Baume-les-Dames: des clients qui n’accordent plus aucun crédit à leur banque

Des pratiques bancaires qualifiées «d’inadmissibles» ont entrainé, à Baume-les-Dames, la constitution d’un collectif qui ne cesse de grandir. Une centaine de dossiers visant la Banque Populaire sont désormais entre les mains de Daniel Duchêne qui mène la fronde avec l’appui de Me Collard.

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L’affaire a déjà fait couler beaucoup d’encre. Un collectif initié par Daniel Duchêne à Baume-les-Dames commence à avoir des adeptes dans tout le pays. Qu’est-ce qui incitent tous ces gens à se regrouper ? « Des pratiques bancaires inadmissibles dont les conséquences peuvent être catastrophiques pour les clients», explique celui qui a failli ne plus gérer une boutique de vêtements avec sa compagne et qui mène la fronde contre l’agence de la Banque Populaire de la petite ville du Doubs.
 
Des transferts d’argent non sollicités par les clients
 
Ils étaient d’abord une vingtaine. A la suite des articles parus dans les médias sur « cette rébellion anti-bancaire », le nombre de plaignants est passé à une bonne centaine, originaire de 13 départements. Ils sont commerçants, artisans, industriels, mais aussi des particuliers qui font remonter « des pratiques pour le moins douteuses ».
 
« Transfert d’argent du compte personnel sur des comptes de la société sans autorisation du client, transfert du compte de l’épouse vers le compte professionnel du mari, chèque professionnel débité sur le compte personnel toujours sans autorisation, harcèlement et menaces téléphoniques sur la vente des biens des clients, sous évaluation du patrimoine, frais de compte injustifiés et exorbitants, autorisation de découvert non respectée, clôture de compte abusive… et une tolérance zéro».
 
Daniel Duchêne n’en finit pas de lire sa liste de griefs qui s’allonge tous les jours au même titre que celle des gens qui rejoignent le Collectif contre la Banque Populaire. « En clair, cette banque fait ce qu’elle veut avec nos comptes. On a fait éclater un tabou dont personne n’osait parler jusque-là. Quand je me suis aperçu qu’elle me menait sur la paille, j’ai décidé de réagir et je me suis vide rendu compte que j’étais loin d’être le seul ». Me Gilbert Collard, l’exubérant conseil marseillais, qui a pris en charge les dossiers, a estimé que cette affaire relevait de « l’escroquerie ».
 
Banque et impopulaire à la fois ?
 
Tout a commencé début 2008 quand son agence de la Banque Populaire de Baume-les-Dames a changé de patron. Dans un premier temps, Daniel Duchêne a cru que « ces nouvelles pratiques » étaient localisées dans sa ville. Il a vite compris que d’autres avaient subi le même sort que lui ailleurs. « Il y a eu des tentatives de suicide, des familles ont volé en éclat. Quand vous lisez certains dossiers, vous pleurez », dénonce celui qui a été courtoisement invité par sa banque « à ne plus s’occuper des autres ».
 
Alors, la Banque Populaire, banque et impopulaire à la fois ? « Nous ne souhaitons pas prendre la parole. Nous restons discrets. Nous sommes cependant ouverts au dialogue d’une manière individuelle avec les clients qui se sont désolidarisés du collectif », a estimé aujourd’hui Patricia Bauchery, directrice régionale de la communication de la Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté.
 
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