Ce projet, porté par la Ville en partenariat avec les associations Solidarité Femmes et le CIDFF, vise à répondre à un manque identifié dans la prise en charge des femmes victimes de violences et de situations de vulnérabilité.
Un soutien de l’État confirmé pour le fonctionnement
La délibération soumise au vote du conseil municipal concerne une subvention de fonctionnement de 24.500 euros pour l’année 2026, venant compléter le fonctionnement assuré par les associations. La maire a souligné l’importance du soutien de l’État dans un contexte budgétaire contraint : "Une belle nouvelle : le travail que nous menons avec les associations, et l’Etat, parce que je dois dire dans cette période de disette, la question s’était posée de savoir comment l’Etat pouvait accompagner ce projet sur le fonctionnement".
Anne Vignot a également rappelé avoir interpellé la ministre Aurore Bergé après l'assassinat de Laura Z., tuée en novembre 2025 par son ex-compagnon. La Ville a depuis obtenu un financement de l’État, via la délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité. "C’est important de le dire quand on a un Etat qui répond à ses engagements, on tient à le signaler", a insisté la maire.
Un lieu unique et pluridisciplinaire
La Maison des femmes de Besançon aura une vocation départementale. Elle proposera un accueil global et coordonné pour les femmes et leurs enfants, quels que soient leurs besoins : information, prévention, accompagnement social, médical, juridique ou insertion professionnelle. Le projet repose sur un partenariat étroit avec le CHU de Besançon, ainsi que sur la présence de nombreuses associations lors de permanences, notamment le CICS, France Victimes, FETE ou encore le Mouvement du Nid.
Les travaux sont en cours et respectent le calendrier prévu. Valérie Haller, adjointe en charge de la transition énergétique, des bâtiments, des moyens techniques de la ville l'a assuré : "on est dans les temps". L’approche retenue se veut globale, intégrant également des questions telles que le retour à l’emploi ou l’orientation vers différents services.
Des chiffres en hausse sur les violences faites aux femmes
Lors de la conférence de presse, plusieurs données ont été rappelées pour contextualiser le projet. En France, 270.000 victimes de violences sont recensées chaque année, dont 84 % de femmes victimes de violences intrafamiliales. Deux tiers de ces violences sont physiques, et seule une victime sur six porte plainte.
Dans le Doubs, le nombre de femmes victimes est passé de 1.086 en 2018 à 1.880 en 2024. À Besançon, les chiffres sont également en hausse, de 402 victimes en 2018 à 528 en 2024. Elise Aebischer, adjointe en charge de l’égalité femmes-hommes, a souligné la difficulté à identifier certaines situations : "il y a des situations où on arrive pas à contacter ces femmes, elles sont dans la nature, mais elles sont dans ces violences quotidiennes". La maire a rappelé que "beaucoup trop de femmes n'osent pas faire la démarche, donc il faut que les portes s’ouvrent."
Un investissement important et une mobilisation citoyenne
Le projet représente un investissement total de 3 millions d’euros, comprenant l’acquisition du bâtiment pour 1,25 million d’euros et 1,8 million d’euros de travaux. Le financement est assuré principalement par la Ville de Besançon, avec le soutien de la Région et de l’État, mais pas du Département du Doubs. Une part notable provient de l’épargne citoyenne, à hauteur de 700.000 euros. Valérie Haller a salué cette mobilisation : "la plateforme n’avait jamais connu un enthousiasme pareil". Pour Anne Vignot, "ça fait plaisir quand on parle d’une société individualisme, de voir cet élan de solidarité impressionnant".
Le fonctionnement bénéficie également d’aides indirectes, la Ville ne facturant pas de loyer aux associations, ce qui représente une aide en nature estimée à 130.000 euros par an.
Des partenariats encore attendus
Si la Région renouvelle son soutien financier en 2026 et que l’État s’engage sur le fonctionnement, la Ville espère encore une participation accrue du Département du Doubs. "Il est autour de la table depuis le premier jour. Ils font aussi un travail sur la protection de l’enfance. On espère qu’ils reviendront sur leur décision", a indiqué Anne Vignot.
L’ouverture de la Maison des femmes est prévue le 3 mars 2026, avec une installation des associations courant février. Le fort nombre de candidatures reçues pour le poste d’accueil , soit plus de 140, témoigne, selon la municipalité, de l’intérêt suscité par ce nouvel équipement dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes.
