"Ce n'est pas normal car face à des morts violentes, cela devrait une être opération standard. Cela aurait dû être fait", a déclaré à l'AFP Me Jean-Luc Addor, qui représente la famille d'un adolescent. Son corps n'a été autopsié que très tardivement et après plusieurs demandes de sa famille.
Ce drame a fait 40 morts, principalement des adolescents et jeunes adultes, et 116 blessés, dans cette station de ski réputée du canton du Valais.
Une source proche du dossier a aussi indiqué à l'AFP que des autopsies étaient réclamées par des familles qui veulent connaître les raisons précises du décès de leur proches. Des enterrements ayant eu lieu, il y a un risque d'exhumation des corps non autopsiés.
"Certains ont été carbonisés, d'autres ont été asphyxiés par des vapeurs toxiques", a indiqué Me Addor. Dès le 4 janvier, l'avocat a demandé au ministère public du canton du Valais d'ordonner une autopsie du corps. L'inhumation étant prévue le 14 janvier, l'avocat a relancé le 12 janvier le ministère public alors que le corps avait déjà été "libéré". Le ministère public a finalement ordonné l'autopsie, obligeant la famille à rendre le corps et à reporter ses obsèques. Il a finalement pu être inhumé ce vendredi. En Suisse, les autopsies sont ordonnées par le ministère public.
Des autopsies réalisées en Italie
L'ambassadeur d'Italie à Berne a également indiqué qu'aucune des six victimes italiennes n'avaient été autopsiées en Suisse, a rapporté vendredi le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (NZZ). En Italie, Me Alessandro Vaccaro, qui représente la famille d'une victime, a indiqué vendredi à l'AFP que "le parquet de Rome a demandé +la mise à disposition des corps+ afin de pouvoir procéder à l'autopsie".
Le drame a été provoqué par des étincelles de bougies "fontaine" entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l'établissement, selon les premiers éléments de l'enquête.
Une enquête a été ouverte pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, à l'encontre du couple de Français propriétaires du bar. L'homme a été placé en détention provisoire pour trois mois mais il pourrait être libéré moyennant le versement d'une caution d'un montant de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros), a indiqué vendredi à l'AFP une source proche du dossier. Un tribunal doit en décider à une date inconnue. Son épouse reste libre mais fait l'objet de mesures de contrainte.
(AFP)
