Municipale 2026 à Besançon : vers un mariage forcé Leuba-Vignot ?

Le Parti socialiste national a annoncé dans la soirée du jeudi 8 janvier 2026 se rallier à Anne Vignot, maire écologiste sortante, dès le premier tour des élections municipales à Besançon, après avoir initialement annoncé une liste séparée. Un accord national dont le candidat local, Jean-Sébastien Leuba, n’a pas encore eu la preuve écrite et qui reste dans l’attente de cette dernière pour annoncer un "positionnement ferme". 

© Photos Alexane Alfaro

"Dans le cadre de nos discussions et d'un accord national avec les Écologistes pour la préparation des élections municipales, à l'occasion du Bureau national du 6 janvier, nous avons décidé du soutien du Parti socialiste à Anne Vignot dès le 1er tour des élections municipales des 15 et 22 mars", a indiqué dans un communiqué jeudi soir Pierre Jouvet, secrétaire général du PS. "La ville de Besançon est un enjeu prioritaire pour la gauche dans la région Bourgogne-Franche-Comté et nous avons fait le choix de l'union dès le 1er tour pour construire une dynamique la plus forte possible dès le 15 mars autour d'Anne Vignot", a-t-il ajouté.

En 2020, la liste d'union d’Anne Vignot - qui comprenait socialistes et communistes, mais pas La France insoumise - avait devancé de seulement 566 voix le candidat des Républicains (LR), Ludovic Fagaut. Cette union renouvelée avec les socialistes, "c'est un vrai soulagement", a déclaré à l'AFP la maire écologiste. "C'est important, d'autant plus qu'on avait démontré sur notre territoire que ce qui nous a fait gagner une députée de gauche, c'est d'être ensemble", a-t-elle souligné.

M. Jouvet a souhaité que le patron du PS du Doubs, Jean-Sébastien Leuba, et sa liste, qui avait le soutien de Place publique, Cap21 et du Parti radical de gauche, rejoignent "dans les prochains jours la dynamique de rassemblement autour d'Anne Vignot". 

Pas de liste dissidente pour Jean-Sébastien Leuba

Le PS Besançon s’est quant à lui réuni dans la soirée de jeudi. À la suite de celle-ci, le parti a indiqué avoir pris acte de la décision nationale et a précisé que son candidat Jean-Sébastien Leuba "ne souhaite pas s’affranchir des règles collectives du parti auquel il a toujours été fidèle". En conséquence, l’ex-candidat n’initiera pas de liste dissidente. 

Le PS Besançon soulève toutefois qu’il reste dans l’attente d’un accord écrit qui formalise l’accord proposé par Anne Vignot à la liste « Besançon Forte et solidaire ». "À défaut de cet acte formel, tout positionnement ferme de candidats de la liste Besançon Forte et Solidaire semble difficile et délicate", précise le PS dans son communiqué qui sollicite une entrevue avec Anne Vignot d’ici la fin du week-end, "afin de fixer les engagements programmatiques et représentatifs permettant une prise de position sur laquelle les uns et les autres puissent s’engager".  

Le socialiste Nicolas Bodin a pour sa part annoncé jeudi qu'il renonçait à présenter une liste dissidente aux élections municipales.

Séverine Véziès dénonce un accord PS-Verts "sans projet" et affirme sa stratégie autonome

La France insoumise de Besançon, par la voix de sa candidate Séverine Véziès, critique vivement l’accord en cours entre le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts pour les municipales de mars 2026. Elle le décrit elle aussi comme un "mariage forcé", conclu dans la confusion et sans véritable projet politique partagé.

LFI rappelle avoir acté dès octobre la constitution d’une liste autonome, invoquant des désaccords de fond sur la stratégie et la ligne politique à gauche. Depuis, le mouvement affirme travailler à une "union populaire" fondée sur un programme de rupture, construit avec les habitants.

La candidate insoumise dénonce le feuilleton ayant entouré l’accord PS-EELV : investiture puis retrait d’un candidat socialiste, menaces de dissidence, arbitrages nationaux. Selon elle, ces manœuvres risquent d’accentuer la défiance des électeurs vis-à-vis de la politique locale.

Elle estime par ailleurs que l’accord annoncé reste flou tant sur le programme que sur la stratégie de second tour, d’autant que l’ancien candidat socialiste conditionnerait son ralliement à un refus de fusion avec LFI.

Face à cette situation, Séverine Véziès réaffirme la ligne de la France insoumise : une liste autonome au premier tour, mais ouverte à des fusions à gauche au second tour si elle arrive en tête, sur la base d’une "ligne de rupture claire". L’objectif affiché est de battre la droite en s’appuyant sur le vote populaire.

LFI annonce enfin la présentation prochaine de son programme, axé sur une "écologie populaire" mêlant justice sociale et transformation de la ville, et oppose ce projet aux "arrangements d’appareil" qu’elle prête à ses concurrents.

(Avec AFP)

Quitter la version mobile