Pour la préfecture du Doubs, le constat est clair : le bilan de la sécurité routière sur les routes du département s’est alourdi en 2025. Avec une hausse de 33%, le nombre d’accidents a fortement augmenté par rapport à l’année précédente, atteignant 479 accidents, 29 personnes tuées et 604 personnes blessées.
Une augmentation qui n’est pas liée à "une raison particulière", nous explique Benoît Fabre le directeur de la Direction départementale des territoires du Doubs (DDT), mais plutôt à "un relâchement" du comportement des conducteurs liés à la vitesse, l’alcoolémie, les stupéfiants, les distracteurs (téléphones) etc. "Il y a un relâchement à l’échelle nationale, mais c’est vrai aussi dans le Doubs où on ne fait pas mieux que les autres départements" a-t-il ajouté. Avec ce genre d’opération ce que souhaite l’État c’est "de réellement influer sur le comportement des gens", a expliqué le directeur de la DDT avant d’ajouter "on peut éviter des drames dans le département simplement avec un comportement plus adapté".
41% des conducteurs présumés responsables positifs aux stupéfiants
Parmi les causes d’accidents routiers, l’alcool reste "un facteur prédominant avec 13,4 % des accidents corporels et près d’un accident mortel sur quatre", a rappelé la préfecture. Mais les stupéfiants sont également pointés du doigt et constituent un facteur présent dans 5,22 % des accidents et dans 14,8 % des accidents mortels. Les jeunes de 18 à 24 ans représentent la tranche d’âge la plus concernée par ce problème avec 36 % des conducteurs présumés responsables ayant un taux d’alcool illégal, et 41 % des conducteurs présumés responsables positifs aux stupéfiants.
C’est face à ce constat que la préfecture du Doubs a mis en place une opération de contrôle de police ce jeudi au centre d’examen du permis de conduire de Besançon. Aussi, dès 7h15, une quinzaine de policiers se sont mobilisés pour un contrôle général visant à vérifier la situation administrative des enseignants et des candidats et à les soumettre à des contrôles de produits psychoactifs (alcool et stupéfiants). Les agents se sont également montrés vigilants vis-à-vis de la conformité des véhicules auto-école et des voitures de location à double commande.
Pour la directrice de cabinet de la préfecture du Doubs, Jennifer Rousselle il s’agit également de rappeler aux jeunes "qu’il faut être exemplaire sur la route".
Le commissaire Frédéric Sarzier en charge de l’opération, a insisté sur le fait que "100% des personnes" se présentant ce matin à ce centre allaient être contrôlées. Pour lui, cette "action d’ampleur" permet de rappeler que "l’ensemble des usagers sont soumis aux règles du code de la route" et cette opération est "justement là pour montrer que personne n’y échappe".
"On a à peu près 7 millions de consommateurs de cannabis régulier", dans la population "on a des consommateurs qui sont complètement addict' et qui consomment tous les jours", rappelle le commissaire Sarzier. La consommation de stupéfiants au volant reste "une vraie problématique".
D'autant que, si un candidat évitera probablement de se présenter à son examen du permis de conduire en ayant fumé le jour même, il n’est en revanche pas rare que "s’ils fument du cannabis tous les jours depuis deux ans" le test soit positif le jour du permis. Le directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN), Laurent Perraut a d’ailleurs précisé que l’examen du permis était "une période à risque" concernant l’usage du cannabis, souvent utilisé "pour compenser le stress lié à l’examen".
En cas de test positif, les candidats auraient été systématiquement soumis à une prise de sang afin d’évaluer le taux de THC. Leur participation à l’examen du permis de conduire aurait également été remise en cause.
Un contrôle bien reçu par les candidats et les moniteurs
Au total ce sont 37 candidats au permis B, 6 inspecteurs 12 moniteurs d’auto-école et 4 candidats au permis poids lourd qui ont été contrôlés par les policiers ce jeudi à Besançon. Finalement, aucune infraction n'a été constatée durant le contrôle. Candidats, inspecteurs ou moniteurs… Si comme Stéphane Faivre, moniteur chez Accès permis, ils avouent être parfois "surpris" par cette opération, tous sont en revanche d’accord pour dire que "c’est une bonne chose". Le moniteur nous explique "dialoguer avec les candidats sur la question de l’alcool et des stupéfiants" via des "rendez-vous pédagogiques" ou encore des "modules spécifiques" et ajoute que "c’est notre rôle de leur rappeler les risques". Pour cela, le moniteur se doit lui-même d'être exemplaire et s'est donc bien volontiers laissé prêter au jeu du contrôle surprise ce matin : "je ne peux pas leur parler d'alcool et de stupéfiants au volant en étant moi-même dans l'illégalité".
Pour Sea, candidate au permis ce jeudi, "c’est bien, cela permet de voir si on roule en sécurité ou non". Pour Roman Tissot, 17 ans, là encore ce contrôle est une bonne chose, comme nous l’explique le candidat dans notre vidéo.
Le protoxyde d'azote inquiète lui aussi
Le DIPN a également souligné que le protoxyde d’azote commençait lui aussi à émerger comme l’un des nouveaux facteurs aggravants d’accident. La consommation de ce gaz, principalement chez les jeunes, "peut avoir une influence très négative sur le comportement général et la prise de risque", souligne Laurent Perraut. Si aujourd’hui, aucun test ne permet encore de détecter la présence de protoxyde d’azote dans l’organisme, le directeur estime néanmoins que "l’on a des suspicions fortes sur des accidents liés potentiellement au protoxyde d’azote". Pour rappel, dans le département du Doubs, le préfet a pris un arrêté interdisant la consommation du protoxyde d’azote sous toutes ses formes par les mineurs et majeurs dans l’espace public.
