Soixante-cinq ans après les événements du 17 octobre 1961, les organisations signataires souhaitent rendre hommage aux Algériens et aux Algériennes victimes de la répression policière à Paris. Ce jour-là, des dizaines de milliers de travailleurs algériens et leurs familles avaient participé à une manifestation pacifique pour l’indépendance de l’Algérie, l’égalité des droits et la dignité, en protestation contre le couvre-feu imposé à la population algérienne.
La manifestation avait été violemment réprimée. Le bilan faisait état de milliers d’arrestations et de centaines de morts ou de disparus. Les opérations étaient conduites sous l’autorité du préfet de police de Paris, Maurice Papon, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1942 et 1944.
La reconnaissance d’une répression longtemps occultée
Dans leur appel, les organisateurs rappellent que "le silence fut organisé sur cette tragédie par le pouvoir de l’époque et ses successeurs". Ils soulignent également le rôle joué par les citoyens, les historiens, les écrivains et les associations dans la mise au jour de ces événements.
Le rassemblement de Besançon s’inscrit dans cette démarche mémorielle et politique. Les signataires affirment que "Rendre hommage aux victimes de la répression de la manifestation du 17 octobre 1961, c’est refuser toutes les violences d’Etat utilisées pour réprimer les manifestations". Ils demandent notamment que les massacres du 17 octobre 1961 soient reconnus comme un crime d’État et que l’État français reconnaisse officiellement sa responsabilité dans les massacres liés à la colonisation. Ils réclament aussi "l’ouverture des archives de la guerre d’Algérie et de la colonisation aux chercheurs français et étrangers, sans restrictions, ni exclusives".
Les organisations signataires expriment enfin leur opposition aux discours xénophobes, racistes et colonialistes.
Des associations, syndicats et partis politiques mobilisés
Le rassemblement est soutenu par plusieurs organisations locales et nationales issues du monde associatif, syndical et politique. Parmi les associations signataires figurent À Gauche Citoyens !, le Collectif de défense des Droits et Libertés des Étrangers (CDDLE), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Mouvement de la Paix et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP).
Le mouvement syndical est représenté par la CGT, la Fédération syndicale unitaire et l’Union Solidaires 25. Plusieurs formations politiques appellent également à participer à l’hommage : La France insoumise, Lutte ouvrière, le Parti communiste français et le Parti de gauche.
Le rendez-vous est fixé au samedi 17 octobre 2026, à 17 h 30, au pont Battant, à Besançon. Les participants procéderont à un geste symbolique en jetant des fleurs dans le Doubs, en mémoire des victimes des violences racistes et coloniales.


