A Dijon, le procès d’un “malentendu” entre agriculteurs et OFB

"Volonté d'acharnement" ou "ressenti infondé" : un responsable du syndicat agricole FDSEA a comparu mardi 6 janvier 2026 à Dijon pour avoir tagué sur la façade de l'Office français de la biodiversité (OFB) les prénoms d'agents à qui il reprochait de monter des "dossiers à charge".

"C'est un gros malentendu. Le ressenti des agriculteurs, qui se sentent persécutés, est infondé", a résumé la procureure Marie-Pierre Bouhey, en requérant devant le tribunal correctionnel de Dijon une amende de 200 euros contre Clément Babouillard, 40 ans, président du puissant syndicat agricole FDSEA dans le canton de Baigneux-les-Juifs (Côte d'Or).

Dans un procès symptomatique des tensions entre OFB et monde paysan, l'agriculteur était jugé pour avoir tagué les prénoms de deux agents de l'OFB de Montbard (Côte d'Or) sur la façade de l'Office, accolés au mot "mutation", lors d'une manifestation qui avait réuni 300 agriculteurs le 30 janvier 2024.

"Ces agents stigmatisent les agriculteurs", s'est-il défendu, évoquant des "dossiers à charge et faux" contre des exploitants. "On ne peut pas accepter cette volonté d'acharnement", a-t-il dit à la barre, assurant que, "jamais", il ne s'en serait pris "personnellement" aux agents.

Un "acharnement" selon l'avocate

Son avocate, Anne Gislain, a elle aussi dénoncé un "acharnement" de certains agents de l'OFB, évoquant deux dossiers où elle avait dû "batailler" pour qu'ils soient classés sans suite après avoir été montés par l'Office. A l'entrée du tribunal, une poignée d'agriculteurs étaient venus soutenir leur collègue, entre deux blocages d'autoroute. "Ca fait depuis plusieurs années qu'il y a des soucis. C'est de l'excès de zèle", a déclaré à l'AFP Antoine Carré, président de la FDSEA Côte d'Or.

"L'OFB est la police de l'environnement. On ne peut pas dire qu'ils montent des dossiers à charge. S'ils se trompent, il n'y pas de poursuites. C'est le parquet qui décide", a assuré la procureure. "Les agents de l'OFB ne sont pas des empêcheurs de tourner en rond", a plaidé Laura Abramovitch, l'avocate des parties civiles (les agents et l'OFB). "Ils sont là pour empêcher la pollution et protéger la santé des agriculteurs et de leurs enfants", a-t-elle ajouté.

"On jette en pâture des agents publics", a-t-elle estimé, dénonçant un "deux poids-deux mesures" entre des "militants environnementaux condamnés à six mois avec sursis quand ils sont interpellés dans une manifestation" et des agriculteurs comme M. Babouillard contre lequel est requis 200 euros d'amende.

Le jugement a été mis en délibéré au 5 février.

(Source AFP)

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