Incendie à Crans-Montana : la justice suisse resserre l’étau sur les propriétaires

Les propriétaires français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana étaient de nouveau auditionnés mardi 20 janvier 2026 par la justice du canton du Valais.

Extrait d'une vidéo le soir de l'incendie au Constellation à Crans-Montana. © DR

Jacques et Jessica Moretti sont arrivés séparément, lui en fourgon pénitentiaire et elle aux côtés de ses avocats au siège du ministère public de Sion, la capitale du canton.

Arrivés à 8H30 (7h30 GMT), les époux soupçonnés d'"homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence" après le drame qui a fait 40 morts et 116 blessés doivent être entendus pendant deux jours par les enquêteurs. Il s'agit de leur deuxième audition depuis l'ouverture d'une instruction pénale à leur encontre.

"Vont-ils pleinement répondre aux questions ? Vont-ils pleinement collaborer ? On l'espère, en tout cas pour les familles", a commenté avant l'audience Romain Jordan, avocat de plusieurs familles de victimes. "Pour les familles, on ne peut pas perdre plus de temps, il faut qu'on avance", a-t-il ajouté.

Alors que Jessica Moretti reste libre sous mesures de contrainte, son mari a été placé en détention provisoire le 9 janvier, mais il pourrait être libéré moyennant le versement d'une caution d'un montant de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros).

Selon plusieurs médias français et suisses, les garanties pour cette caution ont été déposées devant le tribunal des mesures de contrainte, qui devra statuer sur une éventuelle remise en liberté à une date inconnue. "On verra ce que le tribunal des mesures de contrainte décide finalement", a commenté sans plus de détails Me Jordan, alors que les avocats de la défense se sont refusés à tout commentaire avant l'audience.

L'incendie du bar Le Constellation, qui a principalement frappé des adolescents et jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, a été provoqué selon l'enquête par des étincelles de bougies "fontaine" entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l'établissement.

Des interrogations portent sur les caractéristiques de cette mousse, mais aussi sur la présence et l'accès aux extincteurs, ainsi que sur la conformité des issues de sortie, notamment celle de secours, alors que la commune de Crans-Montana a reconnu qu'aucun contrôle sécurité et incendie n'avait été effectué depuis 2019.

(AFP)

Quitter la version mobile