Hôtel de Paris : ‘Besançon n’est pas une destination touristique’

Avec l’arrivée de la saison estivale se dessine une nouvelle clientèle dans les hôtels de Besançon : les touristes. Et puisque leur nombre n’évolue « pas vraiment » depuis quelques années, à l’Hôtel de Paris, situé rue des Granges, on estime que « tout reste à faire » pour faire de la capitale comtoise une ville attractive à l’international…

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Hervé et Séverine Descourvières gèrent l'Hôtel de Paris depuis 8 ans déjà. Un hôtel de charme, situé en plein cœur de Besançon, fort de son emplacement et des 50 chambres qu'il propose. Et qui, en cette mi-juillet, entame sa saison estivale. "La tendance a l'air bonne, comme l'an dernier" explique M. Descourvières, à l'aune de ces premiers jours de vacances. "Peut-être un peu plus faible, car il y a moins d'évènements qu'en 2017, comme le passage du Tour de France dans la région".

"Besançon n'attire pas encore à l'international"

Et comme chaque été se profilent à l'horizon les mêmes nationalités : "des Belges, des Allemands, des Suisses et des Britanniques". Soit des touristes presque exclusivement en provenance des pays proches voire limitrophes de l'hexagone. "Peu d'américains ou d'asiatiques" assure Mme Descourvières. "Tout simplement parce que Besançon n'est pas une destination touristique. Elle n'attire pas encore à l'international".

Besançon, "ville dortoir"

Pour résumer, si on vient de loin, on ne connaît pas Besançon. "Même les cars d'asiatiques que vous voyez peut-être passer ; ils ne viennent pas pour visiter la ville, ou alors en coup de vent. Ici, c'est une ville dortoir : les touristes y dorment une petite nuit parce que les prix sont plus bas qu'à la capitale."

Besançon, une ville qui n'est pas touristique, malgré un patrimoine inscrit à l'UNESCO depuis dix ans ? "Cela n'a rien changé. Ou alors, ça a peut-être absorbé une baisse. Mais en tout cas, les touristes que l'on rencontre ne viennent pas pour ça."

"Le budget alloué au tourisme est usurpé"

Pour Hervé Descourvières, la Ville et l'Agglomération se sont tout simplement "fourvoyés" dans leur politique de développement du tourisme. "Le budget alloué au tourisme est usurpé : sur les 25 millions d'euros (sur cinq ans) de la CAGB, 20 servent à la construction d'un parc aqua ludique… Qui concernera un public d'abord bisontin ! Et n'aidera donc en rien le tourisme" déplore-t-il.

L'outdoor ne rassure pas

Et sur l'idée que Besançon devienne la "capitale de l'outdoor", entre trails, murs d'escalade, parc aqualudique et parcs verts ? "On verra mais pour l'instant ce n'est que déclaratif : rien n'est fait" doute Hervé Descourvières.  Il admet toutefois que "grâce à la vélo route entre Nantes et Budapest, qui passe par Besançon, de plus en plus de cyclistes s'arrêtent ici chaque année."

Mais l'outdoor ne le convainc guère. "Même si ça devait attirer des sportifs, c'est un public jeune, qui ne va pas vraiment à l'hôtel." Et de conclure, amère : "tout reste à faire sur cette politique du tourisme".

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