Maison d’arrêt de Besançon : pas assez de sécurité pour la nouvelle unité sanitaire de 600 m2 et pour le transport des détenus…

Suite à un mouvement national, après l’agression de plusieurs agents en France, la grogne se poursuit du côté des surveillants pénitentiaires à 100% en grève ce jeudi 25 janvier 2018 et cela depuis le début de la semaine à Besançon. De nombreux problèmes de fonctionnement sont constatés par les surveillants comme la nouvelle unité sanitaire ou encore le transport des détenus. Ce mercredi, les CRS sont intervenus afin de lever le piquet de grève et de faire rentrer des camions de nourriture, d’équipement médical et l’enlèvement des poubelles. Aucun personnel pénitentiaire n’était alors présent dans l’enceinte du bâtiment.

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"Nous sommes 87 surveillants à la maison d'arrêts de Besançon alors qu'on devrait être 93. Il manque six agents", explique Roger Sergeant, surveillant pénitentiaire et représentant syndical CGT. Concernant le manque de places en prison, Besançon n'est pas en reste "Nous avons 330 détenus pour 280 places effectives". Les propositions du gouvernement ne correspondent pas aux besoins selon les syndicats : "2.000 personnes devrait être employées en un an en France alors qu'on nous en propose 1.100".

Gendarmes et policiers assurent la surveillance des détenus depuis mardi 16h00 : "nous sommes solidaires de leur cause", lance un agent de police.

Des problèmes de sécurité à Besançon

"Nous ne sommes plus en sécurité. Les détenus ont de plus en plus de droits tandis que nous en avons de moins en moins", nous précise-t-on. "Les agressions, c'est tous les jours que cela soit physique ou verbal…"

Une "prime d'agression"

Annoncé par le gouvernement la "prime d'agression" de 1400 euros révolte les surveillants : "alors pour gagner plus, il faut se faire agresser ?" demande ironiquement un surveillant "Et bien je préfère ne rien toucher".  

Une unité sanitaire de 600m2 à Besançon sans personnel en plus

"Le 14 février prochain, une nouvelle unité sanitaire de 600 m2 va voir le jour. Elle sera deux à trois fois plus grande que celle existante et aucun personnel en plus ne sera recruter", explique Rémy Croissant, représentant SNP FO. Cette unité sanitaire regroupe : les prises de médicaments, les radiographies, le dentiste, l'unité psychologique… Un autre problème s'ajoute à cela. Le personnel médical s'inquiète de du manque de surveillants pour leur sécurité et du matériel médical jugé "inadéquate" : du matériel mobile est fourni au lieu de matériel fixe pouvant éviter certaines agressions.

Du personnel en moins pour l'extraction judicaire

Un agent du pôle régional d'extraction judicaire s'inquiète de "la minimisation du niveau de comportement d'un détenu". En résumé, un détenu est classé en fonction de sa dangerosité. Cette dernière sera donc "minimiser". Un détenu partira donc au tribunal "avec deux agents au lieu de trois. Nous revendiquons le droit du port d'armes", explique un surveillant.

La grève se poursuit se vendredi dans l'attente de nouvelles mesures.

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