Jean-Sébastien Leuba, la date limite de dépôt des candidature aux élections municipales approchent, le premier tour aussi… Aujourd’hui vendredi 23 janvier 2026, quelle décision avez-vous prise ? Rejoignez-vous finalement la liste d’Anne Vignot, oui ou non ?
Jean-Sébastien Leuba : ”Oui, j’ai pris la décision de rejoindre l’équipe d’Anne vignot, sa liste, ses partenaires, dans le cadre de cette campagne des municipales.”
Pourquoi ?
Jean-Sébastien Leuba : ”Pour une assez raison simple : on avait un accord national, qui pour nous, n’était pas seulement une apposition de logo. J’attendais de voir comment allaient se dérouler les échanges qu’on pouvait avoir avec Anne Vignot. On a fait de cette contrainte historique une opportunité et Anne Vignot n’a pas voulu non plus l’apposition que d’un logo, mais que ce soit véritablement un programme commun. On s’est employé la dernière semaine à finaliser des choses sur le programme, on déjà de nombreuses avancées les uns et les autres pour construire ce programme, donc celui d’une nouvelle équipe et on s’en félicite. Chacun a avancé et on va s’engager. D’autant plus que, ce qui m’a fait réagir aussi c’est le discours anxiogène de Ludovic Fagaut sur une ville que j’aime, que j’apprécie, que je vois régulièrement dans les chaines d’infos, vidéo Facebook ou autre, où on présente la chose de manière conflictualisée : 'rien ne va dans cette ville', on n’est pas dans un discours politique.
On avait souhaité un débat avec Ludovic Fagaut qui n’a jamais eu lieu. On lui a demandé à plusieurs reprises pour se confronter au réel. Malheureusement ça n’a pas été possible, on n’a pas eu de retour.
On souhaite vraiment avoir une campagne politique apaisée sur le fond et pas nécessairement sur les personnes. Je me voyais mal, en ce qui me concerne, rester spectateur de ce débat, mais être acteur. Au niveau des politique publiques, on voit que sur la sécurité, il n’y aucun relais de prévention, de cohésion sociale, et qu’on décline des politiques, même économiques.
On doit aussi aborder aussi bien les TPE, PME et les aborder en terme d’aide et d’accompagnement. On a pu tenir aussi un programme des avancées majeures pour l’aide aux commerçants, le guichet unique.
Et des thématiques dont Ludovic Fagaut ne parle pas : les familles monoparentales par exemple, que Anne Vignot a intégré dans son projet qu’elle aura loisir de décliner. On a beaucoup travaillé avec le député Philippe Brun du Parti socialiste et plusieurs mairies pour savoir comment on pouvait mettre des mesures pour ces familles. Je n’en entends absolument pas parler.
Sur le pouvoir d’achat par exemple : on a proposé sur notre liste ”Besançon Forte et Solidaire” une plateforme de mutualisation des moyens avec les habitants, associations, et sur ce principe-là ces éléments ont été intégrés, mais sur le pouvoir d’achat, que propose Ludovic Fagaut ? Je ne l’entends pas.
Toutes ces thématiques-là, en ce qui me concerne, je tiens à les porter aux cotés d’Anne Vignot, avec de multiples mesures de son programme pour faire gagner la gauche à Besançon.”
Pourquoi avoir mis autant de temps à prendre cette décision ? On a l’impression, d’un point de vue extérieur, qu’au sein du PS local, beaucoup de membres étaient d’accord pour s’unir à la liste de la maire sortante, mais pas vous…
Jean-Sébastien Leuba : ”En ce qui me concerne, comme je l’ai dit, ce n’était pas juste l’apposition de logo. On a fait du porte à porte, avec tous ces bénévoles qui ont fait campagne, tous les contacts qu’on a pris avec les forces vives, qu’elles soient économiques, associatives, des habitants, sur les projets, ce qu’on avait écrit conçu, je ne me voyais pas jeter tout ça à la poubelle en disant 'Bravo, le logo du Parti socialiste est sur la campagne d’Anne Vignot, partons ensemble !' et de la même manière, j’ai envie de dire que ce langage-là, Anne Vignot l’a porté aussi tout de suite.
Elle a souhaité que ce ne soit pas juste l’apposition du logo du Parti socialiste mais que tous les socialistes viennent. Pierre Jouvet avait même indiqué que tous les gens qui avaient participé à notre campagne puisse s’investir. Donc je l’ai joué collectif sur le programme, le projet et une fois qu’il y avait une réelle volonté d’intègrer ces éléments-là, ces signes d’ouverture montrés par Anne Vignot, là, bien entendu, je ne me voyais pas refuser d’aller faire campagne avec quelqu’un qui prend nos mesures à l’intérieur de son projet et de son programme. Je suis responsable politique, donc c’est pour cette raison que je m’engage aujourd’hui dans cette campagne. ”
Dans les accords qui ont été convenus avec Anne Vignot, savez-vous déjà quelle place vous aurez dans cette liste ?
Jean-Sébastien Leuba : ”En ce qui me concerne, et en ce qui nous concerne, avec le Parti socialiste, on a eu une première élection du premier des socialistes, que je reste et demeure, on n’a absolument pas échangé sur ces questions-là avec Anne Vignot. Ça viendra en son temps, la liste sera présentée, et nous allons également présenter notre liste tous ensemble avec elle, ce sera une présentation d’équipe et ce sera à nous d’échanger. Sur une liste, l’important ce n’est pas d’être premier, deuxième ou cinquième, l’important c’est véritablement de s’engager collectivement.”
Avez-vous de la rancoeur envers vos camarades du PS au niveau national d’avoir imposé les choses avant que vous ne vous soyez prononcé ?
Jean-Sébastien Leuba : ”On a échangé dès le début de notre campagne avec notre liste Besançon Forte et Solidaire, et régulièrement avec notre direction nationale. Ils ont été réguliers et courtois, les analyses aussi. Comme vous l’avez vu, la décision a été très tardive. Ce choix a été fait sur une analyse globale. Ce n’est pas à nous de juger de la pertinence de tel ou tel choix. Aujourd’hui, c’est une décision prise collégialement au niveau national dans laquelle on s’implique pleinement aujourd’hui.
À chaque fois qu’on s’est engagé dans des élections, on a toujours eu ces débats, ces échanges, donc aujourd’hui, c’est le choix qui a été déterminé et déterminant. Je fais partie d’un collectif qui est le Parti socialiste, j’y suis attaché et fidèle dans son fonctionnement, totalement démocratique. Donc ça fait partie aussi des échanges qu’on a pu avoir avec notre direction.”
Pour terminer, même si le premier tour n’est pas encore passé, on parle déjà du second tour ! Séverine Véziès, tête de la liste de la France insoumise assure que si elle arrive en tête du premier tour, elle invitera Anne Vignot à la rejoindre. De son côté, Anne Vignot dit qu'”il y aura des discussions au regard de ce que la population aura choisi”. Et vous ? Lors de votre campagne, il semblait impensable de s’allier à un moment ou à un autre à La France insoumise. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Jean-Sébastien Leuba : ”Ma position n’a pas varié. Les institutions françaises étant bien faites, il y a deux tours. En ce qui me concerne, j’étais un sportif de haut niveau, les qualifications, c’est le premier tour et l’objectif c’est de permettre à notre liste de faire le score le plus important au premier tour. Si on fait 50%, la question ne se pose pas. Si on fait moins de 5% la question ne se pose pas non plus. Ensuite, si les Bisontins souhaitent que notre liste arrive en tête très fortement, très largement, il n’y a aucune raison que derrière il puisse y avoir des accords électoraux avec tel ou tel parti. Jean-Louis Fousseret l’a emporté dès le premier tour. Là, on verra bien la configuration.
En ce qui me concerne, je ne me positionne pas vis-à-vis des sondages, je me positionne vis-à-vis d’une campagne. Aujourd’hui, nous allons mener une campagne avec une forte dynamique, c’est l’objectif de faire le meilleur score au premier tour. Ensuite, sur le second tour, il y aura des échanges avec les partenaires, et nous verrons à ce moment-là, en fonction de la situation, les décisions qui seront prises.
Donc vous ne fermez plus la porte à LFI ?
Jean-Sébastien Leuba : ”J’ai le même discours qu’il y a 6 mois : quand je m’engage dans une campagne, je m’engage au premier tour. Mon discours n’a absolument pas changé et varié sur ce principe-là. Ensuite, je vous le dit, on voulait laisser le choix aux Bisontins entre différentes gauches à Besançon, c’est toujours le cas, aujourd’hui, ils ont le choix, c’est à eux et pas à nous de définir quelle doit être la stratégie des uns et des autres. Si les Bisontins votent pour nous, s’engagent pour nous, à nos côtés, se mobilisent et permettent à notre liste de l’emporter très largement, et bien entendu, notre liste l’emportera et au second tour, elle sera unie et soudée. Mais ça, encore une fois, ce sera en liaison avec la première de notre liste qui est Anne Vignot et ce sera à elle aussi de nous amener sur un cap ou une vision et d’avoir cette vision, ce recul, cette hauteur de vue que seule une tête de liste peut avoir à travers la campagne.”
