Municipales à Besançon : quatre candidats détaillent leurs priorités pour la santé avec la CPTS

Publié le 11/02/2026 - 12:00
Mis à jour le 11/02/2026 - 09:53

À l’approche des élections municipales, la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) CaPaciTéS Besançon et Métropole a interrogé les candidats à la mairie de Besançon sur leurs priorités en matière de santé. Objectif affiché : mieux comprendre "quels choix demain pour la santé des Bisontins" et "comment agir ensemble pour améliorer l’offre de soins " selon la CPTS. Quatre candidats sur six ont répondu à cette sollicitation : Éric Delabrousse, Ludovic Fagaut, Séverine Véziès et Anne Vignot.

Anne Vignot, Ludovic Fagaut, Séverine Véziès et Éric Delabrousse. © Alexane Alfaro
Anne Vignot, Ludovic Fagaut, Séverine Véziès et Éric Delabrousse. © Alexane Alfaro

La CPTS rappelle agir depuis près de trois ans pour "améliorer la santé et l’accès aux soins à Besançon et dans le Grand Besançon", à travers des actions allant de la recherche d’un médecin traitant au dépistage des cancers, en passant par la promotion du geste vaccinal ou encore l’organisation des entrées et sorties d’hospitalisation. Dans ce contexte, elle souligne le rôle des collectivités locales, citant un chiffre de l’Observatoire des élections municipales (janvier 2026) : "70% des Français […] estiment qu’elles doivent agir en matière de santé et d’accès aux soins".

Environnement, cadre de vie et prévention

Sur les déterminants de santé, Anne Vignot s’inscrit dans une approche globale : "La santé telle que définie par l’OMS ne se limite pas à l’absence de maladie : elle s’inscrit dans une approche globale du bien-être physique, mental et social." Elle met en avant une politique "systémique", intégrant alimentation, qualité de l’air, mobilités douces et urbanisme favorable à la santé.

Elle défend notamment "la création d’une Sécurité sociale de l’alimentation" visant à garantir "un accès universel, inconditionnel et durable à une alimentation de qualité". Elle rappelle aussi des mesures déjà engagées, comme l’augmentation des produits bio dans les cantines scolaires, "bien au-delà des seuils réglementaires (69% EGAlim dont 44% de bio)".

Ludovic Fagaut affirme de son côté que "la santé ne se limite pas à l'absence de maladie, mais englobe le bien-être global et quotidien de chaque Bisontin" et propose une action "transversale" : développement des pistes cyclables, "politique zéro pesticides", ou encore "adaptation au changement climatique par la mise en place d’îlots de fraicheurs".

Séverine Véziès place la "bifurcation écologique" parmi les "4 piliers fondamentaux" de son projet. Elle propose notamment de créer des "Parcs naturels, gérés collégialement avec les usager·es" et de rendre "les transports publics gratuits", avec l’ambition d’une "ville du quart d’heure".

Éric Delabrousse met l’accent sur la prévention par l’activité physique et l’alimentation, avec un "Pass’ Sport-Santé" , "une journée d’éducation au bien-manger" organisée chaque année et un "vaste plan local de sante? environnementale".

Maisons de santé et organisation des soins

Sur l’exercice coordonné, Anne Vignot estime que "le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles constitue aujourd’hui un levier pour garantir une offre de soins de proximité". Elle propose de "faciliter l’accès à des locaux adaptés" et d’intégrer davantage ces structures dans les projets urbains, citant des secteurs comme l’Arsenal Saint-Jacques et des priorités comme Planoise.

Ludovic Fagaut souhaite "développer un pôle médical au centre-ville" et aider à "l’identification du foncier disponible", tout en soutenant "la diversité de tous les modes d’exercice".

Éric Delabrousse propose de "faciliter la création de maisons de santé" en mobilisant "le foncier municipal" et en accompagnant "l’installation de nouvelles équipes pluridisciplinaires".

Séverine Véziès défend pour sa part "le développement de centres municipaux de santé, fondés sur le salariat des médecins", avec "tiers payant intégral" et "sans dépassements d’honoraires". Elle annonce l’ouverture d’"un centre municipal de santé pluridisciplinaire", incluant "une antenne dédiée à la santé mentale".

Médiation en santé et accès aux droits

Sur les médiateurs en santé, Anne Vignot considère leur rôle "essentiel pour réduire le renoncement aux soins" et indique que "la Ville appuiera activement auprès de l’ARS le financement de médiateurs supplémentaires dans les quartiers prioritaires".

Ludovic Fagaut adopte une approche conditionnelle, indiquant attendre "un rapport précis sur l’activité des médiateurs actuellement en place et leur impact réel", avant d’envisager un déploiement élargi.

Séverine Véziès s’engage plus directement : "Notre programme prévoit en effet le recrutement de médiateurs de santé dans chacun des quartiers politiques de la ville."

Vieillissement et maintien à domicile

Tous les candidats ont des réponses pour aborder la question du vieillissement. Anne Vignot évoque "l’adaptation de la ville au vieillissement" à travers l’accessibilité, le logement et la lutte contre l’isolement, ainsi que la construction d’une nouvelle résidence autonomie à Grette Brulard.

Ludovic Fagaut souhaite "rompre l'isolement et maintenir les aînés comme acteurs de la cité" et propose de "développer l’habitat intergénérationnel".

Séverine Véziès met en avant les "Maisons du Peuple et de l’autonomie" comme lieux intergénérationnels et annonce la poursuite des aides à l’adaptation des logements.

Concernant le stationnement des soignants à domicile, Anne Vignot rappelle que la ville a instauré "une gratuité de stationnement la 1ère heure, renouvelable si besoin" pour les professionnels de santé. Ludovic Fagaut propose "un macaron à apposer sur les véhicules des intervenants à domicile". Séverine Véziès évoque "une solution d'accès plus simple et plus souple" à étudier, notamment en centre-ville.

Prévention : dépistages, vaccination et santé mentale

En matière de prévention, Anne Vignot affirme que "la prévention est un axe prioritaire de la politique municipale de santé" et entend renforcer les campagnes de dépistage et de vaccination, en s’appuyant sur le centre de vaccination municipal.

Ludovic Fagaut indique que la ville "se fera évidemment le relais des campagnes nationales et locales" et soutiendra les acteurs de terrain lors de temps forts comme Octobre rose ou Mars bleu.

Éric Delabrousse propose notamment des "Bus prévention-santé itinérants" pour mener des actions de dépistage et de vaccination au plus près des habitants.

Sur la santé mentale, Anne Vignot annonce un "plan spécial santé mentale pour les jeunes". Ludovic Fagaut veut diffuser "un annuaire exhaustif des professionnels qualifiés en santé mentale et en addictologie" et soutenir les formations aux "premiers secours en santé mentale". Séverine Véziès prévoit que le centre municipal de santé comprenne "une antenne santé mentale".

Addictions, participation et innovation

Les réponses divergent davantage sur les conduites addictives. Anne Vignot évoque un projet de "Halte soins addictions". Ludovic Fagaut associe prévention et lutte contre les trafics, affirmant vouloir "lutter sans relâche contre les trafics qui dégradent la santé publique". Séverine Véziès propose "le développement d’espaces fixes ou de dispositifs mobiles de consommation à moindre risque" et demandera à l’État d’en autoriser l’expérimentation.

Sur la participation des usagers, Anne Vignot propose "un parlement mobile" pour recueillir les préoccupations des habitants. Ludovic Fagaut souhaite faire "de chaque Bisontin un partenaire de la santé publique". Séverine Véziès prévoit un "collège des usager·es" au sein du centre municipal de santé et la création d’"un observatoire de la santé des bisontin·es".

Enfin, tous évoquent l’innovation. Anne Vignot met en avant l’approche "One Health" et le soutien à "l’écosystème d’innovation en santé". Ludovic Fagaut veut s’appuyer sur le pôle Témis Technologie. Séverine Véziès insiste sur "une approche globale de la santé, intégrant prévention et santé publique" et sur la cohérence entre politiques sociales, écologiques et sanitaires.

À travers ces contributions, la CPTS CaPaciTéS entend "éclairer le vote des habitants" en mettant en lumière la place accordée à la santé dans les projets municipaux.

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