Samedi dernier, le centre a été prévenu par un promeneur du fait que des chasseurs étaient en train de caillasser un animal décrit comme un jeune lynx orphelin dans le secteur Béard-Nurieux (Ain). Les protagonistes ont été identifiés comme appartenant à des associations communales de chasse agréées (ACAA). Pour les chasseurs, la question du lynx divise. L'animal étant un prédateur naturel de chevreuils, il est notamment accusé par certains d'être un danger pour "la pérennité des espèces chevreuils et chamois sur nos territoires de chasse", comme le précisait en février 2024, l’association intercommunale de chasse agréée (AICA) de Fournets-Luisans qui avait alors formulé la demande de déclassement du lynx boréal comme espèce protégée, pour pouvoir le chasser.
Suite au signalement reçu, le centre Athénas a rapidement publié un message d’alerte sur sa page Facebook afin de retrouver l’animal et condamner cet acte ignoble et dénoncer "un sentiment d’impunité d’une minorité délinquante". Une plainte pour "perturbation intentionnelle et tentative de destruction protégée", a également été déposée.
Deux tirs illégaux, un oeil crevé, l'autre blessé
Trois jours plus tard, les équipes du centre parviennent à retrouver et capturer l’animal et découvrent qu’il s’agit en réalité d’une femelle adulte "tellement maigre qu’elle en paraissait petite". Après un examen vétérinaire approfondi, le résultat est sans appel. L'animal aurait subi deux tirs illégaux dont un remontant à trois semaines. Celui-ci lui aurait d’ailleurs crevé l’oeil gauche. De plus, l’oeil droit aurait été récemment blessé à la suite d'"un choc localisé avec un objet contondant" pouvant correspondre au "caillassage" signalé. Une "quadruple peine" pour cette femelle dont les jeunes, actuellement recherchés, "sont en danger de mort" rappelle l'association.
Face à cet acte de cruauté inouï, comparé à "des pratiques mafieuses" l’association de protection de la faune sauvage a déposé trois plaintes : "une pour chaque acte", nous a précisé Gilles Moyne, à savoir, les deux tirs et le caillassage. Le centre, également victime de messages haineux et de promesses d’éradication de l’animal par d’autres chasseurs, espère que ces plaintes seront instruites et que "la justice donnera une suite retentissante à cette affaire, avec des peines dissuasives".
Demande de dissolution des ACCA concernées
Le centre demande également la dissolution des deux ACCA concernées (Béard et Curieux) ou au moins leur mise sous tutelle et "le retrait de l’agrément de la Fédération de chasse laissant prospérer de tels comportements contraires à l’intérêt général".
Des soins constants pour sauver le félin
Habilité à soigner et rééduquer les lynx blessés ou orphelins avant de les relâcher dans leur milieu naturel, le centre Athénas a pu prendre en charge l’animal dès sa capture. Gilles Moyne, le directeur du centre, nous a toutefois confié qu’il ne savait pas aujourd’hui s'il allait pouvoir être sauvé. Les équipes du Centre Athénas sont actuellement à pied d’oeuvre pour tenter de sauver son oeil droit. À ce jour, la jeune femelle est encore loin d’être tirée d’affaires.
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