouse et Turin.

Enfin, la moitié de la Suisse est en alerte orange canicule et le service météo national prévoit "un dégel important en haute montagne" où l'isotherme 0°C sera mercredi à une altitude inhabituellement élevée de 4.800 mètres, soit plus haut que le point culminant du pays.

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