Selon Yoann Muson, le projet est le fruit d’un travail engagé depuis plusieurs années, avec la volonté de rendre compte de la diversité des formes prises par l’extrême droite dans la région. Il explique ”la nécessité de transmettre au public et aux médias les phénomènes d’extreme droite dans la région sous un spectre large : politique, religieux, métapolitique, etc.”
Les fondateurs revendiquent un fonctionnement autonome, combinant une approche journalistique, un soutien universitaire et un engagement militant, dans un cadre présenté comme strictement factuel.
Le journaliste souligne également l’ampleur inédite du projet à l’échelle régionale, affirmant que ”jamais quelque chose n’a été mené jusqu’à présent dans la région d’aussi grand”.
Une méthode de travail ”empirique”
Pour Yoann Muson, l’ambition de l’Obex FC est de centraliser l’information existante et de la relier dans une analyse de fond pour lier les acteurs, et les évènement les uns avec les autres. Le panorama proposé est appelé à être régulièrement actualisé en fonction de l’actualité régionale.
Toufik de Planoise précise que l’Observatoire vise aussi à fournir des outils de compréhension accessibles, ”fournir les armes à chacun et chacune pour savoir, avec des éléments factuels et sources.”
Sur le site de l’observatoire, on y découvre différentes catégories pour qualifier l’extrême droite, incluant notamment le centrisme, l’autoritarisme, les idéologies xénophobes, racistes, LGBTQI phobes, l’anti-féminisme, ainsi que les différentes formes d’organisations, courants identitaires et modes d’action. Yoann Muson résume cette démarche en indiquant : ”on a travaillé à faire quelque chose le plus empirique possible.”
Cartographie et contenus thématiques
Le site de l’Obex FC propose une cartographie recensant acteurs, structures et dynamiques locales. Des thématiques structurent le contenu, comme le féminisme, avec des articles de presse, des éléments universitaires ou militants. Pour le journaliste, il s’agit d’une ”analyse posée ou un regard, c’est une version encyclopédique de ce qu’il se passe au niveau local.”
Les contenus abordent les partis politiques, mais aussi des secteurs professionnels (bars, commerces, forces de l’ordre, armée, médias, monde agricole), des mouvances et groupuscules (VDL BSK, Némésis, identitaires, royalistes), la jeunesse et le milieu étudiant (RNJ, UNI, Cocarde étudiante), ainsi que des formes de connivence avec l’extrême droite.
Métapolitique, religion et international
L’Observatoire traite également des dimensions métapolitiques : motards et bikers, associations de reconstitution historique, sport et stades, musique, droits des animaux, survivalisme, énergies renouvelables ou encore influence de certains TikTokeurs.
Les questions religieuses occupent aussi une place importante, avec des analyses portant sur différentes organisations.
Une catégorie intitulée ”Conspirationnistes et confus” regroupe notamment ”Égalité et réconciliation”, la ”Dieudosphère”, ou des phénomènes observés pendant la période Covid avec des complotistes. Des questions internationales sont également abordées, comme les conflits israélo-palestinien, russo-ukrainien ou les enjeux liés à la Kabylie, le tout en lien avec des associations et personnes locales.
Atteintes, événements et mémoire locale
L’Obex FC recense des atteintes attribuées à l’extrême droite sur la base des faits relayés par la presse. Pour l’année 2025, une quarantaine d’atteintes ont été recensées, un chiffre présenté comme non exhaustif, selon Toufik de Planoise.
L’Observatoire revient aussi sur des événements historiques, des résultats électoraux depuis les années 1990, des actions militantes, ainsi que des faits graves comme le massacre de Besançon du 1er juillet 1992 à l’usine Bourgeois Découpage au cours duquel Franck Zoritch, salarié licencié, de la mouvance skinhead, avait abattu six personnes.
Un travail est également mené sur les symboles, gestes et slogans utilisés par les mouvances d’extrême droite.
Outils pratiques et perspectives
Le site propose un répertoire d’associations antifascistes et antiracistes, un agenda militant, ainsi qu’un inventaire de lieux. Un dispositif de signalement est également accessible en ligne. Les fondateurs indiquent espérer ”avoir encore des retours pour faire un panorama complet.”
La mise à jour des contenus se fera en fonction de l’actualité et des sources disponibles, avec une méthodologie constante. Les porteurs du projet insistent sur leur indépendance : ”notre démarche est extrêmement indépendante”, ce qui leur permet, selon eux, ”d’aborder aussi des dérives observées dans différents espaces politiques, y compris à gauche.”
Objectifs affichés et prolongements
L’Obex FC est animé principalement par trois personnes, après dix mois de travail pour la création du site et plusieurs années consacrées à la constitution de la base de données. Le collectif souhaite soutenir journalistes et associations, proposer des formations, organiser des assises annuelles et contribuer à l’éclairage du débat public.
Les objectifs sont résumés par plusieurs formules revendiquées par les fondateurs : ”Donner les armes aux gens” et ”ne pas se limiter à dire que l’extreme droite c’est pas bien, c’est aussi savoir”, afin d’”éclairer le débat public, ni plus ni moins”, martèle Toufik de Planoise.
Le financement du site repose notamment sur des appels aux dons via le Comité pour Clément. Les fondateurs indiquent enfin vouloir dépasser le cadre bisontin pour associer l’ensemble du territoire franc-comtois à cette démarche d’observation.
Infos +
- Le site de l’Observatoire de l’extrême-droite est consultable sur obex-fc.net
