Sonorama entre en scène jeudi

La première édition du festival Sonorama, qui s’ouvre jeudi à Besançon, va offrir pendant quatre jours un vaste panorama sonore où s’entrechoquent arts de la rue, musiques électroniques, arts contemporains, sonores et numériques.

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«Sonorama 09 sera une tentative de déstabilisation sonore des espaces communs, une sorte de palette chromatique du sensible», prédisent les organisateurs de la manifestation.
 
Succédant à trois éditions de «Musique de rues» (2006-2007-2008), qui avaient réuni jusqu'à 90.000 spectateurs en 2007, Sonorama est porté par quatre personnalités de renom: Jean-Marie Songy, Jérôme Delormas, Vincent Carry, créateur des Nuits sonores de Lyon, et Philippe Franck.
 
Ces quatre directeurs artistiques, pour la première fois réunis sur un même projet, proposent d'explorer le son dans tous ses états et dans toutes ses formes, en exploitant au maximum le patrimoine de la ville de Besançon.
 
«Les villes sont dans un endormissement urbain, il faut remettre un peu de tam-tam dans les centres», estime Jean-Marie Songy, directeur artistique du festival d'Aurillac et co-directeur artistique de la Nuit Blanche 2007 avec Jérôme Delormas.
 
Une quarantaine d'artistes présenteront des oeuvres inédites, dont la plupart seront créées in situ. Installations plastiques, numériques, spectacles de rue et concerts de genres divers prendront place au coeur du patrimoine historique et industriel bisontin.
 
Sonorama a été conçu pour «voir comment une ville peut respirer en explorant toutes les échelles de cette respiration», explique Jérôme Delormas.
 
Le grand rassemblement prévu pour l'installation sonore et numérique «I dance», de Pierre Giner, projetée sur la façade du musée des Beaux Arts de Besançon, contrastera par exemple avec la «Déambulation avec sac à dos géosonore», d'Erik Samakh. Ce périple solitaire se veut être une recherche personnelle et intimiste de sons présents dans des zones précises déterminées sur un plan de la ville.
«On entend tout et on n'écoute rien», déplore Philippe Franck, directeur artistique des Transnumériques entre la Belgique et la France.
 
C'est pourquoi la création Heartscopes d'Eric Van Osselaer invitera les promeneurs à prendre part à l'écoute de la ville. Munis d'un stéthoscope, les participants pourront se balader et écouter les «poèmes sonores» produits par des vitrines, les gouttières ou encore les murs, indiqués par des repères graphiques.
 
Le spectacle de rue se démarquera avec la création commune des deux compagnies internationales Générik Vapeur et Xarxa Teatre qui proposeront la chronique des injustices et des conflits de notre monde, des migrations qu'ils provoquent et des traitements inhumains qui en découlent«.
 
Enfin, trois nuits de festivités, les 8, 9 et 10 octobre, seront organisées dans une friche industrielle située à moins d'un kilomètre du centre-ville. Un panorama »des sonorités d'aujourd'hui, de nos amours musicales à l'aube des années 2010« sera dressé, promettent les organisateurs.
 
De 22h à 5h, rock, hip-hop, musique électronique ou techno prolongeront les émotions auditives d'après des formats et des esthétiques multiples (dj sets, concerts, lives électroniques, performances scéniques, graphiques et visuelles).
 
Le budget est d'un million d'euros, aux trois quarts financé par la ville, l'agglomération et le Casino Barrière, le reste étant pris en charge par la Région et divers partenaires. Le coup d’arrêt porté à « Musique de rues » avait donne lieu à une vive polémique.
 
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