Dans son intervention, la députée a rappelé le cadre juridique protégeant le lynx boréal, soulignant qu’il s’agit d’"une espèce protégée par la Convention de Washington au niveau international, par la Convention de Bern et la directive habitats faune flore au niveau européen, par la loi de 1976 relative à la protection de la nature au niveau national".
Elle a également insisté sur le rôle écologique du félin et sur sa valeur symbolique pour les territoires concernés : "Dans le massif du Jura, le lynx boréal est devenu un emblème, un symbole de la biodiversité exceptionnelle de nos forêts, un patrimoine vivant dont les habitants du Doubs, du Jura et de l’Ain sont fiers."
Braconnage, collisions et climat d’omerta dénoncés
Dominique Voynet a dressé un constat alarmant de la situation sur le terrain. "Près d’une centaine de lynx ont été tués en cinq ans", a-t-elle affirmé, évoquant à la fois des collisions routières et des actes volontaires. Elle a dénoncé un braconnage qu’elle estime insuffisamment sanctionné, dans "un pénible climat d’omerta".
La députée a particulièrement insisté sur un fait récent survenu dans l’Ain dont un article avait été publié sur maCommune.info. "Il y a quelques jours, une femelle lynx a été caillassée et gravement blessée dans l’Ain", a-t-elle expliqué, précisant que "l’examen vétérinaire a révélé plusieurs blessures par balle, dont l’une lui a crevé l’œil gauche". Malgré sa prise en charge par le Centre Athénas, "elle n’a pas survécu". Les petits de l’animal, a-t-elle ajouté, "sont condamnés s’ils ne sont pas retrouvés rapidement".
Interpellant directement le gouvernement, Dominique Voynet a demandé : "Quels moyens entendez-vous mobiliser pour identifier et poursuivre les auteurs de ces tirs ? Quelle stratégie comptez-vous suivre pour mettre un terme à l’impunité des braconniers ?"
Une enquête en cours et des mesures annoncées par le gouvernement
En réponse, le ministre délégué chargé de la transition écologique, Mathieu Lefèvre, a confirmé l’ouverture de procédures judiciaires. "La justice a été doublement saisie. Une enquête est menée par l’Office français de la biodiversité", a-t-il indiqué, précisant que "la personne présumée coupable a été entendue le 12 janvier".
Le ministre a rappelé l’engagement de l’exécutif en faveur de la protection de l’espèce : " Je veux dire la détermination du gouvernement […] à préserver la biodiversité et à protéger la population de 200 individus qui se trouve dans l’Est de la France." Il a également annoncé le lancement, dès 2026, d’une expérimentation visant à limiter les collisions routières, avec "de nouveaux panneaux de signalisation […] pour signaler spécifiquement le lynx et éviter les collisions".
Sur le plan pénal, il a rappelé que "la destruction illégale d’une espèce protégée est passible de 150 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement".

