A la suite de l'exploitation de la vidéosurveillance et de traces ADN, quatre mineurs âgés de 15 à 17 ans et une femme de 27 ans ont été arrêtés dans la métropole dijonnaise, précise Olivier Caracotch dans un communiqué, confirmant une information du quotidien Le Bien Public.
Deux des mineurs sont mis en cause par la justice dans des affaires de trafic de stupéfiants et deux sont connus pour délinquance de droit commun. La femme n'avait pas d'antécédents judiciaires, précise-t-il. Leur "profil", "le mode opératoire" et "le fait qu'aucun des mineurs interpellés ne soit scolarisé au collège Champollion, tendent à confirmer l'hypothèse selon laquelle cet incendie aurait été commandité en représailles aux actions menées par les pouvoirs publics dans les mois qui précédaient contre le trafic de stupéfiants", explique le magistrat.
Des faits passibles de 20 ans de réclusion criminelle et de 150.000 euros d'amende
Arrêtés par la police dans le cadre d'une commission rogatoire puis placés en garde à vue, les suspects sont visés par une enquête ouverte pour "destruction de bien par incendie commise en bande organisée et association de malfaiteurs dans le but de commettre un crime", ajoute-t-il . Les faits incriminés sont passibles d'une peine de 20 ans de réclusion criminelle et de 150.000 euros d'amende, selon le procureur Caracotch.
Le collège Jean-François Champollion, qui scolarise près de 500 élèves, est situé dans le quartier classé prioritaire des Grésilles. Il a été partiellement détruit dans la nuit du 13 décembre. Connu pour abriter plusieurs points de deal, le quartier a été le théâtre de plusieurs incendies en 2025 : une salle polyvalente en juillet, une médiathèque à deux reprises, en février et mars, ainsi qu'un centre de formation en février.
Deux jours après l'incendie partiel du collège, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait promis que l'Etat ne se laisserait pas "intimider" et ne "lâcherait rien" dans sa "guerre" contre le narcotrafic lors d'un déplacement sur place.
Début janvier, ses élèves ont tous pu effectuer leur rentrée, soit dans les bâtiments indemnes soit dans des classes du lycée voisin.
(AFP)
