Incendie Crans-Montana : les propriétaires du bar “se sentent responsables”, selon leurs avocats

Le couple de Français propriétaires du bar de la station de ski suisse de Crans-Montana dont l'incendie a fait 40 morts la nuit du nouvel an "se sentent responsables", ont indiqué leurs avocats à la chaîne de télévision genevoise Léman Bleu.

Extrait vidéo de l'incendie au Constellation à Crans-Montana le 31 décembre. © DR

Ce drame, survenu dans le bar Le Constellation, a fait 40 morts, principalement des adolescents et jeunes adultes, et 116 blessés. Des étrangers figurent parmi les victimes, dont des Français et des Italiens.

"Ils se sentent responsables", ont déclaré leurs avocats, Me Patrick Michod et Me Yaël Hayat, lors de cet entretien diffusé dimanche soir. "Maintenant la grande question qui se pose dans cette affaire, c'est la question de la responsabilité pénale, qui n'est pas la même chose que le ressenti", a cependant souligné Me Michod, faisant valoir que l'enquête devait déterminer s'il "y a eu des manquements et à qui ils incombent". La commune de Crans-Montana a reconnu n'avoir effectué aucune inspection sécurité et incendie du bar depuis 2019.

Le couple de Français est soupçonné d'"homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence". M. Moretti a été placé en détention provisoire pour trois mois mais il pourrait être libéré moyennant le versement d'une caution d'un montant de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros). Un tribunal doit en décider à une date inconnue. Son épouse, Jessica Moretti, reste libre mais fait l'objet de mesures de contrainte.

Pression d'autorités étrangères

Me Hayat a dénoncé la "vindicte" dirigée contre le couple et la "pression" sur le ministère public émanant d'"autorités étrangères". "La semaine prochaine, il y a deux audiences convoquées mardi et mercredi, alors même qu'il y a quelques jours, le même ministère public nous indiquait qu'il n'y aurait plus d'audience pendant une certaine période, le temps que la police puisse mener certaines enquêtes", s'est étonné un autre avocat du couple, Me Nicola Meier, dans le même entretien. "Pourquoi soudainement deux audiences convoquées mardi et mercredi prochain ? On est attentif à ça parce que (...) extrêmement de pression s'est fait entendre notamment autour de la mise en liberté de Jacques Moretti", a-t-il déploré.

Le drame a été provoqué par des étincelles de bougies "fontaine" entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l'établissement, selon l'enquête. Des interrogations portent sur les caractéristiques de cette mousse, mais aussi sur la présence et l'accès aux extincteurs, ainsi que sur la conformité des voies de sortie, notamment celle de secours.

"L'issue de secours ne peut pas être condamnée. (...) Vous ne pouvez pas fermer cette porte de l'intérieur. Elle doit être systématiquement ouverte et elle l'était", a assuré Me Meier.

Jessica Moretti avait expliqué aux enquêteurs, quelques heures après le drame, que le bar disposait de 14 caméras de surveillance, la majorité au sous-sol, selon les procès-verbaux des auditions que l'AFP a pu consulter.

(AFP)

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