Le néocolonialisme américain à l’ère Trump décrypté lors d’un café citoyen d’Attac le 12 février à Besançon
Publié le 11/02/2026 - 09:30
Mis à jour le 10/02/2026 - 15:06
Où ?
Le Marulaz
Place Marulaz à Besançon
Itinéraire avec Ginko
Google Map
Quand ?
- Le jeudi 12 fevrier 2026 à 20:00
Tarifs
Gratuit / Entrée libre
Un Café citoyen organisé par Attac Besançon propose une soirée d’échange autour du thème "Le néocolonialisme décomplexé des USA de Donald Trump : Venezuela, Canada, Groenland…". Cette rencontre aura lieu jeudi 12 février à 20h, au café Le Marulaz, place Marulaz à Besançon, et invite le public à décrypter les nouvelles formes d’ingérence et de domination à l’œuvre dans la politique internationale américaine.
Le terme de néocolonialisme est souvent utilisé pour qualifier la façon dont les États?Unis de Donald Trump projettent leur puissance économique, financière et militaire, en particulier dans l’hémisphère occidental (Venezuela, Canada, Arctique/Grønland).
Venezuela : l’arme des sanctions
Au Venezuela, la stratégie de Washington sous Trump a consisté à tenter d’étrangler économiquement le régime Maduro plutôt qu’à intervenir militairement.
Dès 2017, les États?Unis interdisent à Caracas l’accès aux marchés financiers américains et au commerce de sa dette souveraine, ce qui vise directement l’État et la compagnie pétrolière publique PdVSA.
À partir de 2019, les sanctions s’étendent massivement au pétrole, aux mines, au secteur bancaire et à des individus, jusqu’à bloquer pratiquement tous les biens et avoirs du gouvernement vénézuélien sous juridiction américaine.
Washington présente ces mesures comme une réponse aux violations des droits humains et au démantèlement des institutions démocratiques, mais leurs effets frappent l’ensemble de l’économie vénézuélienne et conditionnent toute perspective de changement politique au bon vouloir américain.
Puis il kindappe le président Maduro pour obtenir le pétrole à bas prix.
Cette politique illustre une forme de néocolonialisme fondée sur la dépendance financière et énergétique : pas d’occupation directe, mais une capacité de contrôle via le dollar, les marchés et les sanctions extraterritoriales.
Canada : pressions tarifaires et chantage commercial
Avec le Canada, la logique est moins spectaculaire mais s’inscrit aussi dans un rapport de force asymétrique.
Trump a d’abord menacé de sortir purement et simplement de l’ALENA pour imposer la renégociation qui donnera l’Accord États?Unis–Mexique–Canada (AEUMC/USMCA) entré en vigueur en 2020.
Il a utilisé des tarifs douaniers « de sécurité nationale » sur l’acier et l’aluminium canadiens pour forcer Ottawa à faire des concessions, ouvrant un cycle de représailles tarifaires.
Dans son second mandat, la Maison?Blanche s’appuie sur les clauses de révision de l’USMCA pour menacer à nouveau d’augmenter brutalement les droits de douane sur les produits canadiens, en utilisant l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) comme base juridique.
Puis il annonce que le Canada deviendra prochainement un nouvel Etat des Etats-Unis
Groenland : fantasme d’achat et enjeux géostratégiques
Le cas du Groenland, territoire autonome sous souveraineté danoise, montre une vision quasi coloniale assumée de la part de Trump.
En 2019, il évoque sérieusement la possibilité que les États?Unis « achètent » le Groenland, et fait même travailler ses conseillers juridiques sur cette hypothèse au nom de l’intérêt stratégique de l’Arctique.
Le gouvernement danois qualifie cette idée d’« absurde », les responsables politiques et l’opinion publique y voyant une négation du droit des Groenlandais à décider eux?mêmes de leur avenir.
L’épisode crée une forte tension diplomatique, Trump allant jusqu’à annuler une visite d’État au Danemark après le refus catégorique de toute négociation.
Cette affaire rappelle la logique des grandes puissances coloniales du XIXe siècle qui se partageaient des territoires stratégiques sans tenir compte des peuples concernés, même si, en pratique, le projet est resté au stade de provocation diplomatique.
On parle de néocolonialisme plutôt que de colonialisme classique parce que :
Il n’y a pas d’annexion formelle ni de gouverneur américain imposé, mais une dépendance créée par les sanctions, le contrôle du commerce ou la projection militaire.
Les instruments sont le dollar, les marchés financiers, les tarifs, le contrôle technologique et la supériorité militaire, au service d’intérêts stratégiques (pétrole vénézuélien, sécurité continentale, routes arctiques, compétitivité industrielle nord?américaine).
Les pays visés gardent théoriquement leur souveraineté, mais les marges de manœuvre de leurs gouvernements sont fortement conditionnées par les choix de Washington.
Un exemple parlant est le Venezuela : sans bombarder Caracas, Washington a utilisé son poids financier pour isoler totalement le régime, fixer les conditions d’un éventuel allègement des sanctions et influencer de facto l’avenir politique du pays.





