Avec 183 salariés, la marque représente un poids économique non négligeable pour la région de Marseille. Malgré les difficultés financières, les rémunérations du mois de novembre ont été versées, selon les documents transmis aux juges. Le chiffre d’affaires annuel s’élève quant à lui à 24 millions d’euros, un niveau qui témoigne encore d’une activité commerciale réelle, bien que fragilisée.
Une audience clé est prévue le 5 février prochain. À cette date, les magistrats devront statuer sur la capacité de JOTT à poursuivre son activité de manière autonome ou, à défaut, envisager une liquidation judiciaire si aucun redressement crédible n’est possible.
Au-delà du cas particulier de la marque marseillaise, cette situation illustre les difficultés structurelles qui frappent l’ensemble du secteur de la mode en France. L’essor fulgurant de la seconde main, la montée en puissance des plateformes asiatiques de fast fashion et la pression exercée par des acteurs mondiaux comme Shein ont profondément modifié les équilibres du marché.
"Bien plus qu'une simple entreprise locale"
Dans un communiqué, l’organisation professionnelle Mode in Sud a fait part de sa vive inquiétude. Son président, Jocelyn Meire, a rappelé que JOTT constitue "bien plus qu’une simple entreprise locale", évoquant une réussite emblématique du tissu économique régional aujourd’hui menacée. Il a également souligné que les contraintes réglementaires et la concurrence internationale mettent en péril de nombreuses marques françaises structurantes.
Quelques jours plus tôt, le groupe IKKS a dû être repris dans le cadre d’une restructuration drastique, qui s’est traduite par la suppression d’environ 500 postes, soit la moitié de ses effectifs.
Le dossier JOTT sera donc observé de près dans les semaines à venir, tant par les acteurs du secteur que par les salariés et partenaires de la marque, qui espèrent encore que la période d’observation permettra d’éviter une issue définitive.
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En Bourgogne Franche-Comté, on compte cinq magasins JOTT : un à Besançon, Belfort et Chalon-sur-Saône et deux à Dijon.
